mardi 28 décembre 2010

Mieux vaut être fou que réaliste.


http://imalbum.aufeminin.com/album/D20070719/315851_J457K7QFEHMSJPIQXREYXZ74VDZPFX_realisme_H103555_L.jpg
De quel avenir rêvent nos enfants...?

Sur quelle planète sommes nous tombés entre les jambes de nos mères ?
Depuis toujours, et chaque jour encore, la violence s'empare de l'humanité.
L'homme tue, enferme, viole, et ce lui semble une nécessité !
Des États et des religions incitent à supprimer ceux qui, croit-on, sont causes de malheur.
Il n'est pas de question plus angoissante que celle-ci : pourquoi vivons nous dans cette mort ?

Il en est même pour qui réussir sa vie est de mourir en pulvérisant des innocents.
Les kamikazes nippons avaient, au moins, la mauvaise excuse de se sacrifier pour leur pays.
Les extrémistes qui se font exploser dans des mosquées sont parfois loués comme des martyrs !
Et il suffit de quelques uns de ces insensés pour ruiner l'existence d'innombrables humains !
La perversion mentale a atteint ces désespérés ne supportant plus la domination des forts.

Pendant ce temps, on joue, on danse, on chante, on prend des vacances, on oublie...
La vie en société devient un remplissage de temps qui éloigne des préoccupations essentielles.
Tandis que les affaires nous occupent, nous laissons nos maîtres décider de notre sort.
Et l'on envoie des enfants se battre avec des armes sophistiquées qui attisent les haines.
Quand commencerons-nous à essayer d'autres outils que les bombes, aveugles ou pas...

L'année 2010 qui s'achève ne fut pas pire qu'une autre et pas meilleure non plus.
On aura pleuré, en France, la mort de soldats en Afghanistan,
On aura pleuré aux USA, la mort de soldats en Irak.
On aura pleuré, partout, la mort de professionnels de la mort.
Mais qui a pleuré la mort de ceux qui se sont trouvés, malgré eux, là où il ne fallait pas être ?

Me vient souvent à l'esprit qu'il faut quitter ce monde sans espoir.
Mais il est deux façons de le quitter.
La première est le suicide : de ce monde je ne suis pas, je pars.
La seconde est le refus : de ce monde je ne suis pas, j'objecte.
Je ne juge pas celui qui choisit la première voie, pourtant je choisis la seconde.

Il s'agit d'une objection totale.
Je n'attends plus rien des discours politiques creux, mensongers, inefficaces et rabâchés.
Je sais devoir les subir, mais ils sont temps perdu, illusion et bavardages dangereux.
Seules importent ces utopies qu'on ridiculise : paix, hospitalité et partage.
Encore faut-il entrer dans ces mots pour en user jusqu'à changer le quotidien autour de soi.

Le réalisme, voilà l'ennemi.
Au nom du réalisme, je le répète, on tue, on enferme et l'on viole !
"On ne pouvait faire autrement ; telle est notre nature ; on ne pouvait se laisser faire..."
L'ennemi n'est pas celui qui est derrière une frontière, physique ou mentale; il est celui qui nuit.
Le réalisme est une abdication mortelle, une attente résignée de la fin des temps.

J'abhorre le réalisme par... réalisme mais quand réalisme veut dire lucidité.
Je préfère chercher hors des sentiers battus le chemin qui conduit à la vie.
J'aborde 2011 avec une conviction dont je ne peux plus changer.
Je veux essayer l'amour, pas l'affectivité, l'égalité portée à l'absolu, qui n'exclut pas la tendresse.
Aucun homme n'est supérieur à un autre, le penser et le vivre décide de tout.

J'affronte, sans peur, le sourire et l'ironie de ceux qui, au mieux, me diront "vieux naïf".
Je ne suis pourtant ni plus ni moins rêveur que quiconque.
mais je voudrais mourir en ayant tué en moi toute source de désespoir.
Et en sachant que ces États qui ont le monopole de la violence légitime ont achevé leur course.
Il est temps que les hommes ne s'en remettent qu'à eux-mêmes pour occuper la Terre.

Pari dangereux ! Je raisonne comme un fol anarchiste.
Pourtant il est fou surtout de renoncer à toute folie.
Ma folie est de croire qu'il y a encore du sens à chercher et à trouver dans l'histoire humaine.
Sinon, tout ce qui s'est passé, depuis des siècles, doit s'effacer dans un embrasement final.
Nous les hommes pouvons engendrer ce néant apocalyptique mais aussi son contraire.

Telle est ma foi.
Fou, oui, fou est celui qui choisit l'amour.
À peine peut-on oser le dire.
Eh bien, moi, je le dis.
C'est mon ultime et improbable raison de vivre.




lundi 27 décembre 2010

Quand l'Europe et l'euro n'ont pas sort commun



Regardez bien cette carte :
L'Union européenne compte 27 États-membres.
La zone euro en comptera 17 (avec l'Estonie) au premier janvier prochain.
Le Vatican, Saint Marin et Monaco, liés à l'Italie ou à la France, utilisent l'euro.
Andorre, entre la France et l'Espagne, est de fait obligée d'utiliser l'euro.
Le Kosovo et le Montenegro, qui faisait usage du deutch Mark, lui ont substitué l'euro.
Le Nord de Chypre, dépendant de la Turquie, emploie la livre turque, mais accepte l'euro.
La Grande-Bretagne dispose d'un statut d'exception et a gardé, sa monnaie, la livre sterling.
Le Danemark a déjà refusé l'euro; mais un nouveau référendum d'acceptation est prévu.
Les pays entrés dans l'Union après 2004 peuvent espérer disposer de l'euro à partir de 2014.

De nombreuses questions sont engendrées par cette situation pleine de contradictions !
• Pourquoi dix États-membres de l'Union européenne restent-ils hors de la zone euro ?
• Pourquoi, officiellement ou de facto, y sont des micros-États non membres de l'Union ?
• Pourquoi deux États des Balkans, non acceptés dans l'Union, ont-ils l'euro comme monnaie ?
• Pourquoi la Hongrie et la Pologne envisagent-elles de retarder leur entrée dans la Zone euro ?
• Pourquoi la Suisse est-elle utilisatrice du franc suisse et de l'euro, indifféremment ?
• Pourquoi certaines parties d'États membres sont-elles exclues de la zone euro (les territoires français du Pacifique utilisent le franc CFP, et Campione, territoire italien enclavé en Suisse, utilise officiellement le franc suisse par exemple) ?
• Pourquoi le le quatrième plus petit État indépendant d'Europe, le Liechtenstein, a-t-il le franc suisse comme monnaie ?

On devine aisément les réponses à donner à ces questions.

La réalité est telle : la tradition ou la précaution, l'intérêt ou la dépendance politique ont fait la décision au cas par cas. On peut aussi y voir la fragilité d'une Europe économique et monétaire sans assise politique. On peut surtout découvrir l'absence de volonté unificatrice de l'Europe qui est, et reste, un conglomérat d'États-nations, un noyau de puissances entouré de satellites plus ou moins attirés et proches des lieux de décision. Ce n'est pas ainsi qu'une Europe d'égalité et de fraternité, unie dans sa diversité, manifestera son poids et sa force dans l'ensemble du monde.



vendredi 24 décembre 2010

Noël est une fête païenne



Si, dans le passé, paganus signifiait « civil », ou « paysan », il en en ressort, aujourd'hui, qu'être payen est soit avoir plusieurs dieux, soit n'en avoir aucun, soit s'adonner à un culte naturel... comme il est possible en toute société plurielle et laïque.

Noël est une fête païenne parce qu'il s'agit, depuis la plus haute antiquité, de se réjouir, au moment du solstice d'hiver, du retour de la lumière. Le sapin, la bûche, le feu, font partie de ce Noël païen antique.



Noël est une fête païenne parce qu'il s'agit, à présent, d'adorer le nouveau Veau d'or : celui de la surconsommation. Le foie gras, l'oie grasse, les chocolats en papillottes par milliers, font partie de ce Noël païen moderne.

Et Noël est une fête païenne, enfin, y compris pour des hommes de culture chrétienne, ceux qui retiennent, du lointain passé, non les cérémonies sacrées mais le rejet de l'obscurité, le retour symbolique de l'espérance, la célébration de la faiblesse de l'enfance, l'affirmation du triomphe, contre toutes les évidences, de la pauvreté et de la paix.



Noël est donc la fête de ceux qui croient en l'impossible, qui ne se résignent pas aux malheurs de l'humanité, qui préfèrent mourir par fraternité que de vivre dans le luxe. Il n'y a pas d'équivalent à cette libération annuelle de la joie d'une attente d'un monde plus juste, plus chaud, plus heureux. Même Pâques, avec son appel à la résurrection et au triomphe sur la mort, contient moins de force régénératrice que Noël !

Tout le monde peut ainsi trouver son compte dans ce moment de partage d'un essentiel. La transformation, donc, de ce moment d'intensité en une célébration de la consommation est plus qu'impie : c'est une trahison du sens de la vie ! S'il fallait trouver un argument, un seul, pour condamner le capitalisme on le trouverait là : tout transformer en marchandise tue la foi en une humanité qui croit encore en elle-même.

jeudi 23 décembre 2010

De la véritable ou trouble transparence

Transparence est un mot opaque ! On ne voit guère au travers car il recouvre des intentions obscures. Quand certains hommes ou femmes politiques en appellent à la transparence, c'est qu'il y a quelque chose à cacher?

Faire connaître à tous les Français ce qui se dissimulait derrière la vente des frégates Afficher l'image en taille réelleà Taïwan, ou les assassinats de Karachi, reste et restera mystérieux et, même si se trouve levé le secret défense, les juges qui réussiront à faire émerger la vérité auront besoin de beaucoup de courage ou de chance, s'ils n'y laissent pas la vie. Invoquer ici la transparence est pur mensonge.

Faire connaître à tous les Français ce qui se dissimule derrière l'affaire du Médiator est-il possible si l'on veut continuer à vendre des médicaments comme des marchandises et si l'on veut protéger l'industrie pharmaceutique et ses méthodes de gangster utilisées pour "convaincre" médecins et clients ? Invoquer ici la transparence est pur mensonge.

Faire connaître à tous les Français, toujours dans la chaîne économique-pharmaceutique, ce qui s'est caché derrière l'opération de vaccination contre la grippe H5N1, mettrait en cause des personnalités politiques trop liées à l'actuelle majorité pour que l'on place dans la lumière les responsables de ce fiasco. Invoquer ici la transparence est pur mensonge.

Faire connaître à tous les Français pourquoi, (après le tumulte médiatique qui opposa la mère et la fille Bettencourt ainsi que leurs avocats, ces grands affabulateurs !), une réconciliation "inattendue" est survenue, révélerait sans doute l'épaisseur du dossier L'Oréal avec son cortège de lourds financements illicites. Impossible ! Invoquer ici la transparence est pur mensonge.

Faire connaître à tous les Français, toujours dans la chaîne économico-politique, pourquoi Éric Woerth a été soutenu, puis écarté, pourquoi il s'est cru intouchable, pourquoi il risque l'avanie de la présentation devant la Cour de Justice de la République, serait bien utile à ceux qui cherchent ce qui se cache dans les isoloirs de la Sarkosie. Ne rêvons pas ! Invoquer ici la transparence est pur mensonge.

Faire connaître à tous les Français que les revenus des députés et sénateurs seront désormais portés à la connaissance des citoyens, quand ces revenus proviennent d'autres sources que celles des seules confortables indemnités perçues pour exercer leur mandat, est illusoire. Les élus honnêtes en feront, hélas, les frais. Mais les profiteurs n'ouvriront pas leurs comptes. Invoquer ici la transparence est pur mensonge.



Ces grands et petits "événements" ne sont pas les seuls à prendre en considération. La transparence est invoquée, désormais, partout. En parler est même devenu suspect. Car la transparence ne se voit pas ! Elle permet seulement de voir. On peut donner à croire que tout est dit, que tout est montré, et masquer la réalité sans que nul ne s'en doute ! Une vitre, incassable et transparente, laisse apparaitre ce qui est placé derrière, mais ne permet pas qu'on en approche.

C'est l'art des financiers et des banquiers d'emporter la conviction, mais aussi l'argent, de ceux à qui l'on fait accroire, faussement, que tout a été montré.

C'est l'art des élus locaux indélicats, ou simplement inquiets pour leurs sièges, de faire présenter les budgets de façon incompréhensible pour tout un chacun.

C'est l'art des politiciens qui se prennent pour de brillants politiques de dire, avec brio, ce qu'ils ne pensent pas, mieux que ceux qui le pensent.

Bref, si, comme l'affirme le texte évangélique, "la vérité vous délivrera", (Jean-8-32) encore faudrait-il l'approcher ! On demeure, sinon, enfermé dans le discours et les promesses de ceux qui invoquent d'autant plus la transparence qu'ils n'ont nul intérêt à partager, avec l'ensemble des citoyens, les informations qui les concernent, même, et parfois surtout, si elles ne touchent pas leur sphère privée !

La société de surveillance fouille nos vies mais ceux qui sont placés derrière les caméras et les micros n'ont nul désir de se laisser eux-mêmes observer.



À en juger par les torrents de protestations qui accompagnent la publication de documents révélés par Wikileaks - et l'on n'est qu'au tout début de ce scandale... utile ! -, l'enjeu politique des années à venir va se situer dans cette guerre des transparences. La propagande et la publicité étaient, et sont toujours, des mensonges transformés en vérités crédibles et souvent fausses.

Afficher l'image en taille réelleLa transparence, dans les médias, prend le relais : il s'agit de tout montrer sans rien montrer. Quand ce strip-tease politique qui ne va pas jusqu'au bout se trouvera confronté à la vérité... toute nue, la transparence, dont il nous est rebattu les oreilles apparaitra pour ce qu'elle était : un leurre nous empêchant d'aborder en pays réel : le nôtre. Substituons la clarté, la limpidité, à la transparence, la réalité à l'apparence.


mercredi 22 décembre 2010

L'Europe en liberté surveillée

Carte Espace Schengen

En mars 2011, la Roumanie et la Bulgarie devaient entrer dans l'espace Schengen. Il n'en sera rien. Mme Merkel et M. Sarkozy s'y opposent. Comme il faut l'unanimité pour décider des évolutions de cet espace de liberté, tout est bloqué.

Les ministres de l’intérieur de l'Allemagne et de la France ont adressé une lettre conjointe à la Commission européenne en estimant que les gouvernements bulgare et roumain n’auraient pas fait assez de progrès dans la lutte contre la corruption et contre le crime organisé. La France explique, par ailleurs, avoir raidi sa position en raison du risque d’affaiblissement de la capacité de l’Europe à gérer et à contrôler ses flux migratoires.

Les 25 États qui coopèrent dans l'espace Schengen (22 de l'Union européenne et 3 associés, le dernier ayant été la Suisse) sont soumis, de fait, à la volonté des plus puissants, ce que le président de la Roumanie a aussitôt relevé : je considère la lettre des deux ministres comme un acte de discrimination contre la Roumanie. Nous n’accepterons aucune discrimination de quiconque, même s’il s’agit des États les plus puissants de l’Union européenne”.

Ce qui saute aux yeux, si l'on considère cet "événement européen", c'est que l'avis des 22 autres États de l'espace Schengen n'a pas eu besoin d'être sollicité, que c'est la gestion des flux migratoires qui soucie le plus le gouvernement français, que le jugement sur la corruption des deux pays entrés en 2007 dans l'Union européenne vient un peu tard et que l'on balaie volontiers devant la porte du voisin sans se préoccuper de la corruption qui règne chez soi.

Mais ne peut-on rapprocher cette limitation de l'espace Schengen de la récente décision d'accorder des visas d'entrée aux citoyens d'Albanie et de Bosnie-Herzégovine qui n'ont plus besoin de visa pour entrer dans l'espace Schengen depuis le mercredi 15 décembre 2010 ? Le règlement du Parlement européen et du Conseil de l'Union européenne en décidant avait été édicté le 24 novembre 2010. Les Macédoniens, les Monténégrins et les Serbes avaient déjà été libérés de l'obligation de visa il y a déjà un an.

L'exemption n'est valable que pour les titulaires d'un passeport biométrique. Le séjour, sans activité lucrative, ne doit pas dépasser trois mois.

Tout se passe comme si les pays "riches" voulaient à la fois préserver leur espace national de la venue des Européens pauvres (et des immigrés non-européens, cela va de soi) et marquer leur domination sur la totalité de l'espace européen pour contrôler les frontières à leur gré, quitte à enfreindre l'esprit et la lettre des textes européens permettant la libre circulation des personnes.

C'est bien entendu impossible ! Les restrictions n'ont eu et n'auront qu'un temps. On ne peut accorder à la Suisse (non membre de l'Union européenne) ce qu'on interdit à la Roumanie et à la Bulgarie (membre de l'Union européenne). On ne peut surtout bloquer toutes les portes d'une maison dont on a élargi les ouvertures et agrandi le périmètre !

Reste la question des questions : La France et l'Allemagne veulent-ils encore une Europe dont ils ne seraient pas les seuls maîtres ?

samedi 18 décembre 2010

L'impossible révolution

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Allons nous reperdre, comme en 2007, la bataille idéologique dont dépendent tous les résultats électoraux à venir ? Nous voici très au-delà des pré-occupations électorales ! C'est de vivre qu'il s'agit, à présent.

Toute perspective de véritable révolution sociale semble actuellement écartée. On peut comprendre qu'on se refuse à un bouleversement violent qui ne débouche pas, d'ailleurs, -l'histoire l'enseigne-, sur autre chose que le remplacement d'une tyrannie par une autre.

Non! Si révolution veut dire tout autre chose que guerre civile, elle est, bel et bien, un renversement, un retournement des valeurs. Mais il est bien des révolutions...

Quand on cesse, par exemple, de faire du service public une priorité absolue, qu'on conditionne une opinion entière à s'en remettre aux élites et à l'enrichissement personnel, on effectue une révolution, une révolution blanche, impitoyable, silencieusement, mais épouvantablement meurtrière, la révolution du néocapitalisme, celle, renouvelée, réussie, permanente, et démesurément agrandie, du pouvoir absolu de l'argent ! Et nous y sommes plongés.

Quand s'effectua le renversement du régime tsariste en 1917, la dictature du monarque absolu fut remplacée par la dictature du prolétariat, en fait la dictature absolue du parti. Ce fut une révolution rouge de sang. Le communisme léniniste, puis stalinien n'en sortit jamais !

Dictature de l'argent ou dictature du parti via un État aux ordres : le peuple cherche, ailleurs, à tâtons, "la bonne révolution".

"Le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple" (bref la démocratie), "liberté, égalité fraternité", (bref la république), ces formules cernent des définitions et des concepts qui émerveillent encore mais qui restent inopérants. Ils n'ont cessé d'accompagner la première déclaration des Droits de l'Homme, celle, révolutionnaire, de 1789, reprise fort longtemps après, en 1948, juste après une guerre encore jamais vue sur terre ! Mais point de révolution dans les faits, là encore : la droit à la guerre qu'a le plus fort et le droit à la propriété qu'a le plus riche n'ont pu être abolis.

La prochaine révolution sera-t-elle verte, c'est-à-dire faisant du respect de la nature, de l'environnement, de la planète tout entière un nouvel absolu ? N'en croyons rien ! Les meilleures idées se fracassent sur un mur d'acier : celui des privilèges dont les cyniques se contentent le temps de leur vie terrestre. Après moi le déluge, que ce soit un déluge d'eau, de feu ou de vent... Qu'importe !

La révolution des esprits est la seule qui puisse donner corps à ce que les idées révolutionnaires, trahies mille fois, pouvaient, et peuvent encore, signifier en résumé : le partage et l'hospitalité universels à faire passer du niveau de "belle utopie" à celui de "nécessité urgente".

Résignation ou rébellion non-violente ? Désespérance après le désenchantement ou désobéissance citoyenne sans retour ? Le siècle qui s'est ouvert nous a déjà donné le choix entre la fin du monde de la domination ou la fin du monde tout court.

Quand on approche cette alternative tranchée, il n'est plus, pour un être humain vivant, qu'une seule question à se poser : "que reste-t-il à faire, l'essai de l'utopie ou le suicide collectif ?"

Je veux croire que la révolution utopique est plus raisonnable et plus crédible que le suicide politique qui laisserait nos dernières années de vie au pouvoir de ceux qui ont été convaincus que le chacun pour soi est à jamais la loi du monde.

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEicAR8g4TI85bN4Ljegg8kNg_XD5yZV2LBt8ia3Fac1raxalgdul9WjHWQPjLVjwiQvWfuqEDzq58r4c0_4_JGHwoWou_2bKdiLdzTW54tV3S7ALTXFBcoJVRpvLI15z9oUsoWqgYzSwLzK/s400/revolution.jpg

jeudi 16 décembre 2010

De l'obsolescence du Sénat



Courant 2011, le Sénat sera en partie renouvelé.

Cette Assemblée parlementaire est le symbole même de la non-politique.

Le Sénat est constitué d'élus du second degré. Ils n'ont donc, en principe, de compte à rendre qu'à une partie des élus des assemblées locales qui les ont désignés (lesquels n'auront aucune occasion de leur demander ces comptes !). Le Sénat est, en majorité, composé de gérontes expérimentés, entourés de collaborateurs qualifiés et disposant de moyens de travail sans équivalents. Le Président du Sénat (on se demande pourquoi !) est le second personnage de l'État. La "Haute Assemblée" (ainsi nomme-t-on aussi, à mes yeux ridiculement, le Sénat !) est censée équilibrer les éventuels excès du suffrage universel direct. En réalité, ce fut toujours, depuis 1875, un contre-pouvoir conservateur chargé de veiller à ce que la République reste centrée à droite.

Depuis que le l'Assemblée nationale est plus à droite encore que le Sénat, et depuis que les Collectivités territoriales, (Régions, Départements et grandes villes) sont majoritairement dominées par des élus membres du parti socialiste, on se prend à rêver, dans les rangs de l'actuelle opposition que le Sénat passe "à gauche" en septembre 2011. Voilà qui crée des ambitions nouvelles ! D'anciens ministres de la République, du temps de Lionel Jospin, cherchent à se recaser là où d'importants et nouveaux moyens d'exister politiquement peuvent apparaitre.

L'attrait des traditions a ses limites. La Sénat n'est pas une tradition républicaine mais une contradiction républicaine. Il n'a plus sa raison d'être, mais c'est une trop belle sinécure pour qu'on mette en question son existence. De Gaulle avait été battu quand il voulut le réformer. Ce n'est peut-être pas demain la veille qu'on écartera de la représentation populaire cet outil au service des riches et qui collabore si bien avec le pouvoir autoritaire actuel.

Curieux retournement : c'est au moment où le PS passe à la gauche de la droite qu'il lui devient possible de faire élire une majorité qui ne soit pas franchement à droite. Le Sénat est bien le thermomètre qui mesure l'état de conservatisme de la France. Quels que soient les partis dominants, c'est le pouvoir libéral qui se tapit dans l'ombre de ce Sénat fastueux et obsolète.


lundi 13 décembre 2010

Monstruosité officielle

On recule toujours les limites de l'invraisemblable ! Cette fois, il s'agit de mesurer si un homme mâle peut en faire bander un autre, moyennant quoi il pourra avoir droit à l'asile politique. Si, si... Un homosexuel doit être un véritable homosexuel s'il veut être protégé des menaces qu'il encourt dans le pays qu'il fuit ! Il est des hétérosexuels qui jouent les homosexuels pour obtenir l'asile ! Il faut donc les démasquer ! On a trouvé la bonne méthode, que révèle un communiqué de l'AFP... Ces pratiques affreuses glacent le sang. Les humains peuvent être des monstres...

 
Asile: la Commission dénonce les "tests phallométriques" tchèques 10.12.10

La Commission européenne a dénoncé vendredi des pratiques jugées humiliantes imposées par les autorités tchèques aux demandeurs d'asile pour vérifier qu'ils sont bien homosexuels et peuvent à ce titre arguer de persécutions subies dans leurs pays. La pratique du "test phallométrique" est "dégradante", "non conforme aux droits de l'Homme" et "le refus de s'y soumettre ne peut constituer un motif de refuser l'asile", a mis en garde le porte-parole de la Commission pour les questions d'immigration, Michele Cercone.

Ce test consiste à mesurer les réponses érectiles masculines obtenues pendant la présentation de divers stimuli sexuels et non sexuels. Il a été mentionné par l'Agence européenne pour les droits fondamentaux dans un rapport. La Commission exige du "respect" dans l'examen des demandes. Les autorités tchèques utilisent ces tests pour vérifier l'homosexualité des demandeurs d'asile en leur projetant des images pornographiques hétérosexuelles, a déploré la Commission. "Cette pratique suscite des doutes quant à sa conformité avec les articles 4 et 7 de la Charte des droits fondamentaux (de l'UE) qui interdisent la tortures et les traitements dégradants", avertit la Commission.

"L'examen des demandes d'asile doit toujours être mené dans le respect des droits fondamentaux et les principes généraux de la législation européenne ", rappelle Bruxelles.



http://www.rtbf.be/info/monde/asile/asile-la-commission-denonce-les-tests-phallometriques-tcheques-284485


jeudi 9 décembre 2010

Le désamour démocratique

Le vote, même libre, n'est pas un gage de démocratie. J'ai déjà tenté d'approcher les limites d'une construction politique qui a donné d'immenses espérances et qui génère, actuellement, des déceptions multiples. La démocratie n'est plus que la caricature de ce que des partis populaires ont loué pendant des générations : prendre le pouvoir par les urnes, sans violences. Cet idéal, que des millions de petites gens ont visé, tout au long de leur vie d'adultes, et porté donc par le peuple (ainsi nommait-on "la classe ouvrière") s'est affadi avant de s'évanouir.

Aujourd'hui, il saute aux yeux que la force armée, les mensonges des dirigeants, la manipulation médiatique contraignent ou orientent les électeurs vers des choix pré-établis. Il n'y a pas besoin de se rendre en Égypte, en Côte d'Ivoire ou en Haïti pour se convaincre que les tricheurs commandent et sont prêts à ouvrir le feu sur les mauvais votants ! C'est dans les pays occidentaux autoproclamés démocratiques qu'il convient de débusquer les agents de l'oligarchie financière toute puissante, détentrice des moyens permettant de tout acheter, sans même qu'il soit besoin de recourir à la concussion ou à la malversation ! Il suffit à ces professionnels de la politique de prouver qu'on a les moyens d'agir pour convaincre les citoyens que le pouvoir ne peut aller ailleurs et en particulier pas entre les mains inexpérimentées d'amateurs impécunieux.

On le voit bien avec ce qui s'est passé aux USA : la panique et le désespoir apparus en pleine crise économique mondiale, l'incompétence révoltante du président Bush, l'extraordinaire personnalité intellectuelle du candidat démocrate, la nouveauté que ce dernier incarnait pour une large part des citoyens américains jusqu'alors oubliés, la faiblesse du camp républicain écrasé par sa responsabilité dans la guerre d'Irak, tous ces facteurs ont conduit Barak Obama à la Maison Blanche. Moins de deux ans après, il a perdu la majorité au Parlement et le désenchantement de son camp est à la mesure du retour aux commandes de Représentants inféodés au capitalisme. Rien n'a changé : la peine de mort, le rejet des choix écologiques majeurs, l'assimilation de toute mesure de justice sociale à un communisme sectaire et étatiste caractérisent, de nouveau, la politique américaine. Rien ne changera, en tout cas, par le haut : ce qui vaut aux USA, comme ailleurs, c'est l'initiative de millions d'hommes qui ont tourné leur vie dans une direction nouvelle, sans tenir compte de de ce qui se vote ou ne se vote pas dans les assemblées parlementaires.

Jean-Jacques Rousseau, qui avait de l'oligarchie une conception tout autre que la nôtre, n'était pas un défenseur de la démocratie parce que, selon lui, le peuple ne pouvant abandonner sa souveraineté et ne pouvant pas fonctionner en agora permanente, ne pouvait que confier le gouvernement à un petit nombre d'exécutants. Sa pensée toujours travestie, déformée ou ignorée n'a jamais été prise en considération même si elle a influencé profondément la période révolutionnaire. Le Contrat social ne débouchait pas sur la démocratie représentative telle que la défendirent, dès 1790, Condorcet et Séyès. La voie de la "démocratie directe" étant, pour Jean-Jacques, bouchée par le trop grand nombre d'avis à prendre en compte, et celle de la "démocratie représentative" étant, à ses yeux, interdite par l'impossibilité de déléguer à quiconque son pouvoir citoyen, ne restait que la voie oligarchique, celle du petit nombre d'acteurs ayant, pour un temps, la charge d'accomplir (et non de concevoir) les opérations nécessaires, la mise en œuvre d'une politique.

La nuance relative au gouvernement oligarchique est considérable : elle interdit pratiquement le gouvernement des riches et exige, oui, la vertu et la probité ! On peut en rire, c'est pourtant la condition même d'existence de ce gouvernement qui ne dirige pas, qui allie l'art du pilote, au gouvernail, avec la volonté des passagers qui se sont embarqués en ayant choisi eux-mêmes leur port. Chaque voyage (chaque mandat) dépend alors de la détermination d'un objectif dont l'équipage du navire et son commandant ne devront jamais se détourner.

Le désamour de la politique n'a qu'une seule explication : la constatation de l'impuissance du peuple constituant la République, avec ou sans les élections. La comédie démocratique, les jeux scéniques qui permettent de mimer la démocratie, sans obéir à ses exigences fondamentales, ne peuvent que faire s'éloigner de la politique ceux qui voudraient y consacrer leur vie et ne le pourront jamais.

Le retour des États généraux, peut-être, ou mieux encore, le recours à de nouveaux Cahiers de doléances, permettraient d'entendre la voix du peuple dans le détail de ses espérances. Encore faudrait-il que la volonté révolutionnaire se réexprime en 2011 comme en 1788 : le contenu de ces Cahiers ne pouvant qu'être accepté, développé et... exécuté. Là se trouve la question majeure : re-susciter l'élan démocratique qui doit ne rien confier, les yeux fermés, à des représentants, quels qu'ils soient, élus, au premier comme au second degré, députés ou sénateurs.

Actuellement les tâtonnements qui conduisent à rechercher, sur "la toile" des chemins de la connaissance et de l'influence politiques, où l'État et les partis ne puissent aller effectuer leurs contrôles, nous donnent à penser que des risques dangereux vont être pris mais aussi que des expériences nouvelles seront tentées pour échapper à un système vieillissant qui a conservé l'apparence de la démocratie et pas la substance.

Ma recherche d'une démocratie véritable plus proche de celle de Simone Weil, la philosophe, que de celle de Simone Veil, la femme politique devenue Immortelle, me conduit vers ceux qui se sont écartés des partis pour mieux agir en politique. Je ne m'éloignerai plus de ce lieu politique aux contours flous, mais non bornés, mais sans me laisser enfermer dans le coin du... mauvais citoyen, celui qui maugrée sans s'engager.

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Voir sur la naissance de la démocratie représentative : http://www.laviedesidees.fr/La-democratie-representative-est.html

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