samedi 1 mars 2008

Après nous le déluge?

C'est le titre d'un livre stimulant paru en 2006 (1). C'est aussi une invitation à choisir entre : continuer sans s'inquiéter de la suite et changer de vie pour qu'il y ait une suite.

Pendant ce temps la France éternelle se réjouit : l'armée de l'Air américaine a déclaré, vendredi 29 février, avoir choisi l'américain Northrop Grumman et l'européen EADS pour un contrat d'environ 35 milliards de dollars (23 milliards d'euros) de fourniture de 179 avions ravitailleurs, aux dépens de Boeing, qui était largement favori. Ce programme est la première étape d'un plan sur plusieurs décennies pour remplacer plus de 500 avions KC-135 utilisés pour notamment pour ravitailler des avions de combat. (2)

Tout est dit : le progrès, c'est de faire des avions. La croissance : c'est de remporter un contrat mirobolant quel qu'en soit le contenu. L'emploi, c'est travailler pour ceux qui payent et si c'est pour l'armée américaine, peu importe.

Ce que déplorent les syndicats, c'est que AEDS créera des emplois aux USA plus qu'en France. Qu'il s'agisse de donner des moyens supplémentaires à la première puissance militaire mondiale dont on voit la déplorable action en Irak ne fait pas question.

Nous restons à l'intérieur d'un système de pensée qui est sans avenir. Sont prononcés avec une égale conviction, et se juxtaposent, des discours enflammés et incompatibles. Parfois se sont les mêmes ténors politiques qui les lancent dans l'opinion qui, bien sûr, s'y perd, et ne sait plus où va le monde!

Lester R. Brown, fondateur du World Watch Institute, "l'un des 100 penseurs les plus influents de la planète, estime le Washington Post, affirme que le terrorisme constitue une menace réelle mais qui n'est pas, "et de loin, l'une des menaces principales de ce début de XXIe siècle". "Une instabilité politique sans précédent" peut surgir, dit-il, "des principales menaces que sont la croissance démographique, le changement climatique, la pauvreté, la raréfaction de l'eau, le renchérissement du pétrole et une éventuelle hausse des prix des denrées alimentaires". (3) En sommes-nous, tout comme lui, convaincus?

On ne peut tout faire à la fois! Où sont les urgences? En 1942, les USA ont bouleversé leur économie pour entrer en guerre face à un péril mondial, le nazisme. En 2008, si nous ne sortons pas des économies de guerre pour faire face à un nouveau péril mondial : la catastrophe écologique planétaire, tous nos projets économiques et politiques seront voués à l'échec. En clair, nous sommes "au seuil d'un nouveau monde" et c'est "au rythme de la préparation d'une guerre" qu'il s'agit de mettre en chantier la remise en état de la planète! "Sans restauration des écosystèmes du vivant, il n'y aura pas de progrès social". Penser la politique au niveau des seuls mandats électoraux revient à s'enfermer dans la recherche de victoires éphémères et sans efficacité réelle. Penser l'économie au niveau de la conquêtes de marchés est devenu une gigantesque duperie?

Le déluge qui peut nous submerger ne tombe pas du ciel! C'est dans nos contradictions, notre imprévoyance et notre enfermement intellectuel que nous nous noyons!

(1) Jean-Marie Pelt et Gilles Éric Séralini, Après nous le déluge?, Flammarion-Fayard, 2006.

(2) Source Agence Reuters : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-34525462@7-37,0.html

(3) Lester R. Brown, Le plan B; Pour un pacte écologique mondial, Calmann-Lévy, 2006.

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Le 3 octobre 2013.
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Jean-Pierre Dacheux

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