mercredi 16 décembre 2009

Régionales : l'heureuse fin des illusions.

Nous approchons d'un scrutin où se révèlera que rien n'a changé et que tout a changé.
Les partis continuent leurs petits jeux stériles qui bloquent toute expression politique populaire.



À droite, l'UMP a allumé un feu pour réchauffer les ardeurs nationalistes à son profit. Elle a soufflé sur les cendres du Front national. Le parti sarkoziste ne pourra, sur un scrutin proportionnel à deux tours, renouveler le coup de son demi-succès des Européennes...

Les partis-charnières huilent plus facilement leurs gonds quand s'approche le moment où se plie le scrutin, pour l'inévitable second tour. Le MODEM, dominé par sa haine de Sarkozy, regarde, avec gourmandise, une situation où tout se délite, et avec l'espoir qu'on ne puisse faire autrement que de faire appel à lui, pour dévorer le gâteau.

Dans l'ex-gauche, celle qui est méconnaissable pour avoir renoncé à ce qui l'a vu naître (la solidarité effective et non verbale avec les plus démunis et l'anticapitalisme conséquent), on va sauver les meubles. Le PS conservera la direction de nombre de régions, en bénéficiant de la solidarité antigouvernementale de second tour. Il se croira sauvé. Il n'en sera rien.

Dans la gauche dite "anticapitaliste", la chapelle a bouclé ses portes. Sauf exceptions, rares, le NPA fera cavalier seul. Son "antitoutisme" lui coutera cher, mais ça lui est égal. Le NPA ne pèse déjà guère plus lourd que la LCR : fin de partie pour Olivier Besancenot et ses amis. La rigidité a fait son œuvre mortifère.

Dans la gauche qui se dit volontiers "responsable", le PCF a calculé que, 17 fois sur 22, l'alliance avec le PG lui permettrait, au second tour, de sauver autant d'élus qu'en s'alliant au PS au premier tour. Ce calcul boutiquier a tué toute possibilité de rapprochement large. Le score "honorable" espéré signifiera qu'en dehors des habiles manipulations politiciennes des outils politiques, le vieux parti n'a plus même de raison d'être : il n'est qu'un organisme efficace de gestion des fins de carrières...

Dans la gauche dite "rénovée", le Parti de Gauche, en changeant de logo, n'a pas changé les méthodes: il s'est fait dominer par le PCF, dans une alliance où il va perdre sa nouvelle image écologiste, mais où il va gagner les élus régionaux dont il manquait. Mais cela va-t-il enthousiasmer les foules...?

La "fédération antilibérale, sociale et écologiste", ou FASE, a encore raté son coup. Elle en a pourtant déployé de l'énergie! Ses dévoués zélateurs en ont usé du temps! Les débats, sans fin, sur les contenus n'auront servi à rien. On ne fait pas de politique "autrement" sur les terrains de jeu où les règles sont non modifiables, depuis des décennies. La politique des partis, comme disait De Gaulle, (avant de créer le sien) triomphe souvent avant même que les citoyens ne votent.

Quant aux écologistes, ils vont profiter, moins qu'ils n'espèrent mais plus qu'auparavant, de toutes des ambigüités (auxquelles vont s'ajouter les leurs!). Sur un scrutin où n'est pas engagé le pouvoir central de l'État, alors que les thématiques écologistes se sont imposées, compte tenu de la volonté de sanctionner un gouvernement qui échoue et déçoit, alors que l'opposition parlementaire elle aussi déçoit, après la progression enregistrée lors des élections européennes de l'année précédente, les Verts et Europe-écologie, unis, vont obtenir un succès relatif mais flatteur.

Sur qui donc pourrait, en effet, se rabattre les électeurs mécontents, inquiets, et à la recherche d'un neuf qui ne vient jamais? Les Verts, plus ouverts que d'autres à des apports externes à leur formation, sont, actuellement, en position favorable et en phase ascendante. Reste que leur soif trop ardente d'une réussite immédiate et leur culte imprudent du compromis vont entamer leur antilibéralisme et donc affaiblir leur écologie. Des tâtonnements politiques vont, certes, permettre l'apparition non de forces structurées mais d'idées-forces nouvelles : les listes qui, ici où là, vont être présentées par l'Association d'objecteurs de croissance (ou ADOC) en font partie. Cela ne pèsera pas sur les résultats, dès mars prochain.

C'est donc la fin des illusions, mais à toute chose malheur est bon. Quand la dernière page d'un livre est tournée, il faut bien ouvrir un nouvel ouvrage... Et, en fait d'ouvrage, il n'en manque pas! Rien ne change mais tout change. Le prix à payer, en terme de souffrances, risque d'être très lourd mais, l'une après l'autre, les références obligées dans le débat politico-économique se brisent ou se dissolvent. Ce n'est pas seulement le cas de la croissance. Devoir "décarboner" l'activité industrielle, agricole et les transports bouleverse la société en ses profondeurs. Nul n'y est près. Nous allons tous avoir, cependant, à y travailler. C'est non seulement un défi historique, c'est un enjeu planétaire comme il ne s'en est jamais encore présenté devant les êtres humains.

Les élections régionales, dans ce contexte, n'ont qu'une importance relative. Mais rien n'étant à négliger (par exemple, en matière de révolution des transports en commun, de compétence régionale!), il faut que les citoyens parlent, crient, hurlent leur volonté. Les élus sont des exécutants. Quand ils sont les décideurs, c'est que le peuple non seulement a délégué ses pouvoirs, mais y a renoncé. Jean-Jacques Rousseau nous en avait averti : quand les représentants du peuple se substituent au peuple, il cesse d'être le souverain. La Terre est à tous. Préoccupons-nous en... En période de grande mutation, c'est particulièrement évident. Nous sommes entrés, sans le vouloir, dans une période "révolutionnaire" dont nous ne savons encore comment nous sortirons. Le laisser-aller et le laisser-faire constituent des fautes politiques majeures! Occupons-nous de nos affaires; occupons-nous de ce qui nous regarde, avec ou sans les partis politiques... Ou bien, ne parlons plus jamais de démocratie...



-"Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne." Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755).

samedi 12 décembre 2009

Les apories de Copenhague




La sirène de Copenhague méditerait-elle sur l'impuissance de l'humanité?

L'aporie, dit Le Robert est une difficulté d'ordre rationnel paraissant sans issue? Au sommet de Copenhague, plusieurs apories se présentent.

La première est que ceux qui ont le pouvoir de décider ne décideront pas ce qu'il faudrait décider parce qu'ils ne sont pas les maîtres de la décision.

En effet, "le système" comme dit Nicolas Hulot (comprendre le capitalisme) dirige ceux qui dirigent et ils ne feront pas hara-kiri. Ce qui produit l'effet de serre n'est pas touchable et, capitalisme vert ou pas, on ne changera pas, d'en haut, la civilisation qui détient le pouvoir sur Terre : la civilisation occidentale.


On ne sortira de la civilisation du carbone par décret.

Imagine-t-on le Conseil de sécurité élargi, sur le champ, à l'Inde, le Nigéria, l'Afrique du sud, le Brésil et quelques autres grands États capables de contester la domination anglo-saxonne et d'introduire la sécurité alimentaire et environnementale dans les prérogatives de ceux qui veillent sur les relations internationales?

Imagine-t-on la création d'une autorité mondiale capable d'imposer le respect des décisions qui n'ont pas été respectées à Kyoto et qui ne pourraient l'être à Copenhague : plus qu'une OMS, plus qu'une OMC, une OME (organisation Mondiale de l'Environnement) devant laquelle la volonté des États s'inclinerait?

Imagine-t-on surtout que la totalité des crédits qui ont été libérés pour sauver des banques le soient pour sauver la planète? Il n'en faudrait pas tant, mais, différence essentielle, l'argent du système ne peut sortir du système : les capitaux qui font tourner l'économie telle qu'elle est, ne peuvent être distraits pour réduire à la fois, (ce qui revient au même) : les effets de serre climatiques (enserrant la planète) et les effets de serre économiques (enserrant les populations exploitées).

Autre aporie : il faut décider vite ce qui demande du temps pour produire des résultats! Non seulement ce qui est à défaire ne peut être immédiatement défait, mais ce qui n'aurait pas dû être fait est déjà fait! Si, enfin, on reconnait que l'action humaine dérègle le climat, cela ne conduit pas à passer de la prise de conscience à la prise de décision! L'augmentation de deux degrés de la moyenne des températures sur Terre est acquise. Il n'est pas question de "refroidissement"! Il est question d'arrêter la surchauffe. Ceux qui doivent tenter de limiter cette évolution désastreuse ont des mandats trop courts pour être engagés indépendamment de la volonté de leurs mandants. Ils hésitent donc. Ils ne peuvent qu'hésiter. Les choix ultimes sont toujours en-deçà du nécessaire. Pour sauver la Terre, la démocratie, telle que nous la pratiquons, est insuffisante.


Non, la Terre n'est pas en feu. Ce sont ses habitants qui s'y suicident par le feu!

Reste à pratiquer une autre démocratie! Laquelle? Cela restera-t-il celle où la décision vient de ceux qui ont le plus (d'argent, de connaissance, d'autorité, de moyens de pression) et ne peuvent pas désirer, pour eux-mêmes, moins et d'avoir, et de savoir et de pouvoir? Allons-nous voir surgir, au contraire, celle où s'exprime la volonté de survie de ceux qui ont le moins, et sont donc les plus menacés? Cette dernière éventualité n'est envisageable que sous l'une ou l'autre de ces deux conditions : l'une est de l'ordre de la révolte violente, l'autre appartient à la non-violence de masse. Ou bien les peuples, en proie à l'angoisse, vont se dresser contre leurs dirigeants, mais aussi les uns contre les autres (pour manger, boire, trouver refuge...), ou bien les citoyens du monde vont se manifester, puis manifester publiquement, ensemble, avec une telle capacité de communication, d'exigence et de savoir faire, que la donne s'en trouvera changée. Utopie, certes! Le champ des utopies est, en effet, largement ouvert! Sans l'une d'elles, qui devra se révéler plus efficace que tout ce qui s'est jusqu'ici essayé, en politique, l'aporie finale restera : comment changer sans rien changer mais ce serait l'impasse, et alors, le terme de l'expérience humaine...

lundi 30 novembre 2009

Mexicaine, porcine, A, H1N1...



C'est à n'y rien comprendre... On n'insiste guère sur les risques de développement futur d'une pandémie liée aux mutations d'un virus qui n'a pas encore muté mais qui pourrait, un jour, muter! On se contente de la peur pour obtenir, sur le champ, le consentement à la vaccination!

Le monde entier est donc en pleine révolution grippale... L'OMS surveille, s'inquiète, incite. On vaccine à tour de seringues. Certains pays vivent dans l'affolement. Depuis des semaines déjà, en Ukraine, les habitants paniquaient. Allah aidant, la grippe n'est guère passée par la Mecque mais, en France, après le doute, les Français se pressent enfin dans les centres de vaccinations. Bref, l'information, matraquée, a fini par convaincre qu'il fallait se protéger contre un danger de mort qui pouvait se manifester n'importe où, et n'importe quand.

Les arguments les plus solides n'ont pas résisté à la déferlante vaccinale.

La grippe dite "ordinaire", annuelle, est-elle beaucoup plus tueuse que celle qui est sortie des usines à viande porcine mexicaines? Peu importe. On vaccine bien pour l'une, et depuis longtemps. On vaccinera aussi pour l'autre, en distribuant, en plus, l'angoisse.

Y a-t-il, sur Terre, actuellement, des maladies beaucoup plus redoutables, à commencer par le paludisme, qui exigeraient des recherches coûteuses et urgentes, pour tenter de sauver des centaines de milliers de vies humaines? Oui, certes, mais on préfère engloutir des crédits immenses pour faire face à cette grippe qui tue, mais qui ne tue "que" quelques milliers de personnes, si l'on dénombre toutes les victimes, pays par pays...

Y-a-il des inconvénients graves à ajouter des adjuvants qui peuvent entrainer des réactions fâcheuses chez les vaccinés? Eh bien, il y aura des vaccins sans adjuvants pour les femmes enceintes. En outre, la preuve du lien entre les troubles et les vaccins ne pouvant, en si peu de temps, être scientifiquement établie, on n'appliquera le principe de précaution que dans un seul sens : il y aurait, parait-il, plus de risques à ne pas vacciner qu'à vacciner.

Y a-t-il eu des "réactions allergiques graves" au Canada, liées à l'administration du vaccin? C'est la faute d'un lot anglais qui n'est pas utilisé en France, allègue Roselyne Bachelot, la ministre de la santé, ci-devant pharmacienne. Depuis des siècles qu'on nous explique qu'il faut se méfier des Anglais, on va bien finir par le croire...

Exemple sans pareil : une fillette, décédée à Nice, dit-on, "de la grippe A", était atteinte par "un asthme modéré" qui ne "saurait expliquer la cause du décès". S'il est inexpliqué, le décès n'est pas davantage lié à la grippe A, mais peu importe, Europe 1 et Nice-Matin omettent de souligner que l'enfant avait déjà été "hospitalisée, l'an passé, pour insuffisance respiratoire à la suite d'une grippe banale"... Je me rappellerai longtemps de ce 26 novembre où, à partir d'un seul cas, on a voulu démontrer "l'impérieuse nécessité de se faire vacciner" (sic), alors que ce même exemple pouvait prouver que, sous l'effet d'une grippe, A ou banale, et même sans grippe, on pouvait mourir d'une insuffisance respiratoire causée par l'asthme. Sans doute l'avions-nous oublié?


Diafoirus a gardé le pouvoir.

Les médecins généralistes protestent : seuls sont payés les médecins vaccinateurs, mais l'on ne vaccine pas dans les cabinets, seulement dans les centres spécialisés. Il y a du manque à gagner pour la profession. Et puis si tous les généralistes étaient associés à la campagne, on vaccinerait beaucoup plus. Le docteur Knock est scandalisé : il perd, ainsi, et la confiance et l'argent de sa clientèle... Que des médecins moins "intéressés" doutent, en général, de l'efficacité des vaccinations ou surtout de l'innocuité de cette vaccination-là : cela n'est que très rarement constaté par les médias.

Le Docteur Knock vous assure que vous serez bientôt malade


Ou bien nous voici au cœur d'une entreprise gigantesque de bourrage de crâne à intérêt mercantile, utile à la domestication des peuples par la peur (au moment où une mutation de société peut engendrer une panique planétaire), ou bien l'on ne sait pas comment prévenir un danger réel pour la santé humaine, dont tout ne nous est pas dit, et l'on ouvre le parapluie de la vaccination, "au cas où", pour rassurer et faire croire qu'on avait tout fait pour éviter ce qui, de toute façon, va se produire... Dans les deux cas, on on aura menti. Et un jour viendra où surgira un scandale monstrueux, à côté duquel celui du sang contaminé ou de la vache folle, n'auront rien été. La faculté, le Gouvernement, les médias et les chercheurs scientifiques tout en faisant semblant de parler d'autorité, marchent à tâtons. Comment les simples citoyens pourraient-ils s'y retrouver?

dimanche 22 novembre 2009

La France importatrice d'électricité!

Mardi, 18 novembre 2009, le Réseau de Transport d'Electricité (RTE), filiale d'EDF, a annoncé que la France a été importatrice nette d'électricité, tout le mois d'octobre, pour la première fois depuis l'hiver 1982-1983. Le seul jour du 19 octobre, la France a dû importer 123 GWh d'électricité, un record historique.

Traditionnellement exportatrice d'électricité, du fait de la taille de son parc nucléaire, la France a cependant dû importer, au mois d'octobre, 458 gigawattheures (GWh) d'électricité auprès de ses voisins européens.

Cette situation s'explique par les nombreux arrêts de réacteurs nucléaires en octobre, pour accidents et opérations de maintenance. Le parc nucléaire a aussi été victime de plusieurs accidents, notamment sur des générateurs de vapeur et des alternateurs. Début novembre, 18 des 58 réacteurs français étaient à l'arrêt, soit près d'un sur trois.

http://www.econologie.com/photo/carte_centrale_nucleaire_france.jpg

Les 58 réacteurs nucléaires français (qui fournissent 75% de l'électricité du pays) ont ainsi produit en octobre 8,9% d'électricité de moins qu'un an auparavant. La production des centrales hydrauliques a, elle, chuté de 19,7% en raison d'une plus faible pluviométrie.

EDF a annoncé la semaine dernière que la production nucléaire française allait chuter en 2009 à son plus bas niveau depuis 10 ans.

Selon l'AFP, le 17/11/09.

Heureusement que nos voisins, ayant peu ou pas de centrales nucléaires, peuvent, quand même, nous dépanner ...!

jeudi 15 octobre 2009

Un bien sans liens est un bien de rien.


Afficher l'image en taille réelleLes mots se bousculent et se recouvrent. L'un cache l'autre. La confusion s'ensuit. Rien n'est plus urgent que le discernement. Dans La Cité perverse, Dany-Pierre Dufour, professeur à l'université Paris VIII, expose que le culte de soi conduit à l'exhibition des pulsions. La promotion du plus, la volonté de possession de plus d'objets, plus d'argent, plus de plaisir, plus de tout, conduit au développement d'une société où le chacun pour soi autorise l'écrasement d'autrui.

Attention cependant, expose-t-il, de ne pas voir dans ce diagnostic un retour du moralisme! Morale, éthique, vertu, valeur, qualité, ont des sens voisins mais différents. Au nom du bien, combien de crimes n'a-t-on pas commis? Dès que des mœurs deviennent l'obligation à laquelle tous les membres d'un groupe doivent impérativement se soumettre, la morale remplace l'éthique et le libre arbitre cesse de se manifester dans les actes de "l'honnête homme"; il n'est plus alors de vertu. L'obéissance à l'ordre moral devient le régulateur de la vie sociale. La valeur n'est plus en soi mais dans ce que mesurent les gardiens de la bonne conduite.


Adopter le regard de l'enfant?

La morale est un ensemble de mœurs admises dans une société donnée en rapport avec une culture dominante. L'éthique est un ensemble de valeurs dont on a découvert la cohérence et qu'on a progressivement reconnues comme constructives de sa personne et de sa relation sociale. La vertu est la force qui habite l'homme en perpétuelle quête des valeurs. La valeur est la qualité qui se mesure, s'apprécie et se vérifie. La qualité est ce qui constitutif d'un bien. Le bien est ce qui est positif pour l'homme. Ces définitions banales (et, comme toutes les définitions philosophiquement discutables) révèlent tout de même que de la confusion peut jaillir la violence! Il suffit pour cela qu'on soit convaincu que la morale est universelle et que chacun doit s'y conformer sous peine d'être mis au ban, quand ce n'est pas mis hors d'état de mal vivre, donc mis à mort...

Tout état de droit est, à cet égard, une dictature. Il en est des lois sociales comme des lois morales: elles sont la pire ou la meilleure des contraintes! Une loi n'est pas bonne parce qu'elle est la loi. La désobéissance civile peut être une obligation morale. Une loi n'est pas mauvaise parce que c'est une loi, donc une règle qui nous soumet. Un repère fixe peut être une aide pour vivre en société, comme le modeste code de la route le prouve en préservant des vies. Le droit, longiligne et raide comme tout tracé de droite, peut être une route ou une barrière et c'est pourquoi l'état de droit ne peut être sacralisé; il est utile mais n'est ni fixe ni intouchable. Mieux vaudrait parler de société de droits. Avoir le droit (sous entendu, pour soi) signifie qu'une autorisation ou mieux une possibilité est ouverte. Celui qui ne se pense pas comme membre d'un tout, responsable de ce qui se produit dans un ensemble dont il ne constitue qu'une unité, confondra son droit avec son pouvoir, déterminé par son avoir. Sans vertu, il n'est pas de république. depuis les Lumières, on croit savoir cela. On l'oublie sans cesse. Le self-government est incompatible avec le self-love; ce n'est d'ailleurs pas s'aimer soi-même que n'aimer que soi-même. Vivre sans limites est illusoire et ne procure que des satisfactions momentanées. Le Prince qui peut jouir de tout sans entraves, au terme de sa vie, découvre sa vanité.


Nous avons toujours besoin de Montesquieu et de L'esprit des Lois

Revoici un temps de clarifications. Entre les doctrines sèches et vieillies dont on s'évertue à vouloir nous imposer les contenus obsolètes et le laisser faire, le sans limites le libéralisme a instillé du "sans limites" non seulement dans l'économie mais dans notre éthos (nos coutumes) au détriment de notre èthos (du grec ancien ἦθος / ễthos, pluriel ἤθη / ếthê, qui signifie le caractère, l’état d’âme.) La contradiction que nous vivons chaque jour est celle d'un monde sans loi et surchargé de lois. L'État hyperlégislatif est le même que l'État dérégulateur. La politique dominante est contraignante mais laxiste, moralisatrice mais sans éthique. Le culte de l'élite rejette la multitude des humbles vers le rien et non vers le bien. Le productivisme engendre son inverse, le manque. C'est vrai des réalités immatérielles autant que des richesses matérielles. La promesse de la vie riche pour tous camoufle la vie frustrée et rend insupportable la vie humble et heureuse.


La solidarité des Terriens : mieux qu'une loi, une nécessité

La genèse du concept de décroissance n'a pas d'autre cause : un bien sans liens est un bien de rien. L'écosophie est cette sagesse de l'économie et de l'écologie enfin réunies qui permet, de nouveau, la recherche d'une éthique sociale et d'une vertu citoyenne. Puissions-nous avoir le temps d'en faire et l'essai et l'expérience.


vendredi 2 octobre 2009

La démocratie en berne ou en déclin?

En berne, en deuil, en détresse? En déclin, en chute, en recul? En décadence, à l'agonie? Oui, la démocratie est mal partie. D'où me vient cette certitude que nous pourrions bien vivre la fin des temps démocratiques?

La démocratie suppose le libre vote. La démocratie contient donc une incertitude sur les résultats quand le scrutin est honnête. Parfois, tout au contraire, la démocratie s'exprime dans la certitude si elle est due à l'évidence d'un consensus populaire.



Certes, il y eut toujours des moyens de détourner la volonté populaire. On peut tricher, capter et inverser des votes. On peut utiliser des modes de scrutin qui affaiblissent les chances des candidats qui sont forts de leurs seules convictions et compétences. On peut, pour les référendums, poser des questions qui les transforment en plébiscites. On peut développer, via les médias, des propagandes qui affolent, angoissent et détournent l'opinion du véritable objet du vote. Etc.

Pourtant, même faible, existait encore la chance de voir triompher une politique autre que celle que soutiennent les plus riches, les plus puissants et les plus informés. Fut-ce sur une brève période.



Ces espérances des désespérés, ces revanches provisoires des pauvres, ces flambées hidsoriques qui laissent des traces dans l'organisation des sociétés sont désormais étouffées. On n'a même plus besoin de tricher, sauf quand on s'appelle Dassault et qu'on a de quoi acheter ses électeurs. On ne se contente plus des scrutins majoritaires à deux tours qui éliminent toute possibilité de représentation pour les petites formations ou pour des candidats émergents. On continue de mentir en bipolarisant les votes, comme si la politique devait échapper aux réponses nuancées et complexes. Mais surtout, tout en usant encore de ce qui précède, on peut, avec l'aval de la plupart des partis concernés, proposer une règle démocratique et en changer quand le résultat déplait.

Ce qui va se passer, ce soir, en Irlande en fournira la démonstration. Quinze mois après avoir dit non à 53,4%, le 12 janvier 2008, les Irlandais, en pleine récession, vont, sous la pression économique (si tu votes mal, tu n'auras aucune aide conséquente de l'Europe), devoir se plier à la volonté de l'Europe libérale, triomphante à Strasbourg ou Bruxelles! Allons, ce n'est tout de même pas 1% des électeurs européens qui vont interdire "l'entrée en vigueur " -sic- (la chose est donc acquise) d'institutions qui doivent faire fonctionner l'Union à 27!



La "fade copie " (dixit Valéry Giscard d'Estaing,) du projet de réforme constitutionnelle conçu par de savants politologues, inspirés par ce même Giscard d'Estaing, sans doute dépité, -"copie" appelée traité de Lisbonne, traité modificatif, ou "mini-traité" selon Nicolas Sarkozy-, devait passer; un point, c'est tout. C'est une obligation absolue, sous peine d'avoir à repenser l'Europe politique. L'élargissement à 27 pays, oblige à se plier à ce consensus des États (pas des peuples)!

La France a-t-elle renâclé, le 29 mai 2005, en disant non à 55% au traité constitutionnel? On a, alors, transféré au Parlement le droit d'inverser la décision nette qu'avait prise les citoyens, au terme d'un long et fort débat, en lui soumettant l'ertsatz de Lisbonne, prétendument différent. Les Pays-Bas ont-ils, à leur tour, le 1er juin 2009, à 61,6 %, refusé cette fausse Constitution d'une Europe sans existence politique? Eh bien, là encore, on a corrigé cette "erreur" par voie parlementaire, en juillet 2008!

Qui ne voit pas là un détournement de la volonté populaire ne peut se revendiquer démocrate. Ou bien un référendum européen incluant tous les électeurs des 27 États membres tranchait. Ou bien tous les Parlements étaient appelés, et eux seuls, à décider. En fait, on veut que chaque État décide par les moyens qu'il veut, mais avec une seule fin possible : l'approbation! Double déni : déni de l'Europe qui n'est plus qu'une juxtaposition de volontés d'États soumis à la même nécessité; déni démocratique, dès lors que les peuples sont dépossédés du pouvoir qu'on leur reconnaissait! Il faut ajouter que la pression économique et politique des États sur "le petit dernier", l'Irlande, insolent retardataire à qui on laisse la sucette du commissaire européen permanent, a quelque chose d'indécent. La chute des participations électorales, partout, en Europe, trouve là sa principale explication.

Les bonnes âmes de "gauche", socialistes ou écologistes, qui approuvent ce coup de force puisqu'il les libère d'une difficulté majeure : refaire l'Europe en tenant compte d'un abandon des institutions refusées, reste, à mes yeux impardonnable. Je ne déplore pas l'erreur de jugement. Je déplore que l'on se satisfasse de pratiques qui n'ont de démocratique que l'apparence.

Voilà bien pourquoi il y risque mortel pour la démocratie. La triche n'est plus dans les bureaux de vote. Elle est installée dans les esprits : ce qui déplait doit être écarté. Dans le Val d'Oise, par exemple, un scrutin cantonal partiel a fait perdre la majorité au PS et ses alliés. Qu'à cela ne tienne, puisque l'un des élus départementaux, électron libre, peut être circonvenu, on ne tiendra pas compte de ce résultat et l'on se contentera de l'équilibre instable : 19 élus de "gauche" contre 19 élus de droite, plus 1 "indéterminé" qui devient, ipso facto, un roi sans couronne, mais tout puissant! Ce qui importe, c'est le pouvoir... J'exècre la droite valdoisienne!



Passent les votes internes au PS sur la désignation de leur candidat aux présidentielles ou le cumul des mandats. Cela est positif, mais... Passent les accusation de détournement des votes au profit de Martine Aubry. Cela est négatif, mais... Il y a plus grave! Au dessus de tous, il y avait, croyait-on, l'idéal démocratique... Un idéal qui est resté dans les textes et les mots et qui a déserté les hommes.

La démocratie se meurt, bel et bien, vous dis-je...

mardi 8 septembre 2009

Les machines à tuer

Le Président de la République française vient d'effectuer un voyage éclair au Brésil, à l'occasion de la fête nationale de ce pays, afin d'y vendre 36 machines à tuer, poétiquement appelées "Rafale".

J'ai honte d'appartenir à un pays où une grande entreprise d'aviation, née du génie de la famille Dassault, -dont l'actuel fleuron, Serge, est sous le coup de suspicion de fraude électorale!- parvient à convaincre le Président Lulla, "l'élu des Sans-Terre", de se doter d'un appareil dont le raffinement meurtrier n'a aucun égal, puisque, nous dit-on, c'est le meilleur!

Le Rafale, jamais vendu jusqu'alors!

Qu'est-ce qui menace le Brésil qui l'oblige à se prémunir contre des risques si importants qu'il faille se doter de ces machines sophistiquées? Sans doute les États-Unis d'Amérique, ce voisin américain redoutable, qui a de plus en plus de mal à supporter le développement économique autonome de l'Amérique latine.

Que ce soit au moment où les USA se voient conduits par Barack Obama qu'une telle hypothèse se forme a de quoi étonner. Peut-être même faut-il chercher ailleurs.

Le Brésil veut être une grande puissance politique maintenant qu'il est une grande puissance économique. Les grandes puissances s'arment. Ne resterait plus au Brésil qu'à nous acheter notre technologie nucléaire! Je ne sais si l'on peut placer quelques bombes nucléaires miniaturisées sous les ailes des Rafales, mais, si oui, la "sécurité" de l'Amazonie serait définitivement garantie.

Nicolas Sarkozy ne nous aura rien épargné. Il va même faire acquérir par la France une dizaine, au moins, d'avions transport de troupes KC-190 (?), construits au Brésil... Échange de bons procédés. Non pas que ces avions puissent servir à conduire nos valeureux combattants de Villacoublay à Tarbes, mais il y a assez de lieux, sur la planète, où l'action civilisatrice de la France doive être encore menée vigoureusement. Au Gabon ou en Afghanistan, par exemple, où nos intérêts essentiels, économiques ou stratégiques sont mis en question par les ennemis de la démocratie! C'est bien connu : on ne cesse de nous le répéter!


Gagnant-gagnant? Le fric contre l'accès aux technologies de Dassault-aviation!

L'ironie n'est, certes, guère de mise, mais ces informations qui tombent, jour après jour, sont désespérantes! Pendant qu'on fait des affaires militaires, on en fait d'autres, sanitaires en brandissant la menace d'une grippe A (avant la grippe H, clone de la bombe vitulante) qui, ou bien restera ce qu'elle est, c'est-à-dire peu de chose, ou bien sera effectivement une pandémie mortelle après mutation du virus et, alors, les vaccins n'y pourront rien...

Pendant ce temps, le monde planétaire, Gaïa la Terre, change et menace de nous renvoyer en "rafales" (de vent, de pluie, de feu...) tout ce dont l'activité insensée et imprudente des homme l'a blessé. La priorité des priorités n'est évidemment pas dans cette agitation commerciale par laquelle on veut relancer une partie de l'industrie française (et pas la plus noble!).

Les machines à tuer ne sont d'ailleurs pas toutes volantes. Il en est même d'invisibles qui sont plus meurtrières encore car les Rafales ne serviront, espérons-le, peut-être jamais! Relever le coût du forfait hospitalier tuera. Continuer à polluer nos eaux tuera. Développer encore le transport automobile saturé tuera. Laisser aux professionnels du tabac le soin de fixer les prix de cette drogue tuera. Etc.

La lutte contre la mort donnée, préparée, acceptée avec cynisme pour satisfaire des profits immenses est d'une incongruïté si grande qu'elle nous laisse pantois, impuissants, désespérés! C'est exactement contre cette acceptation, que nous croyons inévitable, qu'il nous faut lutter. Serions-nous nos propres ennemis? Mieux vaut hurler dans le vide que de rester coi et fermer les yeux.

Il n'a jamais été aussi clair qu'il y va, cette fois, de l'avenir de l'humanité. S'il n'est pas pensable qu'un autre monde est possible, alors à quoi bon vivre. Cassons les machines à tuer!

Gaïa, Terra ou Tellus pour les Romains, notre mère à tous, va-t-elle nous rejeter?