mardi 22 mars 2011
Nous voici entrés dans une histoire nouvelle.
Nous allons sortir du nucléaire.
Nous allons sortir des dictatures.
Nous allons sortir de l'oligarchie.
Est-ce que je rêve ?
Oui, je rêve, mais je sais que ce sont les rêves qui changent l'histoire.
Pas le réalisme.
Et là, le rêve ne peut que tourner en réalité.
Avec bien des souffrances, mais inéluctablement.
Le nucléaire, c'est la mort en cages qu'on veut apprivoiser.
Mais il y a toujours une cage qui se brise.
Les dictatures, c'est l'humanité en cages qu'on veut asservir.
Mais vient toujours l'événement auquel aucune cage ne résiste.
L'oligarchie, c'est la démocratie en cage qu'on étouffe.
Mais surgit toujours la volonté populaire qui est le vrai pouvoir.
Au Japon qui fut le premier à subir la Bombe nucléaire,
six réacteurs vont, de nouveau, lâcher leur poison invisible,
peut-être pendant des siècles,
condamnant, alors, tout un territoire terrestre.
Au Maghreb, et dans le Machrek, une lente révolution s'installe.
Elle chasse, un par un, des monarques séniles.
Elle redonne sa place historique au monde arabe.
Elle interpelle un occident qui se nie lui-même.
En France, notamment, le peuple s'ébroue.
Il découvre l'imposture dont il souffre.
Il cherche à briser la chape qu'on a coulée sur lui.
Il rejette les fausses solutions avant d'avoir découvert la bonne...
La mondialisation de la politique s'oppose à celle de l'économie.
Le nucléaire sans retour, qui gangrène le monde entier, va être contesté.
Les dictatures encouragées par l'occident vont toutes chuter.
L'oligarchie des riches et des élites camouflée en démocratie va reculer.
mardi 15 mars 2011
L'indécence dans l'indécence
Déclarer indécente la réouverture du débat sur le nucléaire est... indécent ! Qu'on ne puisse, en France, -car on ne se retient pas dans le reste du monde- aborder, en plein drame, une question qui intéresse le monde entier, sans être taxé de récupération politicienne est indigne, indécent !
Et qui traite les écologistes d'indécents ? Xavier Bertrand dont la délicatesse est bien connue ! Claude Allègre dont la tendresse à l'égard de l'écologie est évidente ! Et, à présent, Ségolène Royal, dont la sagesse politique nous est apparue si souvent...
L'indécence est dans cette façon de parler de l'indécence... des autres !
Ce qui est indécent, c'est de ne pas accepter ce que l'événement, dans son immense brutalité, nous impose et nous enseigne de force : l'industrie nucléaire est à la merci d'une autre énergie, l'énergie des séismes ou/et des inondations, avec ou sans tsunami. Il peut, pendant des décennies, ne rien se produire, dans et autour des centrales nucléaires, puis... un jour !
Aux USA, en URSS, au Japon, une catastrophe majeure a été évitée, de très peu (Three Miles Island), ou n'a pu l'être (Tchernobyl) et maintenant bouleverse, pour longtemps, la seconde ou troisième puissance industrielle au monde (à Fukushima). Et il faudrait se taire, par respect pour les malheureuses victimes, parce que le tsunami a tué plus que l'explosion des centrales, parce que la France n'a pas d'autre choix énergétique qui assure son indépendance, parce que le charbon a été bien plus meurtrier que l'atome, parce que nous afaiblissons une industrie qui concourt à notre croissance, parce que la France est une puissance nucléaire dont l'autorité repose sur sa capacité civile et militaire... Que sais-je ? Où est l'indécence ?
Sont-ils indécents les Autrichiens, les Allemands, les Suisses prêts à renoncer au nucléaire, prêts à exiger que la France cesse d'imposer ses menaces à l'Europe entière ?
N'est-il pas indécent d'avoir proposé à Khadafi d'acheter notre technologie nucléaire ?
N'est-il pas indécent de vendre à la Chine, à l'Inde, les pays les plus peuplés de la planète, inondables, non à l'abri de séismes, des centrales nucléaires qui ne peuvent satisfaire d'immenses besoins en énergie mais qui peuvent être à l'origine de risques pour les populations.
Est-il décent, même si nous étions à l'abri, en France, de faire commerce avec des pays fragiles pour exporter nos savoir faire ?
L'évidence est que la fausse transparence dont on se vente est devenue une indécence parce qu'on ment, parce qu'on ne veut rien remettre en question, parce que l'on agresse ceux qui n'ont pas attendu mars 2011 pour contester la pérennité de l'industrie nucléaire au XXIe siècle.
L'indécence, c'est qu'il n'y a jamais assez de malheurs accumulés pour que les profiteurs se montrent discrets. AREVA, EDF et les partis politiques français, de l'UMP au parti communiste ne broncheront pas de leurs certitudes. Là est l'indécence.
lundi 14 mars 2011
Transparence ! Vous avez dit transparence !
Rien n'autorise à suspecter les bonnes intentions de ceux qui en appellent à la transparence. Toutefois, sous le mot, se cachent des sens qui ne convergent pas ! Pour les uns, la transparence signifie le partage total de la seule l'information ; pour les autres, il s'agit du partage de tous les éléments de la décision.
On peut ouvrir les dossiers sans laisser les citoyens y introduire des modifications pesant sur l'objectif à atteindre. On peut, au contraire, associer les citoyens à la compréhension mais aussi à la détermination des choix à opérer.
La transparence est souvent un alibi. On croit être transparent parce qu'on rend compte. Tout se passe comme si on laissait les passants voir à l'intérieur d'une maison, en ouvrant les volets, mais sans leur permettre de franchir la porte. La transparence des vitres, incassables, fait du citoyen un spectateur ou un voyeur, pas un acteur.
La démocratie a besoin d'une transparence d'une toute autre limpidité. Quand il devient nécessaire de recourir à des sites d'informations tel Wikileaks pour savoir ce que disent, pensent et font les dirigeants de nos pays, il est évident qu'il y a tromperie sur la réalité qu'on nous montre. Constater qu'il y a un grand écart entre ce qui est présenté dans les médias "légitimes" et ce que nous dévoilent les "voleurs" d'information fait chuter la confiance !
Qu'il soit nécessaire de faire état de sa volonté de transparence produit l'effet inverse de celui qui est recherché. Y a-t-il donc quelque chose à dissimuler ? La transparence n'est qu'apparence. Elle n'a pas de contenu. Elle ne laisse voir que ce qu'on veut laisser voir.
Un des moyens de se montrer transparent en restant maître de la décision consiste à proférer des vérités partielles qu'on présente comme complètes. L'art oratoire pervers d'un acteur politique repose sur un talent qui, mieux que le mensonge, permet de donner à croire qu'on se livre à des confidences. Bref, la transparence ainsi pratiquée tue la concurrence : on séduit pour empêcher un rival de proposer une alternative.
La transparence des partisans de l'énergie nucléaire est d'une habileté redoutable mais, bien entendu, leur dossier n'est qu'entr'ouvert et les portes des centrales, elles, sont closes pour les contestataires.
La transparence des comptes des entreprises, des associations et même des collectivités publiques, est relative. La complexité des chiffres, pourtant affichés et lisibles par quiconque, rend incontrôlable les activités et les choix effectués.
La transparence des jugements des magistrats laisse souvent pantois les bénéficiaires autant que les victimes des décisions de justice. Un langage abscons, l'obligation de confier sa défense à un spécialiste du droit, enlève au plaideur le pouvoir de s'exprimer librement. C'est "en toute clarté", dans la lumière des tribunaux qu'on cherche une vérité, nue sous ses voiles transparents, mais inaccessible.
Décidément, je renâcle quand j'entends prononcer ce mot, transparence, où, comme dans l'eau la plus pure, on peut se retrouver noyé.
dimanche 13 mars 2011
Mélanges 3
Voici mon troisième "mélange". Un mélange est un rapprochement, un peu confus mais sans fusion, d'éléments qui peuvent apparaitre ensemble et, pourtant, être distingués. Faute de pouvoir analyser complétement des événements qui sont en cours, je les relève...
Les informations se bousculent. Aucune n'est mineure. Le plus souvent, elles sont dramatiques. À s'en tenir à celles que je crois majeures et qui modifieront notre avenir, je veux retenir celles-ci :
1 - La catastrophe (c'est une catastrophe, M. Besson !) de Fukushima qui s'ajoute au séisme et au tsunami aura des conséquences considérables sur l'avenir de l'industrie nucléaire. Le triple drame du Japon, ce pays qui aura subi deux fois, en 1945 et 2011, les "bienfaits" du nucléaire, nous rappelle, (mais en tiendrons-nous compte ?) que la Terre peut ravager n'importe quelle construction humaine. Il n'y a pas de danger confiné et maîtrisé à jamais.
2 - La fin de Khadafi prend du temps et les Lybiens, aux mains nues ou presque, face aux armements lourds acquis par le dictateur, avec l'argent du pétrole, souffrent sans que les instances internationales, de l'ONU à la Ligue arabe, en passant par l'Union européenne, puissent mieux faire que s'indigner et menacer... La résistance d'un pouvoir riche et, depuis des décennies, installé dans l'hyper-violence, est d'autant plus grande qu'elle repose sur des outils techniques et militaires que l'industrie occidentale a approvisionnés, quand Khadafi a accepté de faire de son pays un double rempart : à l'immigration et à l'islamisme radical. Aujourd'hui, le vieux tyran tend la note à l'occident : laissez-moi faire ce que je veux, sinon je lâche les vannes et vous serez engloutis. C'est une menace vaine parce que la donne arabe a changé, mais il est surement encore des oreilles sensibles et à cette musique et à l'annonce que l'accès au pétrole ne sera plus le même...
3 - La guerre civile, désormais déclenchée en Côte d'Ivoire, avec toute l'hystérie meurtrière des partisans de Laurent Gbagbo, a, elle aussi, des causes anciennes. Quand surgit l'événement, il n'est plus maîtrisable, si ses causes ont été accumulées durant des décennies. Et c'est le cas... Certes, le fanatique et fantasque président déchu va, lui aussi, sombrer, mais après combien de victimes, et pour être remplacé par quelle créature de l'idéologie occidentale ? Malheureuse Afrique qui n'en finit pas de sortir du colonialisme, du néocolonialisme, de la Françafrique et de toutes les dominations pillardes qui retardent l'épanouissement d'une Afrique nouvelle, riche de ses biens et de ses intelligences !
4 - Nicolas Sarkozy serait rejeté par 71% de Français affirme un sondage de l'IFOP. C'est encore trop peu... L'homme qui détruit la France et fait le lit du néofascisme ne mérite pas la confiance de 29% de nos compatriotes.
5 - Abderrahmane Dhamane, "conseiller de l'Élysée", ne semble pas avoir digéré son limogeage par Sarkozy et invite tous les musulmans à voter contre l’UMP lors des prochaines élections. Il déclare à Rue89 : « j’appelle à voter massivement contre l’UMP, à commencer par les élections cantonales. Tant que Copé sera à la tête de ce mouvement, je m’en désolidariserai complètement. Et le 5 avril [jour de la convention sur l'islam de l'UMP,] il y aura de grandes manifestations partout pour dire non aux discriminations, non aux stigmatisations, non aux boucs émissaires. Nous ne laisserons pas faire cette mascarade. » C'est un peu tard ! Qu'allait-il faire dans cette galère élyséenne ? Le débat sur l'islam et la laïcité, quelle qu'en soit la forme, est bel et bien une machine de guerre électorale. D'ici que Marine Le Pen appelle, au second tour, à voter Sarkozy, il n'y a qu'un pas qui, jour après jour, devient de moins en moins infranchissable !
6 - Il est des Français pour qui la seule catastrophe aura été, ce week-end, la défaite du XV de France, à Rome, face à l'Italie, dans le tournoi des Cinq nations ! Il fallait bien que ça arrive un jour ! Où le nationalisme va-t-il se nicher ?
7 - Le très polémique article 4 de la Loppsi 2 a été validé par le Conseil constitutionnel... Si 13 dispositions de la loi Loppsi 2 ont été retoquées par le conseil constitutionnel, jeudi soir, l’article 4, l’un des plus polémiques, est, lui, passé sans encombres. Tandis que la France tente de redorer son image auprès des pays qui se sont libérés, bien malgré elle, et avec l'aide de moyens informatiques, elle détruit aussi, progressivement, mais méthodiquement, la liberté de ses propres citoyens. La censure d'Internet ne résoudra rien à la pédopornographie, comme en témoignent les expériences menées à l'étranger. Après les mesures de suspension de l'accès à Internet de la loi HADOPI, les appels à l'interdiction de l'hébergement de WikiLeaks et les discours contraires à la neutralité du Net, la France glisse un peu plus dans le camp des pays hostiles à l'Internet libre. Le Conseil constitutionnel n'a pas su protéger les libertés fondamentales sur Internet, au premier rang desquelles la liberté d'expression. L'espoir d'internautes réside, désormais, dans les instances européennes, seules à même d'interdire ,ou à défaut d'encadrer, la censure administrative du Net et ses risques de dangereuses dérives. Encore une tentative pour endiguer un fleuve qui est trop puissant pour qu'on puisse en diriger le cours avec des lois ! Mediapart annonce l'ouverture d'un WikiLeaks français. Sous le nom de FrenchLeaks , le site d’Edwy Plenel annonce vouloir diffuser des documents sous forme brute, dans "l’intérêt public pour une démocratie plus transparente"...
8 - Inattendu : "JR" (oui, le "méchant" du feuilleton télévisé Dallas !) est en Europe pour promouvoir l'énergie solaire ! Sur le plateau de l'émission Champs-Élysées, interrogé par Michel Drucker, il argumente : "nous manquerons de pétrole et le nucléaire est trop dangereux, comme on le voit au Japon. Les USA sont insuffisamment engagés dans le solaire mais il n'y a pas d'autre avenir..." Comme quoi, tout peut arriver...
9 - Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, 106 488 décisions de justice, ordonnant une expulsion ont été prononcées en 2009 (+1,3% par rapport à 2008). Un "record" ! Une trêve hivernale, entamée, chaque année, le 1er novembre au soir, interdit les expulsions jusqu'au soir du 15 mars. Elles reprendront donc mercredi 16 mars, au matin. Le Réseau Stop aux expulsions de logement (Resel) a appelé à manifester quelques jours avant, dans une vingtaine de villes, dont Paris. Faible participation mais très forte conviction : il est indigne, dans une société civilisée, que, sauf mauvaise fois manifeste, ceux qui ne peuvent payer ne puissent se loger !
selon les derniers chiffres du ministère de la Justice.
10 - DSK, toujours DSK... Ses partisans en sont à demander l'abandon des primaires au PS, vu l'urgence : faire barrage à La Pen et Sarkozy. Quel piège ! Il suffirait que le PS présente un candidat... présentable ! DSK ne l'est pas, ni par sa politique ni par son comportement. Puissent Aubry ou Hollande résister à cette pression médiatique. J'ai la conviction que, dès la désignation de l'un ou l'autre, la messe serait dite. Je ne m'en réjouirai pas, car je sais qu'il n'y a de démocratie véritable qu'avec la sortie des institutions de la Vème République, mais, dans l'état où est la France, ce serait un moindre mal... À moins que ne surgisse beaucoup mieux que ce choix là, mais où ? Et par qui ?
L'homme est faible et fort devant la catastrophe
Les informations se bousculent. Aucune n'est mineure. Le plus souvent, elles sont dramatiques. À s'en tenir à celles que je crois majeures et qui modifieront notre avenir, je veux retenir celles-ci :
1 - La catastrophe (c'est une catastrophe, M. Besson !) de Fukushima qui s'ajoute au séisme et au tsunami aura des conséquences considérables sur l'avenir de l'industrie nucléaire. Le triple drame du Japon, ce pays qui aura subi deux fois, en 1945 et 2011, les "bienfaits" du nucléaire, nous rappelle, (mais en tiendrons-nous compte ?) que la Terre peut ravager n'importe quelle construction humaine. Il n'y a pas de danger confiné et maîtrisé à jamais.
2 - La fin de Khadafi prend du temps et les Lybiens, aux mains nues ou presque, face aux armements lourds acquis par le dictateur, avec l'argent du pétrole, souffrent sans que les instances internationales, de l'ONU à la Ligue arabe, en passant par l'Union européenne, puissent mieux faire que s'indigner et menacer... La résistance d'un pouvoir riche et, depuis des décennies, installé dans l'hyper-violence, est d'autant plus grande qu'elle repose sur des outils techniques et militaires que l'industrie occidentale a approvisionnés, quand Khadafi a accepté de faire de son pays un double rempart : à l'immigration et à l'islamisme radical. Aujourd'hui, le vieux tyran tend la note à l'occident : laissez-moi faire ce que je veux, sinon je lâche les vannes et vous serez engloutis. C'est une menace vaine parce que la donne arabe a changé, mais il est surement encore des oreilles sensibles et à cette musique et à l'annonce que l'accès au pétrole ne sera plus le même...
3 - La guerre civile, désormais déclenchée en Côte d'Ivoire, avec toute l'hystérie meurtrière des partisans de Laurent Gbagbo, a, elle aussi, des causes anciennes. Quand surgit l'événement, il n'est plus maîtrisable, si ses causes ont été accumulées durant des décennies. Et c'est le cas... Certes, le fanatique et fantasque président déchu va, lui aussi, sombrer, mais après combien de victimes, et pour être remplacé par quelle créature de l'idéologie occidentale ? Malheureuse Afrique qui n'en finit pas de sortir du colonialisme, du néocolonialisme, de la Françafrique et de toutes les dominations pillardes qui retardent l'épanouissement d'une Afrique nouvelle, riche de ses biens et de ses intelligences !
4 - Nicolas Sarkozy serait rejeté par 71% de Français affirme un sondage de l'IFOP. C'est encore trop peu... L'homme qui détruit la France et fait le lit du néofascisme ne mérite pas la confiance de 29% de nos compatriotes.
5 - Abderrahmane Dhamane, "conseiller de l'Élysée", ne semble pas avoir digéré son limogeage par Sarkozy et invite tous les musulmans à voter contre l’UMP lors des prochaines élections. Il déclare à Rue89 : « j’appelle à voter massivement contre l’UMP, à commencer par les élections cantonales. Tant que Copé sera à la tête de ce mouvement, je m’en désolidariserai complètement. Et le 5 avril [jour de la convention sur l'islam de l'UMP,] il y aura de grandes manifestations partout pour dire non aux discriminations, non aux stigmatisations, non aux boucs émissaires. Nous ne laisserons pas faire cette mascarade. » C'est un peu tard ! Qu'allait-il faire dans cette galère élyséenne ? Le débat sur l'islam et la laïcité, quelle qu'en soit la forme, est bel et bien une machine de guerre électorale. D'ici que Marine Le Pen appelle, au second tour, à voter Sarkozy, il n'y a qu'un pas qui, jour après jour, devient de moins en moins infranchissable !
6 - Il est des Français pour qui la seule catastrophe aura été, ce week-end, la défaite du XV de France, à Rome, face à l'Italie, dans le tournoi des Cinq nations ! Il fallait bien que ça arrive un jour ! Où le nationalisme va-t-il se nicher ?
7 - Le très polémique article 4 de la Loppsi 2 a été validé par le Conseil constitutionnel... Si 13 dispositions de la loi Loppsi 2 ont été retoquées par le conseil constitutionnel, jeudi soir, l’article 4, l’un des plus polémiques, est, lui, passé sans encombres. Tandis que la France tente de redorer son image auprès des pays qui se sont libérés, bien malgré elle, et avec l'aide de moyens informatiques, elle détruit aussi, progressivement, mais méthodiquement, la liberté de ses propres citoyens. La censure d'Internet ne résoudra rien à la pédopornographie, comme en témoignent les expériences menées à l'étranger. Après les mesures de suspension de l'accès à Internet de la loi HADOPI, les appels à l'interdiction de l'hébergement de WikiLeaks et les discours contraires à la neutralité du Net, la France glisse un peu plus dans le camp des pays hostiles à l'Internet libre. Le Conseil constitutionnel n'a pas su protéger les libertés fondamentales sur Internet, au premier rang desquelles la liberté d'expression. L'espoir d'internautes réside, désormais, dans les instances européennes, seules à même d'interdire ,ou à défaut d'encadrer, la censure administrative du Net et ses risques de dangereuses dérives. Encore une tentative pour endiguer un fleuve qui est trop puissant pour qu'on puisse en diriger le cours avec des lois ! Mediapart annonce l'ouverture d'un WikiLeaks français. Sous le nom de FrenchLeaks , le site d’Edwy Plenel annonce vouloir diffuser des documents sous forme brute, dans "l’intérêt public pour une démocratie plus transparente"...
8 - Inattendu : "JR" (oui, le "méchant" du feuilleton télévisé Dallas !) est en Europe pour promouvoir l'énergie solaire ! Sur le plateau de l'émission Champs-Élysées, interrogé par Michel Drucker, il argumente : "nous manquerons de pétrole et le nucléaire est trop dangereux, comme on le voit au Japon. Les USA sont insuffisamment engagés dans le solaire mais il n'y a pas d'autre avenir..." Comme quoi, tout peut arriver...
9 - Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, 106 488 décisions de justice, ordonnant une expulsion ont été prononcées en 2009 (+1,3% par rapport à 2008). Un "record" ! Une trêve hivernale, entamée, chaque année, le 1er novembre au soir, interdit les expulsions jusqu'au soir du 15 mars. Elles reprendront donc mercredi 16 mars, au matin. Le Réseau Stop aux expulsions de logement (Resel) a appelé à manifester quelques jours avant, dans une vingtaine de villes, dont Paris. Faible participation mais très forte conviction : il est indigne, dans une société civilisée, que, sauf mauvaise fois manifeste, ceux qui ne peuvent payer ne puissent se loger !
selon les derniers chiffres du ministère de la Justice.
10 - DSK, toujours DSK... Ses partisans en sont à demander l'abandon des primaires au PS, vu l'urgence : faire barrage à La Pen et Sarkozy. Quel piège ! Il suffirait que le PS présente un candidat... présentable ! DSK ne l'est pas, ni par sa politique ni par son comportement. Puissent Aubry ou Hollande résister à cette pression médiatique. J'ai la conviction que, dès la désignation de l'un ou l'autre, la messe serait dite. Je ne m'en réjouirai pas, car je sais qu'il n'y a de démocratie véritable qu'avec la sortie des institutions de la Vème République, mais, dans l'état où est la France, ce serait un moindre mal... À moins que ne surgisse beaucoup mieux que ce choix là, mais où ? Et par qui ?
mercredi 9 mars 2011
2012 et les candidatures "de témoignage"
Il y a les candidatures "sérieuses" (celles de candidats pouvant prétendre à la magistrature suprême) : les candidatures UMP ou PS. Il y a les candidatures qui font ou défont la victoire ( celles de candidats pouvant accéder au second tour) : l'une des deux précédentes, plus la candidature FN. Il y a, enfin, les candidatures "de témoignage" ( celles de candidats qui ne figureront pas dans le trio de tête et qui ne pourront que se rallier à l'un des deux postulants restant).
Qui ne veut ni du libéralisme, ni du social-libéralisme, ni du populisme d'extrême droite est condamné, s'il vote, à choisir une candidature "de témoignage" : la candidature écologiste (Joly ou Hulot) ou la candidature de la gauche de gauche (actuellement, Mélenchon).
Les autres candidatures sont soit des variantes du libéralisme ( de Villepin, à Borloo en passant par Morin, Bayrou ou Dupont Aignan...) ou des succédanés de la gauche sectaire (de Besancenot à Arthaud).
Si Sarkozy reste le candidat de la droite, le candidat du PS pourra compter sur les candidatures "de témoignage". Si le candidat PS est éliminé, Sarkozy peut compter, pour l'emporter, comme Chirac, en 2002, bien qu'avec un nombre de suffrages beaucoup plus faible, sur le refus indifférencié du FN.
Pour briser cette mécanique électorale implacable, il faudrait un sursaut extraordinaire du Front de gauche ou un jaillissement du vote écologiste. Je doute que Jean-Luc Mélenchon fasse mieux qu'un score très honorable situé entre 6% et 10% des suffrages exprimés. Je pense que seul Hulot peut faire monter le vote écologiste au-dessus de 12%.
De deux choses l'une : ou bien la diversité de l'électorat s'exprimera ou bien le "vote tactique", dès le premier tour, laminera tous les candidats autres que les candidats "sérieux".
Je ne crois pas que la candidature FN continuera de culminer. Je pense que la candidature PS , quelle qu'elle soit, passera en tête. J'estime que, si Nicolas Hulot continue de dire que la crise écologique et de civilisation est due "au système", il viendra en troisième position. Il semble que la candidature Sarkozy ne fera pas mieux que celle de Chirac au premier tour de 2002, mais il n'y a pas de Balladur-2011, et De Villepin ne pèse pas suffisamment sur la droite.
Les "candidatures de témoignage" peuvent seules changer le résultat du vote mais il est douteux qu'elles puissent le faire par addition de leurs scores ? Ce sera ou l'un ou l'autre : ou Mélenchon (peu en dessous de 10%) ou Hulot (autour de 15%). Éva Joly, si elle est préférée à Nicolas Hulot ne peut qu'espérer faire un peu mieux que Noël Mamère (5%).
De cette analyse que j'ose, bien avant l'annonce des candidatures définitives, et bien que l'élection présidentielle me répugne, je retire comme enseignements que :
1 - la vague européenne d'extrême droite touchera la France mais ne la submergera pas.
2 - la droite ne pourrait l'emporter qu'en ne présentant pas Sarkozy.
3 - la victoire probable du PS ne sera pas un raz de marée et devra beaucoup aux "candidatures de témoignages".
4 - l'écologie politique peut enfin s'affirmer en faisant mieux que doubler le meilleur score jamais obtenu à une élection présidentielle (5% x 2 + n).
5 - le doute de l'électorat peut faire chuter la participation en-deçà de la participation de 2007.
Qui ne veut ni du libéralisme, ni du social-libéralisme, ni du populisme d'extrême droite est condamné, s'il vote, à choisir une candidature "de témoignage" : la candidature écologiste (Joly ou Hulot) ou la candidature de la gauche de gauche (actuellement, Mélenchon).
Les autres candidatures sont soit des variantes du libéralisme ( de Villepin, à Borloo en passant par Morin, Bayrou ou Dupont Aignan...) ou des succédanés de la gauche sectaire (de Besancenot à Arthaud).
Si Sarkozy reste le candidat de la droite, le candidat du PS pourra compter sur les candidatures "de témoignage". Si le candidat PS est éliminé, Sarkozy peut compter, pour l'emporter, comme Chirac, en 2002, bien qu'avec un nombre de suffrages beaucoup plus faible, sur le refus indifférencié du FN.
Pour briser cette mécanique électorale implacable, il faudrait un sursaut extraordinaire du Front de gauche ou un jaillissement du vote écologiste. Je doute que Jean-Luc Mélenchon fasse mieux qu'un score très honorable situé entre 6% et 10% des suffrages exprimés. Je pense que seul Hulot peut faire monter le vote écologiste au-dessus de 12%.
De deux choses l'une : ou bien la diversité de l'électorat s'exprimera ou bien le "vote tactique", dès le premier tour, laminera tous les candidats autres que les candidats "sérieux".
Je ne crois pas que la candidature FN continuera de culminer. Je pense que la candidature PS , quelle qu'elle soit, passera en tête. J'estime que, si Nicolas Hulot continue de dire que la crise écologique et de civilisation est due "au système", il viendra en troisième position. Il semble que la candidature Sarkozy ne fera pas mieux que celle de Chirac au premier tour de 2002, mais il n'y a pas de Balladur-2011, et De Villepin ne pèse pas suffisamment sur la droite.
Les "candidatures de témoignage" peuvent seules changer le résultat du vote mais il est douteux qu'elles puissent le faire par addition de leurs scores ? Ce sera ou l'un ou l'autre : ou Mélenchon (peu en dessous de 10%) ou Hulot (autour de 15%). Éva Joly, si elle est préférée à Nicolas Hulot ne peut qu'espérer faire un peu mieux que Noël Mamère (5%).
De cette analyse que j'ose, bien avant l'annonce des candidatures définitives, et bien que l'élection présidentielle me répugne, je retire comme enseignements que :
1 - la vague européenne d'extrême droite touchera la France mais ne la submergera pas.
2 - la droite ne pourrait l'emporter qu'en ne présentant pas Sarkozy.
3 - la victoire probable du PS ne sera pas un raz de marée et devra beaucoup aux "candidatures de témoignages".
4 - l'écologie politique peut enfin s'affirmer en faisant mieux que doubler le meilleur score jamais obtenu à une élection présidentielle (5% x 2 + n).
5 - le doute de l'électorat peut faire chuter la participation en-deçà de la participation de 2007.
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