mercredi 8 juin 2016

De la trop lente mort des partis dits de « gauche ».



1 - Le constat : les partis dits « de gauche » se sont mis hors du champ politique

Les partis qui constituèrent, naguère, "la gauche", sont morts ou en cours de disparition.

La gauche, dite "de gouvernement", n'est plus. Elle a cessé d'exister depuis qu'elle met en œuvre des politiques néoconservatrices. Elle est, à présent une coquille vide. Elle a perdu son contenu.

La gauche fut, pourtant, avec toutes ses nuances, l'espace politique où se mouvaient les opposants au capitalisme et les adversaires résolus de la domination totale des marchés. S'y côtoyaient les révolutionnaires, les réformateurs et les conciliateurs.

Les communistes restés marxistes - du moins ceux qui ne sacrifiaient pas au capitalisme d'État -, voulaient la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme, la maîtrise constante de l'État sur l'économie et la domination totale du public sur le privé. Les socialistes avaient les mêmes objectifs, tout en se référant, souvent, aux droits de l'homme et en privilégiant le recours aux urnes plutôt qu'à l'insurrection. Quant aux radicaux - qui l'étaient si peu ! - ils se plaçaient au centre gauche, s'affirmaient humanistes et recherchaient la concertation plus que l'affrontement politique. Jusqu'à la fin des années 1960, donc, le débat, à gauche, portait sur les moyens politiques plus que sur les fins à atteindre.

Dès les premières manifestations et revendications écologiques, s'ouvrit une nouvelle opposition à la société consumériste et plusieurs repères de la gauche traditionnelle se trouvèrent alors contestés. D'abord, et principalement, l'ensemble des tolérances (soit disant pour préserver la croissance et l'emploi ) à l'égard d'entreprises polluantes et nuisantes affectant la totalité du vivant - hommes, faune et flore - ; puis les institutions monocratiques de la Vème République ( qu'allaient accepter les socialistes, après 1981) ; et encore le nucléaire civil et militaire (dont les risques à court, moyen et long terme apparaissaient largement sous-estimés)...Etc.

Aujourd'hui, la prise de conscience du pillage de la planète et la constatation des atteintes graves à l'équilibre du climat se sont largement généralisés. Cependant, la gauche traditionnelle a navigué durant plusieurs décennies, entre le refus de cette évolution écologique inéluctable annoncée et la tentative d'une récupération, parfois partiellement réussie, des porte-parole du parti des Verts. Le PS, quand il accéda aux responsabilités gouvernementales, se retrouva, de fait, souvent, proche de ceux qui, dans les milieux économiques et les partis de droite, ne démordaient pas des principes productivistes. Les patrons et les banques, principaux détenteurs des moyens d'agir, pénétrèrent alors l'État plus que jamais et le transformèrent en un efficace auxiliaire du secteur privé. Plus encore : la privatisation devint un dogme et la nationalisation un repoussoir ! Communs1, service public, volonté politique sont tombés dans l'oubli et n'en sortiront que si les oligarchies finissent par être écartées du pouvoir.

Avec la période dite mitterrandiste avait commencé le temps de "la réforme de la réforme". Au changement des conditions de vie des travailleurs, auquel le Front Populaire avait donné un grand élan et qui s'était prolongé, au sortir de la guerre 1939-1945, avec la mise en œuvre d'une partie du programme du Conseil national de la Résistance, allait se substituer, progressivement, ce qu'on appelait jadis "la collaboration de classe", autrement dit l'acceptation de la domination du capital sur le travail, comme au XIXème siècle, et jusqu'en 1936. En fait de réforme - ne parlons plus de révolution - on multiplia les réformes à rebours, celles qui avantageaient le monde des producteurs.

À présent, en 2016, le chômage (en fait le recul incontournable du temps de travail employé) ne peut que perdurer et la croissance (cette croyance religieuse en la promotion du mieux par le plus ) diminue inexorablement, quels que soient les "cadeaux" accordés aux grandes entreprises.

De gauche, il ne fut, dés lors, en réalité plus question et la domination totale du PS," parti de gouvernement" a fini par user, puis éliminer l'influence du parti communiste, condamné, pour survivre un temps, à des alliances qui le détruisaient méthodiquement. Quant au parti radical-socialiste qui connut, avant guerre, son heure de gloire, avec Edouard Henriot, il a rejoint au mieux, le camp des indécis, au pire, le camp de ceux qu'il affrontait jadis. La dépêche du midi, l'outil rescapé des derniers "radsocs" du sud-ouest, ne divulgue guère d'informations anticonformistes ! Son patron, Jean-Michel Baylet, actuel ministre de l'aménagement du territoire et de la ruralité, récupéré par François Hollande, peut, sans aucun état d'âme, participer au plus droitier des gouvernements "de gauche" de la Ve République.

Quant aux partis qui se voudraient "la gauche de la gauche", de Lutte Ouvrière (LO) au Parti ouvrier internationaliste (POI), en passant par le nouveau parti anticapitaliste (NPA), et j'en passe, ces organisations de plus en plus groupusculaires, en perdition, accueillent certes encore des militants mais, restés quasi militarisés, uniformisés, doctrinaires, ils se convainquent plus que ceux qui veulent bien encore l'être.

Bref, si l'on sait plus que jamais où se situe la droite, on ne sait plus où se trouve la gauche devenue contradictoire, infidèle à elle-même et sans projet de civilisation. « Gauche » et « droite » ne recouvrent plus des domaines clairement démarqués, au point que beaucoup de citoyens s'interrogent sur la pertinence de l'emploi de ces vocables de plus en plus imprécis et confus.

2 – Les partis sont tous devenus incapables de représenter les citoyens

La gauche en définitive (ou du moins ce qu'il en reste), celle qui se veut fidèle aux travailleurs, aux pauvres, aux exploités, n'existe plus qu'en dehors des partis. Envisager d'être l'élu d'une formation politique, c'est entrer dans un piège où l'on sera formaté, conditionné, transformé en élite, peut-être capable de faire tourner les rouages du pouvoir d'État, mais inapte à se mettre à l'écoute du peuple tout entier.

Le jugement prédictif de Simone Weil, (dans sa Note sur la suppression générale des partis politiques, écrite en 1940), trouve, de nos jours, sa pleine signification : les partis sont incompatibles avec la politique. Ils ne peuvent soutenir pas l'intérêt général. Ce sont des machines à conquérir le pouvoir central, faites pour excommunier les mal pensants, comme peuvent le faire des églises.

Les partis ne représentent même plus leurs propres électeurs et ce pour deux raisons suffisantes. D'une part, parce que les élus font carrière : la politique est leur métier et ils ne peuvent être libres dans leurs jugements puisque leur sort, y compris matériel, dépend de leur fidèlité, et même de leur soumission, à l'organisation qu'ils servent et à laquelle ils s'asservissent. On ne peut, dans cette optique, représenter qu'une trop faible partie du peuple. D'autre part, parce que le manque de liberté de penser, de mobilité intellectuelle, de curiosité philosophique interdit de s'adapter aux évolutions produites par les transformations technologiques et culturelles qui se produisent au rythme de l'histoire. Quant à envisager une organisation démocratique plus souple, plus horizontale, plus collaborative, plus créative, plus ouverte sur la planète, il ne peut plus en être question.

Il n'est, dans ces conditions, de politique que politicienne, c'est-à-dire un art de la parole et de la communication faits non pour convaincre mais pour séduire, détourner, inciter les électeurs à effectuer des choix par défaut, et non plus par conviction. La politique, celle du service public prioritaire, est à réinventer. Le PS est devenu, comme tous les partis de droite, un parti de gestion de l'opinion, organisateur de mise en orbite d'une personnalité en charge d'effectuer les compromis entre le politique et l'économique. Le PS, à son tour, comme tout autre parti dit "de gouvernement", a donc rejoint cette pratique politicienne du pouvoir. Le strict bipartisme, selon le modèle américain, permet que se réalisent des alternances. Les néoconservateurs de l'ex gauche se placent à l'envers de la médaille du pouvoir, le côté face restant tenu par une coalition toujours dominée par l'ex UMP devenue Les Républicains. Ce bipartisme (que ne cassera pas la montée de Front National) est conforté par les institutions de 1958 mais il s'est définitivement éloigné du gaullisme.

En effet, de révision en révision, sans qu'il ait été besoin d'effectuer un renversement de régime, a été mis de côté le principe même que De Gaulle avait institué et pratiqué : le chef de l'État, doit diriger cet État au-delà et au-dessus des partis, et il doit vérifier constamment que le peuple l'approuve en sa majorité. Désavoué, en 1969, "le Général" partit. Pour lui, toute cohabitition ne pouvait être qu'anticonstitutionnelle et politiquement insensée !

3 – « La monarchie républicaine » a conduit à la restauration des privilèges.

C'est pourtant dans cet univers de complicité que la politique française à sombré. Du gaullisme de De Gaulle est resté le Président-monarque mais a disparu le respect de la volonté populaire. Les gaullistes de conviction ont d'ailleurs disparu tout comme les communistes partageux, et à la répartition des rôles principaux, après guerre, entre l'UNR et le PCF, a succédé, plus tard, comme disait Jean-Marie Le Pen – et, malheureusement, il eut raison- l'UMPS, cette entente contre nature rendue finalement acceptable puisque cela permettait la gestion des mêmes intérêts : ceux des privilégiés de tous ordres.

Nous savons, depuis quelques années, que se rapproche, en France comme ailleurs, un moment de vérité historique. On ne peut, en effet, ni ouvertement ni même en faisant semblant, gérer une société dans le mépris de la volonté du plus grand nombre : la défense des intérêts mêmes de la grande majorité de l'espèce humaine menacée sur la planète entière. À l'exploitation de l'homme par l'homme, qui n'a jamais cessé, s'est surajoutée l'exploitation des ressources de la Terre par une minorité de Terriens s'étant appropriée les biens communs, sans que les peuples aient vu venir le mauvais coup.

Les Droits de l'Homme, (qu'il vaut mieux nommer les Droits humains), ont besoin d'une révision majeure car la propriété ne peut plus être un droit quand elle confisque la richesse au seul bénéfice des riches2. L'accumulation du capital et sa très inégale répartition sont désormais ressentis comme insupportables et ne perdurent que par l'usage du mensonge ou/et de la force.

Le PS s'est, parfois contre son gré, retrouvé au centre de cette perversion démocratique (d'aucuns pensent le centre, en 1956 - avec la guerre d'Algérie conduite par Guy Mollet - puis en 1983 – avec l'abandon du socialisme économique par le choix de François Mittrerrand et de ses soutiens). On n'a, du reste, pas tardé à prétendre qu'il n'est de démocratie possible que dans le système économico-libéral. (La démocratie n'existerait que dans « le monde libre », c'est-à-dire en Occident).

Le PS aura, pour perpétrer cette trahison, réuni des élites devenues coupables d'une faute suprême : convaincre des foules entières qu'il était toujours au service de  l'égalité, alors qu'il abandonnait la solidarité avec le monde du travail. Pire peut être, ces mêmes élites n'ont consacré aucune part de leur temps et de leurs savoirs à effectuer les recherches et les travaux sociologiques et politiques permettant de préparer le passage d'un siècle à l'autre, d'un socialisme épuisé à un autre, d'une conception productiviste de l'économie à une nouvelle approche de la mondialisation où une faible partie de l'humanité ne pourrait plus jamais s'enrichir aux dépens du reste de l'espèce humaine.

Ainsi sommes-nous parvenus aux portes de nouveaux conflits qui ne sont plus principalement des guerres entre États mais qui sont l'explosion de rages ultraviolentes où  s'exprime le dégout et la haine de l'Occident ! La fuite des réfugiés, pris dans cette tourmente mortelle, n'a pas éclairé les dirigeants européens ou nord américains. Progressent, en regard, des nationalismes, qui se replient sur des espaces et des concepts du passé. La haine se dresse face à la haine et tous les péchés du monde sont, ainsi, attribués à l'Islam, une religion ni meilleure ni pire que d'autres...

4 – La démocratie trahie, muée en une démocratie d'apparence est à renverser.

La démocratie n'aura été qu'une façade aimable derrière laquelle se cachaient les vrais détenteurs d'un pouvoir impitoyable, comme on l'a constaté, jusqu'à son paroxysme, au cours du XXe siécle, le plus cruel et le plus meurtrier de toute l'histoire humaine.

Démocratie libérale et démocratie populaire n'ont reculé devant aucun crime pour installer leur domination sans partage, (les USA et l'URSS n'ayant été que les principales figures de proue de cet univers désastreux).

Pourquoi a-t-il fallu un Pape pour que s'expriment, hautement, les exigences de la solidarité, du partage, de la non-violence et de la priorité à accorder aux pauvres, aux démunis, aux exploités ? Pour un peu, on taxerait François, le dernier évêque de Rome, de traître à sa religion, de crypto-communiste doublé d'un anarchiste fauteur de désordre, coupable d'encourager l'utopie écologiste par une encyclique de rupture avec tout ce que croient et proclament les puissants et les riches. Bref, il est des retours à la lettre même de l'Évangile considérés comme mal venus et inopportuns, surtout si c'est par la voix du chef de l'Église catholique qu'ils ressurgissent. Qu'arrive-t-il donc à cette Église après tant de siècles de compromissions, sans état d'âme, avec les princes, les rois, les empereurs et la plupart des chefs d'États occidentaux qui dominaient, impunément, la Terre et tous ses habitants ? Y aurait-il des raisons cachées et majeures obligeant le Vatican à opérer cette véritable rupture avec des pratiques et des déclarations doctrinales antérieures ?

Nous voici amenés à nous interroger, de façon neuve et exigente, sur les causes profondes d'erreurs mortelles si nous ne voulons pas que se reproduisent, en pire avec les moyens d'extermination actuels, ces temps de fin du monde tels que les ont connus, au Xxe siècle, des centaines de millions d'humains, dans les camps de la mort, les goulags, à Verdun, à Dresde, à Auschwitz, à Hiroshima et en mille lieux encore, là où ont régné l'esclavagisme, le colonialisme et tous les totalitarismes.
Il y a de quoi, certes, devant pareille tâche être tenté de baisser les bras, mais avons-nous la possibilité même de contempler notre impuissance ? Non, nous n'avons pas le choix3 et ne pouvons plus dire : "il en a toujours été ainsi et nous n'y pouvons rien". D'abord, parce qu'il faut, sinon, arrêter de donner naissance à de nouveaux humains décidément sans avenir. Ensuite, parce que ce serait reconnaître la primauté irréversible du mal dont il faudrait se résigner à devenir le serviteur. Admettre que la violence est inéluctable constitue la justification du suicide, comme l'observait déjà Albert Camus4.
 C'est bien pourquoi les partis ont fait leur temps puisqu'ils ne peuvent répondre à ces questions fondamentales (et tout particulièrement le PS puisque, lui, ou du moins nombre de ses membres, sont passés de l'utopie féconde à la realpolitik, sans regret et sans vergogne). Ces outils-partis sont obsolètes parce qu'ils visent des fins récusables définitivement. La conquête du pouvoir pour le pouvoir, comme la recherche du profit pour le profit, réduisent la sphère du bonheur, ou tout au moins du plaisir, à une partie de l'espace terrestre, ce qui est contraire aux idéaux mêmes que toutes les familles politiques ou presque ont, à une époque ou à une autre, mis en avant. Le libéralisme sans liberté, l'égalitarisme sans égalité, le communisme sans fraternité, l'universalisme sans universalité..., de trahisons en trahisons les donneurs de leçons de vie ont perdu leur crédit.
Constater que tout est à rebâtir conduit à penser que la tâche est au-dessus de nos forces mais, décidément que faire d'autre sinon tenter l'impossible. Toute politique "réaliste" est marquée du sceau du renoncement et de la résignation et ainsi se condamne elle-même.
"Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot, te mettre à rebâtir”5
Ces tout premiers vers du vieux poème (1910) de Rudyard Kipling sont soit naïfs, soit prémonitoires. Être un homme c'est "cent fois sur le métier remettre son ouvrage", comme nous y invitait déjà Nicolas Boileau. Certaines des vieilles formules qu'on a cru usées gardent une charge dynamique selon l'état d'esprit dans lequel on les aborde. Baisser les bras, c'est mourir et pas seulement quitter le monde des survivants, c'est laisser triompher les forces de la mort, celles de la dictature comme celles du désespoir définitif.
Il y a pouvoir et pouvoir, le pouvoir sur les autres et le pouvoir d'agir. L'un mène à la guerre, l'autre conduit à prendre en main sa vie.
Ainsi écrivait et s'exclamait un poète encore, Paul Éluard :
" Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer liberté "6.

Quelle liberté ? Une liberté exercée sur soi, par soi, pour soi et pour tous nos égaux en humanité ( mais jamais sur autrui qui ne peut devenir notre chose, notre esclave, ni même, seulement, notre inférieur !). Retournons donc les mots, redonnons leur le sens qui leur a  été volé, confisqué, ajoutons y les apports nouveaux que la culture fait progressivement découvrir. Là est la révolution, le renversement dont le monde entier a besoin, d'urgence, afin d'abolir effectivement, mais pour de bon, tous les privilèges.

Le 18 mai 2016

par Jean-Pierre Dacheux



1Pierre Dardot et Christian Laval, Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle, éditions La Découverte, 2014, poche (2015).
Et des mêmes : Pierre Dardot et Christian Laval, Ce cauchemar qui n'en finit pas, Comment le néolibéralisme détruit la démocratie, éditions La Découverte, 2016.
2Michael J. Sandel, Ce que l'argent ne saurait acheter, éditions du Seuil (Points économie), 2014.
et du même auteur Michael J. Sandel, Justice, paru en 2009, traduit en français en 2016.
3Antoine Peillon, Résistance, éditions du Seuil, mars 2016.
4 - Albert Camus, Le mythe de Sisyphe, essai sur l'absurde, éditions Gallimard, 1942.
Selon Camus le suicide n’est pas la meilleure solution à adopter face à l’absurde.
« Y a-t-il une logique jusqu’à la mort ? ». Le monde qui nous entoure, ainsi que notre propre psychologie, nous sont étrangers dans la mesure où nous ne pouvons pas les saisir. Pour quelles raisons nous a-t-on fait venir ? Face à ces questions métaphysiques insoutenables le suicide est un choix négatif. Prendre conscience de soi a toujours quelque chose d’angoissant. L’individu qui choisit de vivre n’a qu’une issue face à l’absurde, celle de la révolte.
5 - Rudyard Kipling, Si..., poème écrit en 1895, publié dans Rewards and Fairies en 1910, traduit en français, en 1918, par André Maurois.
6 - Le poème Liberté, écrit en 1942, figure dans : Paul Éluard, Œuvres complètes, tome 1, La Pléiade 1968, p. 1608.

dimanche 27 mars 2016

Un Pape qui parle pour ceux qui se taisent

 Cet homme est vraiment un chrétien. On peut ne pas le suivre. 
On ne peut pas ne pas l'entendre. Il ne parle pas qu'aux seuls catholiques.

Texte intégral de la prière de supplication du Pape François : 
«Ô Croix du Christ», le 25 mars 2016.

«Ô Croix du Christ, symbole de l’amour divin et de l’injustice humaine, icône du sacrifice suprême par amour et de l’égoïsme extrême par stupidité, instrument de mort et chemin de résurrection, signe de l’obéissance et emblème de la trahison, échafaud de la persécution et étendard de la victoire.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dressée en nos sœurs et nos frères tués, brûlés vifs, égorgés et décapités avec des épées barbares et dans le silence lâche.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les visages des enfants, des femmes et des personnes, épuisés et apeurés qui fuient les guerres et les violences et ne trouvent souvent que la mort et tant de Pilate aux mains lavées.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les docteurs de la lettre et non de l’esprit, de la mort et non de la vie, qui au lieu d’enseigner la miséricorde et la vie, menacent de punition et de mort et condamnent le juste.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les ministres infidèles qui au lieu de se dépouiller de leurs vaines ambitions dépouillent même les innocents de leur dignité.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les cœurs endurcis de ceux qui jugent facilement les autres, cœurs prêts à les condamner même à la lapidation, sans jamais s’apercevoir de leurs propres péchés et de leurs fautes.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les fondamentalismes et dans le terrorisme des adeptes de certaines religions qui profanent le nom de Dieu et l’utilisent pour justifier leurs violences inouïes.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui en ceux qui veulent t’enlever des lieux publics et t’exclure de la vie publique, au nom de quelque paganisme laïc ou même au nom de l’égalité que tu nous as toi-même enseignée.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les puissants et dans les vendeurs d’armes qui alimentent le four des guerres avec le sang innocent des frères.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les traitres qui, pour trente deniers, livrent n’importe qui à la mort.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les voleurs et les corrompus qui au lieu de sauvegarder le bien commun et l’éthique se vendent dans le misérable marché de l’immoralité.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les sots qui construisent des entrepôts pour conserver des trésors qui périssent, laissant Lazare mourir de faim à leurs portes.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les destructeurs de notre “maison commune” qui par leur égoïsme ruinent l’avenir des générations futures.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les personnes âgées abandonnées de leurs proches, dans les personnes avec un handicap et dans les enfants sous-alimentés et écartés par notre société hypocrite et égoïste.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans notre Méditerranée et dans la Mer Égée devenues un cimetière insatiable, image de notre conscience insensible et droguée.


Ô Croix du Christ, image de l’amour sans fin et chemin de la Résurrection, nous te voyons encore  aujourd’hui dans les personnes bonnes et justes qui font le bien sans chercher les applaudissements ou l’admiration des autres.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les ministres fidèles et humbles qui éclairent l’obscurité de notre vie comme des bougies qui se consument gratuitement pour éclairer la vie de ceux qui sont les derniers.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les visages des sœurs et des personnes consacrées – les bons samaritains – qui abandonnent tout pour panser dans le silence évangélique, les blessures de la pauvreté et de l’injustice.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les miséricordieux qui trouvent dans la miséricorde l’expression la plus haute de la justice et de la foi.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les personnes simples qui vivent joyeusement leur foi dans le quotidien et dans l’observance filiale des commandements.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les repentis qui savent, de la profondeur de la misère de leurs péchés, crier : Seigneur, souviens-toi de moi dans ton Royaume !

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les bienheureux et dans les saints qui savent traverser l’obscurité de la nuit de la foi sans perdre la confiance en toi et sans prétendre comprendre ton silence mystérieux.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les familles qui vivent leur vocation au mariage avec fidélité et fécondité.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les bénévoles qui secourent généreusement les personnes dans le besoin et celles qui sont battues.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les persécutés pour leur foi qui dans la souffrance continuent à rendre un témoignage authentique à Jésus et à l’Évangile.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les rêveurs qui vivent avec un cœur d’enfant et qui travaillent chaque jour pour rendre le monde un peu meilleur, plus humain et plus juste.

Dans ta sainte Croix, nous voyons Dieu qui aime jusqu’au bout, et nous voyons la haine qui fait la loi et assèche les cœurs et les esprits de ceux qui préfèrent les ténèbres à la lumière.

Ô Croix du Christ, Arche de Noé qui a sauvé l’humanité du déluge du péché, sauve-nous du mal et du malin ! Ô Trône de David et sceau de l’alliance divine et éternelle, réveille-nous des séductions de la vanité ! Ô cri d’amour, suscite en nous le désir de Dieu, du bien et de la lumière.

Ô Croix du Christ, enseigne-nous que l’aube du soleil est plus forte que l’obscurité de la nuit.

Ô Croix du Christ, enseigne-nous que l’apparente victoire du mal se dissipe devant le tombeau vide et face à la certitude de la Résurrection et de l’amour de Dieu que rien ne peut vaincre ou obscurcir ou affaiblir. Amen !»

jeudi 24 mars 2016

Du terrorisme et des terroristes


« Une organisation terroriste est une organisation dont l'objectif ou le moyen d'action principal, revendiqué et assumé comme tel, est le meurtre de civils innocents. »1

« Un État est une communauté humaine qui revendique
le monopole de l’usage légitime de la force physique sur un territoire donné. »2

On ne naît pas terroriste.
On n’est pas terroriste par essence !
On le devient.

Le terrorisme ne se résume pas à l’usage de la violence.
Il se présente comme un droit à tuer. Y compris des civils.
Avec des motivations très diverses, politiques, religieuses ou racistes.

Le terrorisme implique des individus, mais pas seulement.
Les États terroristes existent depuis toujours.
Et le meurtre ou la torture de masse sont pires que les assassinats individuels.

Tout pouvoir assis sur la force est en peu ou prou terroriste.
Chaque État qui dispose du « monopole de la violence légitime » devient terroriste.
De nos jours, la puissance et la sophistication des armes engendrent et augmentent le terrorisme.

On est toujours le terroriste de quelqu’un.
De Gaulle fut déclaré terroriste et déchu de sa nationalité
Yasser Arafat, aux yeux des Israéliens, fut un terroriste.

Ben Gourion fut considéré comme terroriste par la Grande-Bretagne.
Le terrorisme juif a précédé et suivi l’annexion de la Palestine par Israël.
Et depuis 1948, terrorisme et contre-terrorisme n'ont pas cessé de s'opposer.

De même, Nelson Mandela fut-il condamné comme terroriste.
L’ancien président sud-africain, resta même, jusqu’en 2008,
présent sur la liste noire américaine du terrorisme.

Tout combattant qui se dresse contre un État est réputé terroriste.
Les résistants luttant les armes à la main contre les nazis, de 1940 à 1945,
Furent qualifiés de terroristes, jugés et exécutés comme tels.

Les États totalitaires n’ont pas été tous immédiatement qualifiés de terroristes.
Le 3e Reich allemand, l’URSS stalinienne, La Chine de Mao Tse Tung, entre autres,
finirent pourtant par l'être car le meurtre de masse leur fut un outil politique !

Tous les génocides survenus au XXe siècle furent, par nature, terroristes.
La Shoah, l’extermination des Juifs et Tsiganes, ne fut pas le seul génocide nié ou oublié.
Partout, on a voulu, organisé et perpétré l’éradication totale de peuples entiers.

En Turquie, au Cambodge, au Rwanda, au Timor-Oriental, en Australie, au Congo,
à Madagascar, en Ukraine, en Chine, en Australie, aux États-Unis dès le XIXe siècle...,
Les armées officielles ont beaucoup plus assassiné « légalement » que les bandes de brigands !

Les massacres indonésiens, le génocide arménien de 1915, l’élimination des Aborigènes d’Australie, 
le colonialisme belge ultra violent au Congo, les Malgaches tués en en 1947,
et bien d’autres crimes d’État furent tous décidés pour soumettre des populations par la terreur.

Ce rappel historique ne minimise en rien les horribles attentats commis en France et en Belgique 5201.
Sans effectuer de comptabilités morbides, il faut admettre, cependant,
que les guerres proche-orientales ont, depuis 2002 bien davantage tué que tous les terrorismes.

Pour éliminer le terrorisme, il faut en supprimer les causes.
Le salafisme, cette religion dévoyée, n’est pas seul responsable.
Les États d’occident, prédateurs et dominateurs, ont, par leurs excès, motivé aussi les assassins.

Car nous nous interrogeons trop peu sur les raisons qui ont conduit
des Français ou ds Belges, jeunes, à sombrer dans le fanatisme et le crime.
Reconnaissons que nous n’avons pas encore « purgé » notre passé colonial aux effets restés dévastateurs !

Vaine querelle, ainsi, à propos de la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie :
La date du 19 mars rappelle la fin de l’empire colonial français.
Cela suffit à faire ressurgir les rancœurs et les haines chez certains de nos compatriotes.

Ceux qui voulaient l’Algérie française n’ont jamais admis que la France
soit devenue en partie algérienne ou marocaine ou tunisienne…, voire malienne !
Et moins encore musulmane.

Là se trouve, pourtant la clef explicative des erreurs et des folies
de ceux qui, à l’abandon, souvent sans avenir professionnel,
ont cherché en vain un sens à un engagement en Syrie, quitte à se « radicaliser » comme on dit…

Qu’avons-nous fait, pour accueillir, non pour intégrer (cela ne se fait qu’avec le temps),
les enfants et les petits enfants de ceux que nous sommes allés chercher et avons employés, hier ?
Le racisme et le mépris ont laissé trop de traces dans nos mœurs et créé des ghettos.

Le terrorisme n’est pas seulement la conséquence d’un fanatisme.
Ce n’est pas non plus seulement la rage de ceux qui se constatent sans avenir.
C’est aussi l’une des manifestations épouvantables de conflits internationaux sans solution.

Surveillance, renseignement, police et armée ne suffiront jamais à installer la paix.
Il faut donner leur citoyenneté à ceux qui n’en ont pas, plus, ou pas assez.
Bref, il s’agit de rendre aux Français non encore acceptés comme tels, toute leur place.

La France n’y est pas prête.
Elle est atteinte du virus nationaliste et identitariste.
Pourtant, lutter contre le terrorisme commence en France.

Pas en Syrie, en Lybie, au Mali, en Centrafrique, ou ailleurs.
On n’écrasera pas le terrorisme sous des bombes elles-mêmes terroristes.
Finissons en avec la Françafrique politique et économique qui nous fait tant haïr.

1 Selon Nicolas Tavaglione, philosophe, professeur de science politique à l’Université de Genève.
2 Max Weber, Le savant et le politique, 1919, rédité en 2002 chez 10/18

lundi 15 février 2016

L'écologie n'est pas socialo-compatible.


Trois nouveaux ministres se réclamant de l'écologie viennent de la trahir !
Se fourvoyer au sein d'un gouvernement social-libéral était et reste suicidaire.
Ceux qui s'y étaient essayé, dans le gouvernement Ayrault, ont déchanté.
Ceux qui viennent d'entrer dans un exécutif Vals, en fin de parcours, ne pèseront pas et se sont déconsidérés.

EELV a cessé d'être l'outil pouvant faire progresser l'écologie politique.
Mais, depuis qu'est né le mouvement écologiste, ne savait-on pas déjà qu'un parti ne peut jouer ce rôle ?
C'est, aujourd'hui, dit Noël Mamère, une formation « en soins palliatifs ».
Autrement dit, c'est un instrument usé, obsolète, mort.

Sera-ce la chance de l'écologie de devoir se refonder en actes et en idées ?
D'André Gorz à Nicolas Hulot, puis à Pierre Rhabi, on sait dans quelle direction aller
Fondateur des Verts, René Dumont, se disait « à la gauche de la gauche », radicalement anti-capitaliste.
Sans un retour aux sources, l'écologie n'aurait plus aucune expression spécifique et autonome.

La radicalité n'est pas l'extrêmisme. L'écologie est radicale ; elle n'est pas dans l'excès.
La gauche, dans toutes ses composantes, est à repenser quitte à changer de nom.
L'écologie en est désormais le cœur.
Car, par-dessus tout, il y a incompatibilité entre l'écologie et l'économie libérale.

Le pouvoir ne se prend plus par les urnes ni d'ailleurs par les armes.
Il se prend par la vie, par l'échange et le débat qui construit l'opinion.
Ainsi le veut l'écologie : la politique a changé d'âme et les schémas classiques sont dévalués.
L'opposition public-privé, par exemple, ne recouvre plus totalement le conflit droite-gauche.

L'État n'est pas tout le public et l'en commun déborde l'initiative privée ou l'entreprise.
L'écologie a rejoint les coopératives, les mutuelles, les associations « à but non lucratif », toutes à revitaliser.
La privatisation, qui en est le contraire, est même voulue et organisée par les gouvernements !
L'abandon par la social-démocratie de ces outils anticapitalistes a engendré une rupture.

La fin des privilèges, proclamée pendant la nuit du 4 août1789, n'est plus garantie par l'État.
L'intérêt général, né au XVIIIe siècle, avec Rousseau, n'est plus assuré par « les pouvoirs publics »
La chose publique, la res-publicae, la République elle-même, ne s'appuie plus guère sur les services publics.
L'écologie n'est concevable que dans une société qui se libère du pouvoir de la finance

L'écologie est, dès lors, la remise à l'endroit de l'économie : la bonne gestion de « la maison commune ».
Elle privilégie le travail face au capital.
Car le travail est beaucoup plus que l'emploi qui ne cesse de régresser en temps et en effectifs.
Le temps de la croissance est révolu.

Les citoyens ont à prendre leur vie en main et s'ils le veulent ils ont à en prendre les moyens
Ils n'ont plus à être gouvernés mais à se gouverner.
L'utopie écologique a cessé d'en être une.
C'est de croire en la perpétuation d'un modèle économique dépassé qui est utopique car non pérenne.

La révolution n'est plus une bataille pour la conquête violente du pouvoir !
C'est un renversement idéologique.
Il accompagne une mutation irréversible qui se produit lentement.
Les tenants de l'écologie ont d'abord à expliquer, à accompagner et à organiser cette mutation.

Vouloir « avoir des places et des postes » pour pouvoir agir écologiquement sur le réel est vain et stupide.
C'est une trahison parce que c'est tourner le dos à l'avenir qu'on ne peut plus envisager différent.
C'est penser la politique comme on la pensait au siècle dernier et même avant.
C'est penser trop court et conduit à faire des compromis qui sont des compromissions.

Laissons mourir un petit parti écologique inefficace mais faisons vivre l'écologie.
Laissons le social-libéralisme lui-même se détruire dans l'État et les partis qui le soutiennent actuellement.
N'accompagnons pas une fin de règne programmée : l'écologie à tout à y perdre.
Dépassons les logiques électorales qui nous piègent et qui ramèneront la droite extrême aux affaires.

Programmons, au contraire, notre mise en perspective politique :
Sortons des institutions monarchiques qui permettent l'autoritarisme totalitaire.
Opposons-nous à la démocratie inégalitaire qui n'a plus rien de démocratique.
Libérons la politique de la domination économiste.

Nous devons penser la France dans le monde au lieu de mondialiser la France !
Abandonnons ce qui nous ruine à commencer par les nucléaires.
Formons tous les citoyens en permanence plutôt que de sombrer dans l'élitisme.
Donnons à chaque humain assez pour vivre en partageant entre tous nos richesses.

Ne nous contentons pas de respecter la nature, mais remettons-y l'homme à sa place.
Vivons dans cette « Maison commune » ou Gaïa, la Terre-mère, sans en épuiser les ressouces.
Opposons-nous aux puissances qui veulent, indûment, dominer la planète et l'exploiter.
Préparons les générations nouvelles à cet autre monde qui vient.

La « trahison des clercs » (des intellectuels, des chercheurs, des universitaires) est la plus grave.
On oubliera vite les Placé, Pompili et autre Cosse.
Ils se sont trahis eux-mêmes et ont perdu ainsi, hélas, leur droit à la considération.
La pire trahison aura été, de fait, le renoncement à l'écologie politique elle-même.

Car Vals, Hollande et nombre de ministricules sont hostiles à toute écologie.
Ils sont infréquentables, ils ont été les premiers à se trahir et il n'y a rien à attendre d'eux.
L'abstention massive, la montée du FN, la banalisation de l'idéologie libérale l'ont déjà démontré.
Le désespoir des sans emplois, l'égoïsme d'État qui fustige les réfugiés le prouvent tout autant...

La déchéance de la nationalité n'est pas à installer dans la constitution : elle est déjà dans toute la société !
Il y a inégalité entre les citoyens, on a séparé les bons et les mauvais et fondé l'ordre sur la répression.
Là n'est pas la Cité réelle, c'est devenu un corps social brutal, sans vitalité, sans projet commun.
Mais la trahison des trahisons, c'est d'avoir installé la réussite dans le culte de l'argent.

Ceux qui tolèrent cette médiocrité politique, cette absence de créativité, génèrent la violence.
On déplore, on dénonce, on prétend combattre le terrorisme, mais sans savoir l'expliquer.
On ne vient pas à bout du fanatisme par des discours et des bombes.
Il faut en éradiquer les causes idéologiques, ce qu'on ne fait pas ou que l'on fait mal.

L'écologie politique c'est l'art du vivre sur Terre, ensemble, avec tout le vivant.
Notre civilisation ne se fonde pas encore sur cette proximité de l'animal, du végétal et du minéral.
Elle ne sait la regarder, l'entendre, l'aimer et elle lui préfére la concurrence et la rivalité.
Toutes les trahisons, petites et grandes, se rejoignent dans cette trahison de notre espèce.

De siècle en siècle, se sont élargis les domaines de la violence.
Nous avons progressivement éteint les lumières de l'espérance.
Il nous est offert de survivre en attendant la mort : ultime trahison.
La seule politique qui vaille est celle qui donne envie de vivre, d'agir et qui ouvre des futurs heureux.

Ce sont l'écologie et pas l'écologisme, les écologues et pas les écologistes qui fondent la politique.
L'écologue n'est pas qu'un scientifique, c'est un bâtisseur de projets à venir.
« Il n'est plus, désormais, de politique, d'organisation du vivre ensemble sur Terre, qu'écologique ».
Cette phrase, écrite le 5 décembre 2015, je la maintiens et la re-signe.



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