mardi 8 mars 2011

Mélanges 2

Panique à bord ! Un nouveau sondage confirme le précédent : Marine Le Pen précéderait tout autre candidat. Y compris DSK... Le 8 mars aura été, hélas, la journée de cette femme !



Dans cette hypothèse, Sarkozy, en troisième position, serait exclu du second tour. On peut agiter les hypothèses dans tous les sens ; ne reste qu'une certitude : le dégoût de l'alternance UMP-PS fait monter le vote protestataire de ceux qui, en France comme dans le reste de l'Europe, ne supportent plus les incertitudes et les purges de la politique libérale ou socio-libérale.

Voilà qui n'est pas réjouissant, mais il est temps encore de tirer les bons enseignements de cette montée de fièvre pré-électorale. La France n'est pas raciste. Elle veut sortir du système où on l'a enfermée.

Quant aux sondages de l'institut Harris, ils sont, paraît-il, entachés par des opérations de fidélisation des sondés, moyennant espèces sonnantes et de plus en plus trébuchantes... Impossible aussi de certifier que les "correctifs" statistiques (du type de celui qu'on appliquait à Jean-Marie, souvent sous évalué) valent pour Marine Le Pen ! Le Parisien a bien vendu son papier mais nul ne sait encore si la candidate du FN fait vraiment la course en tête. Il suffit qu'elle soit "dans la course" pour qu'un problème politique majeur se présente à tout Républicain !

Le baril de Brent de la mer du Nord s'est échangé, ce jour, à 114,90 dollars à Londres et le baril de light sweet crude à 105,57 dollars à New York. Conséquence directe : les prix de l'essence ont atteint la semaine dernière un record historique à la pompe à 1,5067 euro par litre pour le super sans plomb 95 et 1,5417 euro par litre pour le sans-plomb 98. L'histoire bégaie. Encore un petit effort et on va reparler d'écologie !


Une série de manifestations de femmes s'est tenue à Abidjan afin de dénoncer la mort de sept manifestantes pro-Ouattara, tuées par balles, le 3 mars, dans le quartier d'Abobo? À Treichville, de nombreuses femmes vêtues de noir s'étaient rassemblées sur un boulevard, en portant des pancartes "Gbagbo dehors", "Gbagbo assassin, quitte le pouvoir" ou "oui ADO", surnom d'Alassane Ouattara. De nouveaux morts sont à déplorer dont une nouvelle femme. Qui ne veut pas quitter le pouvoir est prêt à tout. C'est le résultat inverse que cette pratique violente de la politique engendrera. Gbagbo, avec ou sans cacao, mordra la poussière. Les viols de ses hommes de main n'ont donc pas suffit ! Cette fois, les meurtres ne seront pas pardonnés.

Khadafi aussi est politiquement mort. Mais il éructe et tue encore. La grande différence avec les pays voisins, c'est que la Lybie est à feu et à sang ! La seule chose que des responsables politiques français savent dire, c'est qu'il ne faut pas que des réfugiés entrent en Europe. Pitoyable et écœurante analyse ! Cela aussi est impardonnable et devra trouver sa sanction politique !


Pour Chirac, aucune sanction : il faudra encore attendre trois mois pour savoir si son procès peut avoir lieu. L'opinion est révoltée par ces "passe-droit" camouflés en arguments juridiques. Ou Chirac mourra dans la honte ou il terminera pitoyablement devant un tribunal correctionnel. de toute façon, son image, déjà ternie, se trouve à présent salie. Nul ne s'en réjouira.



D’après un nouveau rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU), la pratique de l’agriculture écologique, plus durable, pourrait permettre à certains pays de doubler leur production alimentaire.
Ou c'est vrai et que fait-on pour en tenir compte, ou c'est faux et pourquoi ne le dénonce-t-on pas ? Il semble bien que tous les entreprises du type Monsanto savent encore comment faire taire y compris les experts des nations Unies...



lundi 7 mars 2011

Mélanges 1

Les infos lourdes pleuvent ! Aujourd'hui, sans hiérarchiser les informations qui se bousculent, je les aborde pour les retenir : ce 7 mars fera date.

Un ancien Président de la République, Jacques Chirac, ex-"menteur", ex abracadabrantesque Chef de l'État, qui aurait dû, depuis bien longtemps, se retrouver devant les tribunaux, "risque" d'y échapper encore ! C'est en effet un symbole de la 5ème République qui est concerné et l'on ne touche pas à la 5ème République sous peine de mettre à mal des institutions qui conviennent tout à fait aux deux poids lourds de la politique : l'UMP et le PS. Alors tous les arguments sont employés : exception de constitutionnalité, âge et santé du prévenu, retrait de la plainte de la mairie de Paris... Tout cela est lamentable : ce qui est en cause c'est qu'on ait pu, depuis la mairie de Paris, se payer et développer une puissance politique permettant d'accéder à la tête du pays. L'avouer ou le condamner mettrait tout le passé douteux de ces dernières décennies sous les yeux des Français et du monde entier. Ce n'est pas le moment pour Sarkozy : Alain Juppé n'a-t-il pas déjà été condamné dans le cadre de la même affaire ?



On va voter. Dans un canton sur deux. On compte sur le FN et sur l'abstention pour limiter les dégâts, à droite, et, si possible sauver le Sénat qui pourrait, pour la première fois avoir un Président PS ! La majorité des Français ne s'intéresse pas, en effet, à cette farce ! Comme quoi la vraie politique est tuée par la fausse (les départements gèrent l'APA, le RSA, les routes et les collèges..., rien que ça !).

Un sondage opportun fait peur : Marine Le Pen (23%) passerait avant Sarkozy et Aubry (chacun, 21%)... Ah! Si cela avait été DSK... Le lessivage des cerveaux continue. Pour ne pas rééditer 2002, il faudrait que les candidats crédibles, présidentiables, soient le sortant et DSK... Faut-il que la trouille ait gagné les états-majors du pouvoir économique pour qu'on tente de nous faire avaler de telles inepties. Au sein de l'État major en question : Patrick Buisson, conseiller de l'Élysée, issu de la droite la plus extrême. Mauvais conseiller ou vrai révélateur de la nature profonde du Chef de l'État ? Marine Le Pen, premier ministre de Sarkozy après une alliance électorale UMP = FN ? Stupidité, bien sûr, mais si c'est le seul moyen de conserver le pouvoir, en temps de crise politique majeure, certains y songeront.



Bercy attaqué par des "hackers" ! Le ministère de l'Economie et des Finances a été victime d'une "attaque informatique sans précédent", révèle ce lundi matin Paris Match sur son site internet. Cibles des pirates : la direction du Trésor et les documents du G20. 150 ordinateurs auraient été surveillés entre le mois de décembre dernier et ce week-end. De nombreux documents ont été piratés. Difficile ou impossible transparence ? On soupçonne des... Chinois ! Enfumage ou vraie guerre de l'information? Et si l'on retrouvait, sur Wikileaks, d'ici quelques mois des "secrets" bancaires qui feraient scandale ?

Lybie : c'est la guerre civile à grande échelle. Côte d'Ivoire : à petite échelle pour le moment... Khadafi a des moyens que Gbagbo n'a pas. Chez l'un et l'autre une volonté farouche de garder le pouvoir à tout prix. Nous sommes les voyeurs d'un spectacle tragique. Rien ni personne ne peut interdire les monstruosités que des journalistes décrivent. Différence entre la Tunisie, l'Égypte et la Lybie : le pétrole ? C'est dire que l'Arabie saoudite est loin de virer vers la démocratie !

Particules fines : elles abrègent la vie des gens. Le beau temps, notamment en Val de Loire, n'aura pas été une bonne nouvelle ! Va-t-il nous falloir espérer les intempéries ?

Un Français a battu le record du monde du triple saut. Il a approché les 18 mètres. C'est un homme de couleur : Tamgho. C'est fou comme les Noirs sont facilement considérés comme nos compatriotes quand ils nous font gagner des médailles.


vendredi 4 mars 2011

Afreurope ou Eurafrique ?

Autour de mare nostrum on avance que se reconstruit le berceau de la civilisation, à savoir, le centre du monde avec, comme fondement, les trois religions du Livre : chrétienne, musulmane et juive. Il faut bien se rassurer...




Cette lecture du "printemps arabe" est tournée vers le passé. Les peuples qui s'ébranlent ne sont pas dominés par cette conception spatio-temporelle qui réinstalle une unité entre des continents ou des parties de continents. Il y a comme un retour du colonialisme dans cette vision rassurante qui permet d'échapper à cette question lancinante : ces pays en expansion, intellectuelle et politique, ne vont-ils pas nous "envahir" ?

Rien n'effraie plus un occidental que de voir un peuple hier dominé par des Européens, puis soumis par des dictatures auxquelles les Européens ont prêté la main, envisager de se passer de nous et de prendre pied librement sur le "vieux continent" comme l'ont fait les peuples colonisateurs et leurs successeurs néocoloniaux de la Françafrique, par exemple.



Nous allons donc "aider" les nouvelles démocraties à s'installer parce-que-c'est-notre-intérêt ! Plusieurs réunions vont se tenir au niveau de l'Union européenne avec comme objectif de payer pour ne pas voir. Sinistre poker ! On veut bien faire des efforts pour se faire pardonner d'avoir soutenu, pendant des décennies, les Ben Ali, Moubarak et autre Khadafi, mais on veut absolument interdire, ou rendre impossible, des afflux de population qui tenteraient de venir s'enrichir de l'apport européen.

J'entends, sur les radios, reparler d'Eurafrique. Le concept est ambigu. Il ne respecte même pas l'ordre alphabétique qui conduirait à parler plutôt d'Afreurope si l'on plaçait les deux continents à égalité. Il est vrai que ce nouveau vocable serait auditivement... affreux. En réalité, l'Union de la Méditerranée, cette invention sarkoziste mort-née, avait, comme vice à peine caché, de chercher une domination politique nouvelle de pays du Nord du Lac méditerranéen sur ceux du Sud. Cette éventualité disparait en même temps. La fierté affirmée des peuples du Maghreb et du Machrek bouleverse les équilibres sociaux, économiques et politiques du pourtour méditerranéen. Il est vain de croire que les pays du sud de l'Europe échapperont à l'influence de ce séisme idéologique et politique survenu dans le nord de l'Afrique.



Rien ne permet mieux de s'en rendre compte que ce débat sur l'islam et la laïcité qu'on s'acharne à vouloir organiser. Il y sera question d'un islam qu'on méconnait et surtout qui, n'étant pas figé, ne peut plus être confondu avec l'islamisme, cette doctrine rétrograde qui s'est développée à partir d'un État avec lequel on continue d'entretenir des relations privilégiées : l'Arabie saoudite ! Les musulmans français, que cet islam rigide inspire encore -minoritaires !-, ont été coupés de leur pays d'origine et il y a, comme chez tous les enfants d'immigrés, de la nostalgie, du mythe dans leurs comportements. Que la religion ait tenue si peu de place dans les revendications des manifestants tunisiens et égyptiens est révélateur d'une évolution encore une fois mal appréciée de la part des personnalités politiques françaises.

Mieux vaudrait engager dialogue avec les "réinventeurs" de la démocratie sans donner la moindre leçon. Car s'il est un enseignement à retirer des événements historiques qui modifient notre conception du monde, comme ce fut le cas en 1789 et en 1989, c'est que la révolution n'est pas dans les urnes mais dans la rue, sur l'agora, la place publique. Non pour remplacer les urnes par la rue, mais pour que les urnes parlent et ne rabâchent pas ! Une élection, un vote, qui suivent un débat, la manifestation populaire d'une volonté commune trouvent leur plein sens. Mais réduire la démocratie à cet épisode final la défigure, la dessèche, la prive de sa dynamique vitale. L'Europe connaît cette période de formalisme pseudo-démocratique. La République n'est plus la res publica. Le "réalisme" gestionnaire a failli tuer l'élan révolutionnaire qui, s'il se manifeste rarement, produit des effets profonds et durables pour peu qu'il s'agisse, précisément, de cet élan démocratique éloigné de tous les populismes et de toutes les récupérations.

Oui, il est bon que l'Afrique ait beaucoup à apprendre à l'Europe. Oui, il est heureux que ce que nous pensions inimaginable, impensable, irréaliste, se soit produit et nous redonne espoir que l'homme puise peser sur son destin.


25 mars 1957 : Le traité de Rome est voté. Plus de 50 ans après, la porte reste de l'Europe reste fermée.

jeudi 3 mars 2011

Pas de fin du capitalisme sans décroissance et inversement...

Ou bien cet ancien article du journaliste Hervé Kempf a conservé sa pertinence ou bien ne parlons plus de décroissance. En effet, ce bref compte-rendu de la rencontre des "décroissants", à Barcelone, ne faisait pas de détail :

Il n'y a pas d'écologie sans décroissance.

La décroissance est incompatible avec le capitalisme.

Tout mouvement écologique qui accepte le capitalisme détruit jusqu'à l'idée même de décroissance. CQFD

Objecteur de croissance, par Hervé Kempf

L’habit ne fait pas le moine, bien sûr, mais une belle apparence inspire le respect. C’est pourquoi il est tout sauf anecdotique que l’idée de décroissance, si allègrement injuriée par les thuriféraires du dogme « croissanciste », ait été accueillie dans un lieu imprégné de pensée. Du 26 au 29 mars 2010 s’était tenue dans la belle université de Barcelone la deuxième conférence sur la décroissance économique.

Ouverte par le recteur, organisée par l’Institut de science et de technologie environnementales (ICTA) de la capitale catalane, elle a réuni plus de 500 chercheurs et activistes venus de nombreux pays européens et américains. On sait maintenant que décroissance se dit degrowth en anglais, decrecimiento en espagnol, decreixement en catalan, decrescita en italien.

Pourquoi ce mot suscite-t-il tant d’intérêt ?

Parce qu’il repose les questions radicales qui sont au coeur de l’écologie et que les logiques de développement durable, de croissance verte et de capitalisme vert ont affadies.

En se voulant « réalistes », nombre d’écologistes se retrouvent à teinter de vert un système économique qui ne change pas sa logique de destruction de l’humain et de la biosphère. Radicaux, les objecteurs de croissance affirment que la crise de l’orée du troisième millénaire ne peut se résoudre selon les voies suivies depuis le XIXe siècle.

Sous l’étendard de cette posture peut se redéployer la liberté de pensée contre le dogme, dont un autre important colloque, à Paris, en 2002, avait défini le programme : « Défaire le développement, refaire le monde ».

On ne saurait résumer ici la variété des pistes de recherche présentées à Barcelone et la vivacité des discussions qui s’y sont tenues. Le programme, consultable sur le site Degrowth.eu, en donne un aperçu. Deux idées, rapidement, émergent. La préoccupation de la justice sociale est au cœur du projet de refondation écologique, et Barcelone a continué sur la route ouverte à Copenhague par les mouvements de la société civile avec la revendication de la justice climatique : « Changer le système, pas le climat ». Et pour les « objecteurs de croissance », le système, c’est le capitalisme.

Autre élément nouveau, la parole des mouvements du Sud, qui disent que, chez eux aussi, le développement tel qu’il est porté par les gouvernements est destructeur. Ils apportent de nouveaux concepts, tel celui de « bien-être » opposé au « mieux vivre ».

La conclusion de l’économiste Juan Martinez-Allier : « La décroissance va devenir le courant majeur de l’économie. » A Barcelone, les colonnes du dogme ont été ébranlées.

Sources : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/30/objecteur-de-croissance-par-herve-kempf_1326340_3232.html

http://decroissance.lehavre.free.fr/images/Decroissance_libre-1.jpg

mardi 1 mars 2011

L'Europe et le droit de vote des étrangers


Treize États accordent le droit de vote communal à tous les résidents étrangers, sous réserve d’un titre de séjour permanent ou d’une durée de résidence variable suivant les États et au maximum de cinq ans : Belgique ; Danemark ; Estonie ; Finlande ; Grèce ; Hongrie ; Irlande ; Lituanie ; Luxembourg ; Pays-Bas ; Slovaquie ; Slovénie ; Suède. L’année où ce droit a été accordé figure sous le nom du pays sur la carte.

Quatre États, Espagne, Portugal, Royaume-Uni et République tchèque, accordent le droit de vote aux nationaux de certains États tiers.

Dix États, Allemagne, Autriche, Bulgarie, Chypre, France, Italie, Lettonie, Malte, Pologne et Roumanie, n’accordent aucun droit politique aux nationaux des États tiers.

Au moment où l'Europe applaudit les peuples du Maghreb pour leur courage face aux dictatures tout en repoussant ceux qui fuient et cherchent un abri en Europe, il n'est pas sans intérêt de connaître comment les droits politiques sont reconnus dans les États de l'Union.

Voir : http://www.lettredelacitoyennete.org/menu109.html

lundi 28 février 2011

Un casting gouvernemental d'enfer et de fer

Michèle Alliot-Marie est éconduite, en dépit de son passé "gaulliste" et de son poids politique : elle paie des erreurs personnelles mais, plus encore, elle est la nécessaire victime expiatoire d'une politique étrangère désastreuse, pensée et voulue à l'Élysée.



Alain Juppé est aussi brillant que contradictoire. Ses jugements politiques l'ont conduit, de fidélité en fidélité, à des échecs notoires, agrémentés d'une condamnation. L'homme qui, "droit dans ses bottes", a subi, en 1995, une vague sociale sans précédent, qui a encouragé une dissolution qui entraina une cohabitation, le faux écologiste, bien accepté à Bordeaux (qu'il abandonne en dépit de ses promesses), battu aux élections législatives dernières : voici l'homme fort qui revient...

Brice Hortefeux qui, condamné par les tribunaux, aurait pu devenir un nouvel Éric Woerth, s'en ira sévir dans les couloirs de l'Élysée. Ce conseiller très spécial y pourra préparer des coups tordus, notamment lors de la prochaine violente campagne électorale, loin des lumières des médias.



Claude Guéant, qui accède au Ministère de l'Intérieur, est le maître à pensée du Président de la République en matière de sécurité depuis dix ans ! Cela n'augure qu'une aggravation de la politique catastrophique dont on a déjà vu les effets. Cet homme est tout aussi dangereux que son prédécesseur, si ce n'est plus.

Et revoilà Gérard Longuet, lui aussi condamné par le passé. Un ultra libéral à la tête du Ministère de la Défense ! Avec lui, sûr, ce sera la guerre : une guerre politique impitoyable ! On lira sa biographie sur Agora Vox ( http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/avec-le-retour-de-gerard-longuet-l-89579). C'est édifiant ! Brrr...



Avec ceux-là, il y a de quoi savoir quelle sera la suite, dans les prochains mois. Nicolas Sarkozy s'accrochera au pouvoir, appuyé sur une équipe de choc, constituée de personnages aux côtés desquels M.A.M apparait comme une sainte.

Un dernier pour la route ? Le compagnon de la dite, M. Patrick Ollier, qui a déclaré : "si elle part, le pars" (ce qui eut été logique puisqu'il est aussi mouillé qu'elle dans les vacances tunisiennes contestées et contestables), celui-là... reste ! "Le brave homme" ! L'exclure aurait, sans doute, fait vengeance... À moins qu'il n'en sache tant et tant qu'il faille mieux le tenir sous la main...



Alors "historique" la période, comme le concède Sarkozy, qui affirme, tout en remaniant son gouvernement : "Ce changement est historique. Nous ne devons pas en avoir peur". Selon lui, le changement en cours dans le monde arabe "porte une formidable espérance, car il s'est accompli au nom des valeurs qui nous sont les plus chères, celles des droits de l'Homme et de la démocratie". Ah bon ! Pour un peu on nous dirait que Nicolas Sarkozy était à Tunis, au Caire, à Tripoli, incognito, comme en 1989 à Berlin, inspirant les manifestants !

Espérance et démocratie dans le monde arabe : oui. En France : certes non ! Nous n'aurons entendu, le 27 février 2011 qu'une vieille rengaine, mal enregistrée. Ce qui se passe en Afrique du Nord et en France ne sont pas compatibles.



Tout cela prouve seulement qu'on ne peut vider l'abcès puisque sa racine ne peut être atteinte. Toute la politique internationale de la France est devenue, d'un coup, obsolète et impuissante. Y a-t-il encore un pilote dans l'avion ? Rien ne nous le garantit !

vendredi 25 février 2011

De très "petits Machiavel"...

Les plumitifs de la presse écrite et les beaux parleurs de la presse orale, du moins certains d'entre eux, cherchent à nous entrainer dans la grande peur d'un "remake" de 2002.


Au secours, Hugo, ils sont devenus fous

Il s'agirait, pour Sarkozy et ses conseils en stratégie électorale, de faire monter les voix de Marine Le Pen pour placer le candidat PS en troisième position et donc..., l'emporter, avec facilité,au second tour de l'élection présidentielle.

Bien entendu, un seul candidat PS nous éviterait cette catastrophe : DSK !

Calculs à la désespérée !

Les intérêts de Sarkozy et de DSK, en fait du capitalisme français, sont-ils, aujourd'hui, à ce point associés qu'on ne veuille envisager que deux hypothèses : celle où le sortant et DSK seraient inévitablement opposés et celle où la candidate FN se glisserait dans le trio de tête, de telle sorte qu'elle fasse élire inmanquablement son adversaire : DSK (auquel la droite du PS déjà se rallie, tel Manuel Valls), ou Sarkozy (qui n'est plus sûr, du reste, d'échapper à la troisième place !).

La réalité est pourtant plus subtile !
D'abord quels seront les effets conjugués de la crise économique et de la grande Révolution arabe sur les électorats européens, dont la France ! Ensuite, est-il absolument certain que les échecs cumulés de Sarkozy vont lui permettre de demeurer en fonction ou, à tout le moins, de faire acte de candidature, en 2012 ? Enfin, le surgissement d'une candidature écologique de poids, dans l'hypothèse de la candidature de Nicolas Hulot, ne peut-il modifier sensiblement les rapports de force à droite comme à gauche ?

Rien, dans le contexte véritablement historique auquel non seulement nous assistons mais dans lequel nous sommes impliqués, ne peut exclure un "coup de théatre" qui déstabilise complétement le jeu électoral, pourtant bien huilé et bien organisé, depuis des décennies, en France ! Toute chose égale par ailleurs, la démographie ne pèse pas sur les peuples uniquement là où des dictateurs ont régné (avec notre "aimable compréhension") ! Ce sont non seulement les potentats, mais leurs régimes, qui sont actuellement mis à mal. Or notre propre régime, depuis 1958, a pris un "coup de vieux" que nous sous estimons. La révolution politique, et pas seulement sociale, porte les espoirs d'une démocratie effective où les citoyens ne seraient plus les simples spectateurs ou approbateurs des politiques qui les concernent mais où ils en deviendraient les acteurs. À l'aune de cette mutation radicale, les calculs électoraux ne pèsent pas lourd.

On oublie aussi, me semble-t-il, que la Vème République a changé de nature. Le lien direct entre le peuple et le Président, cassé dès 1969, et qui a conduit De Gaulle à se retirer, n'a jamais été renoué solidement. Sinon ne se serait jamais produite aucune cohabitation. Nous avons vécu dans une illusion gaullienne mais ce n'était que l'ombre de De Gaulle qui planait sur nos institutions ! On n'en avait retenu que la domination absolue de l'exécutif sur le législatif, la présidentialisation de la politique de la France et la facilité de se maintenir au pouvoir quel que soient les désaveux électoraux. Pire, en faisant coïncider, à partir de 2002, la durée des mandats du Président et des députés, sur cinq ans, et en plaçant les présidentielles juste avant les législatives, on a brisé ce qui restait de la structure gaulliste du pouvoir : une majorité présidentielle et une majorité Parlementaire associées mais pas confondues. Or, il semble bien que nous soyons parvenus au terme de cette période ultra présidentielle obsolète où les représentants du peuple ne sont plus des "godillots" mais des fantômes !


Le grand Macchiavel conseillait au Prince de gouverner en jusant de la force et de la ruse...

Les petits Machiavel ont beau faire assaut d'hypothèses permettant de faire perdurer une situation intenable, il ne peut que se produire des événements qui changent la donne en France, déjà décalée par rapport aux pratiques institutionnelles européennes. Nicolas Sarkozy aura rendu à son pays la chance d'avoir déconsidéré la monarchie républicaine. Il faut passer à autre chose et ce n'est pas la simple alternance avec un personnage vieillissant et enfermé dans des logiques libérales qui peut redonner du dynamisme à notre pays.

Le PS, tel qu'il est actuellement, se condamne en ne produisant que des candidatures de remplaçants et pas des candidatures de renouveau. Si, pour éviter un nouveau drame, il fallait que la gauche de gauche, quel qu'en soit le Front, et les écologistes, se rallient à une candidature du type Aubry ou Hollande (les seules sans contradiction !) et ce, dès le premier tour, nous ne pourrions que déplorer un moindre mal, et donc un nouvel échec doublé d'une nouvelle insupportable attente. Et pourtant, au bilboquet français de la politique, le choix de politiques alternatives est limité, si l'on demeure dans le cadre des possibilités électorales du moment, et seuls des événements nouveaux pourraient modifier ce que les sondages révèlent : une fluidité rendue inévitable faute de véritable nouveauté.

Je ne peux, à ce jour et à cette date, considérer qu'il faille, d'ores et déjà, faire un pré-choix, mais je pense qu'il faut exclure de voter pour une simple alternance qui déplacerait le champ politique sans y rien changer. Dans les mois qui vont venir, les petits calculs des petits esprits vont se révéler dépassés par ce que le monde nous donne à voir ! Les alliances étant impossibles dans un système dominé par les partis, (même si, abstraitement, le Front de gauche et le NPA, ensemble, approcheraient les 15%,!), il m'apparait que le seul vote tactique crédible soit, pour le moment, à rechercher du côté de l'écologie, mais à la condition que les mêmes erreurs ne soient pas renouvelées, la première d'entre elles étant d'annoncer un ralliement automatique au PS ?


La politique défigurée par ses composantes antagonistes.


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