À la veille du 1er mai, Nicolas Sarkozy annonçait son intention d’en finir avec mai 1968. Retour donc à l’ordre, la discipline, l’obéissance, le mérite, le travail, le respect de l’autorité...
Dans le mouvement qui, en 1968, a entrainé, pendant des semaines, la France tout entière vers de nouveaux temps, il y a eu sans doute, mélangés, du neuf et des scories. Le tri entre les apports réels et les emballements passagers s’est fait au fil des ans. On ne reviendra pas sur les transformations sociales qui ont abouti à un bouleversement des mœurs. De Gaulle lui-même, dont l’autorité avait, en juin 1968, permis de balayer “la chienlit”, n’avait pu résister longtemps à cette modification des mentalités.
La restauration annoncée du pouvoir des forts ne va pas se faire sans résistances. Le petit Bush à la française ne conquerra pas l’opinion longtemps en usant des thèmes faussement rassurants du retour à un âge d’or (comprendre l’époque sans alternance, quand la contestation était bien délimitée, confiée à un autre parti de l’ordre, le PCF, servant d’exutoire à la colère populaire, mais en aucun cas capable d’accéder aux responsabilités gouvernementales).
Nicolas Sarkozy est le dernier et fort rempart des tenants d’une société dont ne subsiste que le squelette. Les Français tiennent à leurs repères, aux formes, mais ils vivent dans le réel aussi. Ou bien, le 6 mai, ces formes devaient être maintenues, pour un temps, faute de repères nouveaux identifiables, ou bien ces formes devaient exploser parce que le monde n’est plus celui que nous avons connu, et alors Ségolène Royal aurait été l’instrument de ce changement, qu’au fond elle ne voulait pas, et auquel elle n’aurait pu s’opposer.
N’était-ce qu’un rêve? Je ne le crois pas. L’univers dans lequel circule Nicolas Sarkozy n’est pas celui où vivent la majorité des hommes. Sa sortie sur mai 1968 en est une illustration frappante. La société qu’il nous propose n’est pas assez complexe et répartit les vérités et les erreurs avec trop d’arrogance pour n’être pas fragile.
Non seulement on n’effacera pas mai 1968 de nos livres d’histoire, mais on continuera d’en explorer les motivations pendant longtemps encore. On n’a pas tout compris de cette explosion sociale que les organisations syndicales n’avaient pu ni prévoir ni contrôler.
Je regarde avec consternation, mais aussi beaucoup de curiosité, cet épisode de la vie politique française : il pourrait bien en sortir tout autre chose que ce que les discours de tous les candidats, y compris le vainqueur, ont annoncé.
mardi 8 mai 2007
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