dimanche 15 janvier 2017

Lucidité et volonté d'agir

Ce message de rage et de confiance lancé par le député écologiste, sur le site de Reporterre est d'un réalisme et d'une utopie pratique qui me semblent salutaires. Je le relaie, le salue et le fais connaître parce qu'il est, in fine, motivant.  J-P Dacheux.

L’année 2017 s’ouvre sur onze périls. Mais la transition écologique s’opère en profondeur, portée par des milliers d’expériences qui sont autant de reprises en main de notre destin. Et autant de raisons de ne pas désespérer. 
http://reporterre.net/11-raisons-de-desesperer-de-2017-mais-l-esperance-trace-son-chemin 
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Onze raisons de désespérer en 2017, 
mais l'espérance trace son chemin

Par Noël Mamère 

Sans vouloir tomber dans le catastrophisme, 2017 risque d’être pire encore que 2016, car nous avons onze raisons de désespérer de la politique nationale et mondiale. Nous les avons listées :

1 - Les élections françaises, présidentielle et législatives, seront marquées par la montée conjointe du thatchérisme version Fillon, du social-libéralisme version Macron et du lepénisme version Marine. Quel que soit le vainqueur et malgré la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon, le résultat impliquera de nouveaux sacrifices sociaux pour les salariés, les retraités et les chômeurs et un recul pour l’écologie ; 
2 - Le premier résultat de cette séquence électorale calamiteuse sera certainement l’affrontement autour de Notre-Dame-des-Landes. La Zad est devenue un symbole de la résistance populaire aux grands projets inutiles et au capitalisme de la démesure. La faire disparaitre deviendra un enjeu pour le nouveau pouvoir issu des urnes ; 3 -
3 - La déréglementation qui suivra les élections touchera de plein fouet le droit de l’environnement et les dernières barrières qui s’opposent à l’exploitation du gaz de schiste, à l’invasion des pesticides ou à la qualité de l’air. Au nom de la compétitivité et du principe d’innovation, les écolosceptiques engageront une lutte symbolique contre le principe de précaution ;
4 - Le nucléaire, revendiqué par tous les candidats, hormis Yannick Jadot, Jean- Luc Mélenchon et Benoit Hamon, sera renforcé. Les centrales qui en arrivent à leur quarantième année d’existence seront prorogées, rafistolées, placées en soins palliatifs et prêtes à l’emploi quasi éternel que leur destine le lobby nucléaire
5 - L’accession de Trump, le climatosceptique, à la présidence des États-Unis, rendra de fait caduc l’accord de Paris sur le climat qui, de toute façon, ne remettait pas en cause les raisons structurelles du réchauffement climatique ;
6 - Pour l’écologie, nous risquons de connaître à la fois la multiplication des projets de géo-ingénierie comme solutions de transition énergétique et, en même temps, la logique de l’extractivisme poussée à ses extrêmes limites ;
7 - Sur le plan géopolitique, l’année nouvelle verra la continuation de la guerre au Moyen-Orient. Rien ne laisse présager l’arrêt de ces guerres, en Irak et en Syrie, au Yémen et en Égypte ou les tensions entre la Palestine occupée et Israël, qui étendra encore sa colonisation à marche forcée ; 
8 -  L’alliance des puissances autoritaires, incarnées par Trump, Poutine, Xi Jinping, Erdogan, Duterte, Orban... et peut-être demain une personnalité française ouvre la voie à une nouvelle forme de rapport entre démocratie et économie de marché. À l’époque du capitalisme de la destruction, elle n’a plus besoin d’un fonctionnement démocratique, même formel. L’autoritarisme, au contraire, permet d’assurer les fonctions régaliennes de l’État tout en se débarrassant des autres, dont le social et l’écologie, soit en les minimisant soit en les sous-traitant au privé ; 
9 - La mondialisation libérale renforce aussi l’identitarisme sous toutes ses formes : l’islamophobie, la montée des intégrismes, les nationalismes ethniques, vont continuer de disloquer les États-nations sans pour autant permettre que se constituent des ensembles régionaux conséquents. Une guerre civile mondiale larvée, marquée par le terrorisme et le contre-terrorisme d’État ne respectant plus les droits humains et les conventions internationales, continuera à dévaster tous les continents ;
10 - La crise migratoire, qui ravage d’abord le Sud, est amplifiée par le réchauffement climatique et la perspective de 250millions de réfugiés écologiques ; des millions de paysans pauvres et d’urbains marginalisés sont condamnés à ce sinistre destin tandis que la Méditerranée sera plus que jamais un cimetière pour des milliers de morts sans sépulture.
11-  Enfin, l’Europe sous la poussée du Brexit, de la crise grecque, de « l’Orbanisation » [de Viktor Orban, le Premier ministre hongrois] des nations liées à l’ex-URSS, de la montée des nationaux-populistes, de l’intransigeance de l’Allemagne en matière économique, des contradictions entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest, sera au bord de la dislocation.

En observant ce tableau, certains diront qu’il n’y a plus qu’à se flinguer ou à se replier sur son pré carré intime, sur sa famille, ses proches, se retirer d’un monde croulant sous le poids des périls. C’est pour cela qu’Antonio Gramsci, en pleine guerre mondiale, écrivait le 1er janvier 1916, un article intitulé « Je hais le Nouvel An »

"Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces Nouvel An à échéance fixe qui font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale, avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de l’esprit. (...) Ainsi la date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et inchangée, sans arrêt brusque, comme lorsqu’au cinéma la pellicule se déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante. Voilà pourquoi je déteste le Nouvel An. Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle."

Gramsci, comme souvent, voyait au-delà des évènements. Car l’antidote, aujourd’hui comme hier, reste le principe espérance. Des milliers d’expériences, un peu partout dans le monde, nous montrent que la transition écologique est en train de s’accomplir. Cette transition ne se fera pas sous forme d’évènements politiques nés de nulle part, mais elle viendra de la base qui investira le champ politique contraint à la transformation sociale et écologique. Les vrais changements ne se voient pas tout de suite, dans le court terme ; ils font d’abord bouger les mentalités, puis s’attaquent aux certitudes les plus ancrées. Déjà, nous observons qu’à gauche le progrès n’est plus l’horizon indépassable d’un avenir radieux. L’écologie politique, comme la vieille taupe de jadis, trace son chemin, souterrainement, mais sûrement. 
 
Comme Hervé Kempf l’explique dans son dernier livre, Tout est prêt pour que tout empire (Le Seuil), il s’agit d’abord de comprendre l’enjeu et d’avancer dans la quête du sens. Un autre monde se construit au quotidien, qui n’est pas celui de cette année prévisible ; un monde où ceux d’en bas reprennent en main leur destin. Nous rêves et nos luttes seront plus forts que leurs profits et l’emporteront sur le désir de mort qui menace nos sociétés.
11 janvier 2017 

samedi 14 janvier 2017

La paix en 2017.

Nombre d'utopies n'en sont plus car elles ont été réalisées en tout ou partie. Il en est ainsi de l'abolition de l'esclavage, (en droit sinon en fait). Il en est de même pour l'abolition de la peine de mort, (en bien des États, notamment en Europe, mais, mais pas partout). S'agissant de la guerre et de la paix, envisager de rompre avec le recours à la violence d'État semble constituer l'utopie de utopies ! La volonté de puissance et le marché florissant des armes bloquent pareille évolution historique.
 
La liste de la vingtaine d'États qui ne possèdent pas d'armée1 révèle qu'hormi le Costa Rica et le Panama qui n'ont que des forces de police, les États sans armée sont, en général, de petite taille et s'en remettent, pour assurer leur défense, par traité, à des grandes puissances, telles que les USA ou la Chine. 

Est-il alors inéluctable que la paix se limite à la non-guerre temporaire ? La paix n'a jamais été l'absence de guerre et les périodes sans conflit peuvent servir à préparer le suivant comme on l'a vu, en Europe, entre 1918 et 1939. Michel Serres, dans son dernier livre2, rappelle que, par rapport aux siècles passés, les morts violentes, liées à des affrontements internationaux, diminuent progressivement. Certes, mais faire la paix ne se limite pas à constater la diminution du nombre de ces morts violentes que les hommes s'infligent les uns aux autres ! Chaque mort donnée, (à Alep ou ailleurs), ou subie, (au creux de la Méditerranée), est vécue, par chaque victime concernée, comme une fin du monde. 

L'Homme est-il violent par nature ? interroge Diane Mellot3, dans un article paru sur le site Notre-planete.info. Elle conclut son analyse serrée, de quatre pages, par une interrogation voisine qui donne aussi à penser : « Et si la violence n'était ni naturelle ni culturelle ? Certes, l'Homme est un animal capable de violence et de cruauté envers ses semblables et les autres espèces. Mais la violence n'est sans doute pas tant l'apanage de l'animalité que celui de l'inhumanité ». 

Nous sommes entrés, écrit Jean-Claude Carrière4 dans de nouveaux temps, ceux de « la guerre grise, presque anonyme et même innommable ». Hervé Kempf, quant à lui, qualifie de « guerre civile mondiale »5 les multiples conflits qui, même quand ils y participent, n'opposent plus directement les États. Deux écrivains belges, Thomas d'Ansembourg et David Van Reybrouck considèrent que « la paix, ça s'apprend »6 et ne dépend pas des seuls gouvernants. C'est, disent-ils, une science à laquelle les éducateurs (parents, enseignants, écrivains...), ne consacrent pas assez de temps et d'énergie. En fait, quelle que soit l'approche des chercheurs qui examinent les conditions de la paix, il y a, pour eux, une donnée nouvelle : les guerres se généralisent, se diversifient et, tout en restant des plus cruelles, sont moins meurtrières qu'au cours des siècles passés. La guerre a cessé d'être inéluctable mais ne ressemble-t-elle pas « un fait social total7 » que n'explique pas, à lui seul, le tempérament violent des humains. L'agressivité n'est pas plus dans nos gênes que dans nos « âmes », nos esprits, nos personnalités qui, comme d'aucuns l'affirment encore, seraient dominés par le « péché originel » ! 

De partout s'élèvent, à l'orée de l'année 2017, de pressants appels à la paix. Le 25 décembre 2016, le Pape François, dans son message de Noël, Urbi et orbi, lançait :« Paix aux peuples qui souffrent à cause des ambitions économiques d’un petit nombre et de l’âpre avidité du dieu argent qui conduit à l’esclavage ». 

Dans son message, daté du 8 décembre 20168, pour la Journée mondiale de la paix du premier janvier suivant, François proposait même de « faire de la non-violence active notre style de vie ». Qu’elle devienne, disait-il, «le style caractéristique de nos décisions, de nos relations, de nos actions, de la politique sous toutes ses formes». Car, continuait-il, tout en adressant « un appel en faveur du désarmement, ainsi que de la prohibition et de l’abolition des armes nucléaires », « les politiques de non-violence doivent commencer entre les murs de la maison pour se diffuser ensuite à l’entière famille humaine »


« Faisons de 2017 une année pour la paix » semble lui répondre le nouveau et neuvième Secrétaire général de l'ONU, António Guterres9. Dès son entrée en fonction, le dimanche 1er janvier, il a appelé le monde à « faire de la paix notre priorité absolue ». Il aura lui-même de quoi faire : partageant ce souci de la paix, dans un monde où les violences se multiplient et menacent de s'étendre encore, le « First Commitee » de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, avait voté, le 27 octobre 2016, (avec une majorité de 76 % : 123 votes "pour" et 38 "contre"), la Résolution 141 qui implique l’ouverture de négociations pour un Traité d’Interdiction des armes nucléaires en 2017. Ce vote a ensuite été confirmé par le vote définitif du 23 décembre 2016. Un programme d'action diplomatique est donc sur les rails : deux conférences de négociation se dérouleront, du 27 au 31 mars et du 15 juin au 7 juillet 2017, à New York. Elles seront ouvertes à tous les États, ainsi qu’à la société civile et aux organisations internationales. 

Sans le soutien massif d'un nombre croissant de Terriens, et si grande soit la majorité des États voulant un tel Traité d’Interdiction des armes nucléaires, des obstacles gigantesques seront dressés par les neuf États dotées d'armes nucléaires, dont les USA et la Russie, mais aussi la France. Vladimir Poutine et Donald Trump ne viennent-ils pas d'annoncer, tout récemment, leur volonté de renforcer les arsenaux nucléaires de leurs pays.

C'est dans ce contexte international que se joue l'avenir de la planète car, n'en doutons pas, les armes de destructions massives que sont les bombes atomiques (dont nous ne pourrons avoir, indéfiniment, la maîtrise totale) menacent l'espèce humaine autant que le réchauffement climatique. Cela sera-t-il même évoqué et débattu pendant la prochaine campagne électorale française ? Si nous ne l'exigeons pas, il n'en sera pas question. La Bombe est, en effet, le signe de la puissance politique économique, diplomatique et militaire conservée par la France bien qu'elle soit devenue un État modeste. 

La paix, en 2017, c'est notre affaire et les vœux, exprimés par des Grands de ce monde ne peuvent suffire à nous la garantir. Dépassons notre sentiment d'impuissance. Exprimons-nous. À nous d'agir. 

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1  https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_qui_ne_poss%C3%A8dent_pas_d'arm%C3%A9e 

2  Michel Serres, Darwin, Bonaparte et le Samaritain - Une philosophie de l'histoire, édition Le Pommier, septembre 2016 

3  Voir : http://www.notre-planete.info/actualites/4564-Homme-violence-nature 

4  Jean-Claude Carrière, La paix, aux éditions Odile Jacob, octobre 2016. 

5  Hervé Kempf, Tout est prêt pour que tout empire, aux éditions du Seuil, janvier 2017, pp. 69-72.

6  Thomas d'Ansembourg et David Van Reybrouck, La paix ça s'apprend, aux éditions Actes sud, octobre 2016.

7 L'expression fut créée par le sociologue Marcel Mauss dans son Essai sur le don (1924). Elle signifie qu'une société humaine

tout entière est affectée, influencée par certains événements survenant en son sein desquels nul ne se peut soustraire.

8 https://fr.zenit.org/articles/50-journee-mondiale-de-la-paix-la-non-violence-style-dune-politique-pour-la-paix/

9 http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=38731#.WHn0AJKBuUc 

http://www.itele.fr/monde/video/onu-pourquoi-antonio-guterres-veut-tout-changer-172330

vendredi 30 décembre 2016

Fraternité 2017

La fraternité revisitée à l'approche de l'an 2017.


L'année qui approche sera dure aux hommes de la Terre, n'en doutons pas !
Les risques en tous genres, électoraux, climatiques, écologiques, terroristes, etc, vont s'y multiplier.
La fraternité, la grande oubliée, aura du mal à y trouver sa place bien qu'elle nous soit essentielle.
Fraternité est le vocable qui tient la troisième place dans la devise de la République française.
Il n'y a, pourtant, aucune hiérarchie entre Liberté, Égalité et Fraternité.

La devise républicaine figure à l'article 2 de la Constitution de 1958.
Elle a été adoptée officiellement, une première fois, le 27 février 1848 par la Deuxième République.
La Troisième République ne l'a inscrite aux frontons des édifices publics qu'après le 14 juillet 1880.
Les mairies et même nombre d'églises affichent, de nos jours, ce message républicain.
Mais la signification politique de Fraternité a mis du temps à s'imposer et ce n'est pas terminé.

La fraternité englobe, associe et déborde la solidarité, l'hospitalité et la charité.
La solidarité rapproche, renforce et unifie ceux qui font face ensemble, en temps de malheur.
L'hospitalité est l'accueil de toute personne en détresse, notamment, et pas seulement les malades.
La charité est empathie, altruisme, philanthropie, secours et assistance, amour en un mot.
La fraternité, elle, est constante, publique et globale ; c'est un mode de vie sociale.
 
Il ne s'agit pas, toutefois, de la famille charnelle mais de la famille humaine dans toute son étendue.
À chacun de savoir, de découvrir et de comprendre jusqu'où s'étend cette proximité terrestre.
La patrie est la terre des pères et, cependant, elle limite souvent la fraternité plus qu'elle ne n'élargit.
La fraternité est universelle et fait, de tous les humains, femmes et hommes, un seul peuple.
Il a fallu beaucoup de temps, et il en faudra encore, pour que tous les Terriens se sachent frères.


La fraternité englobe, associe et déborde la solidarité, l'hospitalité et la charité.
Il n'est pas sûr que celui qui parle d' « enfants de Dieu » admette qu'alors nous soyons tous frères.
Les religions créent, ou au contraire brisent, le lien de la fraternité.
Dénoncer le mécréant, l'infidèle, l'impie, l'incroyant, c'est refuser d'être frère ou sœur d'autrui.
Dans une République laïque, si nul n'est banni, c'est une lutte quotidienne que de le faire prévaloir.

La laïcité a place dans la devise républicaine, sans s'y ajouter, car elle est en son cœur et la cimente.
 Point de liberté de penser et d'agir là où domine une doctrine ou une religion d'État.
Point d'égalité si des discriminations hiérarchisent ou fragmentent le corps social.
Point de fraternité quand les divisions sont nourries par l'intolérance et le sectarisme.
La laïcité seule permet la confrontation des idées sans conduire à l'affrontement des personnes.

La fraternité, - et c'est pourquoi beaucoup s'en méfient -, est un cosmopolitisme pratique.
Car, vue du ciel par les cosmonautes, la Terre ne connaît pas de frontières.
Ce point de vue cosmique, voire cosmopolitique, fonde, physiquement, la fraternité terrestre.
Cette fraternité politique, et non sentimentale, est source permanente de paix.
La fraternité met la paix en marche, pas en mots, et tolère volontiers nos multi-appartenances.

La fraternité irrite ceux qui ne trouvent leur équilibre, leur sécurité, que dans les replis identitaires.
Car la fraternité écarte toutes les unifications hâtives et abusives dont le nationalisme.
Elle ne peut que s'ouvrir à qui cherche refuge.
Elle ne craint pas la diversité et tolère volontiers nos multi-appartenances.
La fraternité, la valeur, de fait, la plus battue en brèche est à remettre constamment en œuvres.



Jean-Pierre Dacheux

lundi 19 décembre 2016

Écologie 2017


Faut-il politiser l'écologie ou écologiser la politique ?

La première démarche a conduit des écologistes à entrer en politique.
Pour y être efficaces et actifs, ils ont cru devoir créer un mouvement puis, assez vite, un parti.
Les Verts ont constaté que les problématiques écologiques débordaient le cadre des États.
Ainsi est né « Europe-Écologie les Verts », mais l'appétit de pouvoir n'était pas étanché...

La seconde démarche a amené à convenir que l'écologie faisait partie de la politique.
Cela n'a pas conduit à un rapprochement entre organisations politiques écolo-compatibles.
Au contraire, on a accordé des strapontins aux écologistes en les tenant à distance du pouvoir.
Aujourd'hui se produit une prise de conscience écologique, mais on ne sait encore qu'en faire.

Double erreur : la constitution de l'écologie en parti et son instrumentalisation politicienne.
L'écologie, la science des relations, n'est pas une partie de la politique mais la politique elle-même.
L'écologie et l'économie sont impensables l'une sans l'autre et toute la politique s'en trouve ébranlée
La COP21, « La Maison commune », les pollutions, la montée des eaux, etc, ont alerté les citoyens.

Devenue l'affaire de tous, l'écologie échappe ainsi aux partis mais pas à la politique.
Plus exactement, c'est la politique qui n'échappe plus à l'écologie.
Si grandes soient les résistances, surtout chez les nationalistes nécessairement bornés, tout est dit.
Désormais le Commun, le vivre ensemble, le Buon Vivere vont se penser à l'échelle planétaire.

Les Citoyens du Monde, les Cosmopolites, les mondialistes et autres universalistes avaient raison.
Cela a beau faire enrager les humains à courte vue, la solidarité seule peut nous protéger.
Le réalisme véritable fait constater que nous n'avons qu'une Terre que nous avons mise en danger.
Nous voici donc amenés à mettre en pratique notre interdépendance totale entre humains.

S'ouvre, en France, une campagne électorale où l'écologie entrera dans les débats, fut-ce avec peine.
Deux candidats l'ont déjà compris : Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Ils ne sont pas les seuls.
Pour qui découvre que le libéralisme et l'écologie sont incompatibles, tout change en politique.
Mais alors, pour rester soi-même, il faut oser renoncer à une large part de ce qu'on préconisait hier.

Nicolas Hulot, Pierre Rabhi, le Pape François et d'autres, moins médiatisés, ont ouvert une voie.
Elle ne se refermera plus, quand bien même l'élection à venir devrait nous décevoir lourdement.
Qui peut penser que l'élection présidentielle américaine bouche l'avenir parce qu'elle l'a l'assombri ?
La politique n'est plus seulement la conquête de pouvoirs, elle est la lucidité en action.

La croissance, c'est fini. La toute puissance occidentale, c'est fini. L'avenir nucléaire, c'est fini.
Le massacre de la bio diversité, c'est bientôt fini : le risque est trop grand !
Le terrorisme comme explication de tous nos maux, c'est fini. Il est produit par l'inégalité assumée.
L'ultra violence aura été le fait des grandes puissances autant que des révoltés fanatisés

Alors : politiser l'écologie ou écologiser la politique ?
Sortons de ce passé : politique et écologie se sont confondues. !
Nous voici entrés dans l'inter-relationnel complexe de l'écologie même.
Nous allons devoir nous y impliquer davantage.

Non pour défendre une cause mais pour sauver notre espèce.
La désespérance improductive nous est interdite.
Avoir pouvoir sur sa vie importe davantage que de prendre le pouvoir sur autrui.
La révolution que cela suppose n'aura pas besoin de la guerre mais de toutes nos énergies.

dimanche 18 décembre 2016

Avec ou sans primaire ? Suite...


Avec ou sans primaires
vers le scrutin présidentiel des 23 avril et 7 mai 2017

Le point au 18 décembre 2016,
par Jean-Pierre Dacheux

Nous allons, au cours des mois qui viennent, analyser l'évolution de la situation politique au cours de la campagne électorale qui s'est ouverte. Le présent texte, daté et modifiable, servira d'outil pour effectuer cette activité politique chronologique.

François Hollande a donc renoncé, le 1er décembre 2016, à être, de nouveau, candidat à la présidence de la République française. Cette décision a ouvert un espace politique nouveau. La compétition électorale qui s'engage sera, à la fois, rude et imprévisible. Dès les primaires, on a pu s'en rendre immédiatement compte mais, hors de ces primaires, « ça bouge » aussi et de façon tumultueuse.


1 – La « primaire écologiste ». 
Les 19 octobre et 6 novembre 2016 s'est tenue, par correspondance, « la primaire organisée par Europe Écologie les Verts » (EELV).
Surprise : Cécile Duflot y fut éliminée dès le premier tour, tout comme Karima Delli. Yannick Jadot l'emporta sur Michèle Rivasi au deuxième tour. J'ai participé à cette consultation et j'avais choisi, à chaque fois, Michèle Rivasi dont l'engagement écologiste constant et non ambigu me semblait plus proche de la « politique écologique » que de « l'écologie politique » (selon moi, l'écologie fait partie intégrante de la politique et en constitue le cœur pour tous les citoyens ; l'écologie n'est pas une partie de la politique ou une politique à part, encore moins une politique de parti).

2 La « primaire de la droite et du centre ».
Les 20 et 27 novembre 2016, s'est déroulée « la primaire de la droite et du centre ». Elle visait à désigner le candidat des « Républicains » à la Présidence de la République, en avril et en mai 2017.
Des électeurs « de gauche », qui cherchaient à éliminer Nicolas Sarkozy, auraient participé à cette élection partielle ayant concerné environ 10% des électeurs inscrits. Je n'étais pas de cette manœuvre incertaine et moralement discutable.
Impossible, pour moi, en effet, de signer un document d'accès aux bureaux de vote qui était ainsi formulé : « Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France. ». Les valeurs républicaines ne sont ni de droite ni du centre mais à la France tout entière et bien au delà ! L'appropriation de la République par un parti (« les Républicains ») est, du reste, inacceptable. La République est un concept global qui intéresse tous les citoyens qui le font leur, et pas une partie d'entre eux !
Les enseignements à retirer de ce scrutin ont été nets et rudes :
• Nicolas Sarkozy a été sorti de la compétition, par son propre camp, dès le premier tour.
• Alain Juppé, candidat compatible avec le centre, soutenu par François Bayrou, fut sorti lui aussi.
• La droitisation s'est accentuée avec la victoire, sans appel, de François Fillon ultra-libéral.

3 – Les candidatures de droite hors primaires
Tout n'est pourtant pas dit à droite, avec les candidatures, hors primaires, de Nicolas Dupont Aignan, Michèle Alliot-Marie ou Jean Lassalle. Après l'échec d'Alain Juppé, il n'est pas impossible que François Bayrou se porte aussi candidat. Enfin, le virage à droite de Macron lui rendait impossible de se porter candidat lors de la primaire organisée par le PS ; il devient ainsi le cinquième candidat hors primaires rival de François Fillon.
Il se peut qu'il y en ait d'autres, tels que François Asselineau. (Union populaire républicaine), Jacques Cheminade.  (Solidarité et Progrès), Rama Yade (la France qui ose)..., mais aussi des candidats parfois inclassables ou fantaisistes tels que : Jean-Pierre Gorges (maire de Chartres, député Les Républicains), Denis Payre, (président du mouvement "Nous citoyens"), Joël Vallée, indépendant de droite (originaire de la Sarthe...!), Alexandre Jardin (mouvement Bleu, blanc, zèbre), Sylvain Durif le candidat antitoutiste, (dit « le Grand Monarque »!), Michel Bourgeois (Réinventons la France), le Général Didier Tauzin (Rebâtir la France). Il en est, ainsi, beaucoup qui se croient appelés avant d'avoir à constater qu'ils ne pourront être élus ni même candidats...! !
Le répertoire des candidatures déclarées (http://candidat-2017.fr/candidats.php) est intéressant à consulter. Ce prurit présidentialiste est tout de même à prendre en considération comme révélateur d'un désarroi politique de plus en plus étendu et d'une quête éperdue et vaine du pouvoir.
En tout cas, la dispersion à droite n'a pas été évitée par le recours aux primaires.

4 – La « primaire de la belle alliance populaire » (sic !) 
Jusqu'au 15 décembre 2016 vont se faire connaître les candidats « de gauche » (ils ne le sont pas tous !) qui entrent dans la primaire organisée par le PS. Le retrait de François Hollande a ouvert les vannes et les appétits. Neuf candidats se sont déjà déclarés ou sont susceptibles « d'y aller » : Benoit Hamon, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Manuel Valls. Mais aussi : François de Rugy (Parti écologiste) et Jean-Luc Bennahmias (Union des démocrates et des écologistes),
Gérard Filoche, Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), Bastien Faudot (MRC), Sylvia Pinel (PRG), Sébastien Nadot (Mouvement des progressistes). Et, là encore, tout n'est peut-être pas dit.
La dispersion est telle qu'il faudra, sans doute resserrer le jeu, mais comment faire ? Le PS a-t-il, à présent, l'autorité politique pour limiter les candidatures ?
Les deux tours de ces primaires auront lieu les 22 et 29 janvier 2017.
Je participerai sans doute à cette primaire, non parce que j'y effectuerais mon choix mais pour contribuer à mettre en minorité les candidats libéraux camouflés en socialistes

5 - Les candidatures de gauche hors primaires
Il faut compter encore avec les candidat déjà engagés et qui ne veulent pas concourir au sein de des primaires organisées par le PS. Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise, soutenu par le Parti communiste français), et Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste) sont déjà sur les rangs.
Nul doute que de nouveaux noms surgissent dans cette gauche elle aussi dispersée. On n'y verra clair qu'une fois annoncée, par le Conseil constitutionnel, la liste de candidatures officielles.

6 - Les candidatures de l'extrême droite.
On pourrait y placer François Fillon, à en juger par son programme ! Admettons que tous ceux qui ont voté pour le désigner ne sont pas des ultra-libéraux (au point de vue économique) et des réactionnaires (au point de vue sociétal). Le candidat du parti « Les Républicains » n'est que le plus proche du Front national mais il s'en distingue.
Reste Marine Le Pen qui n'a eu besoin d'aucune primaire pour s'auto-désigner, dès le 8 février 2016, et qui a été la première, et longtemps la seule, à convoiter l'électorat des « anti-système » qui ont propulsé le FN au premier rang, lors des élections régionales. Rien n'est acquis pour elle et elle peut se retrouver à la première, la seconde, ou la troisième place, le 23 avril prochain.
Henri de Lesquen (président de Radio Courtoisie), à droite de l'extrême droite, se porte candidat, à son tour. Comme quoi on peut toujours trouver plus extrême que les extrêmes...

7 - Conclusion provisoire : 
La multiplicité des candidatures rend tout pronostic incertain. Ce qui est sûr, par contre, c'est que tous les candidats n'obtiendront pas les parrainages nécessaires, tant pour la primaire PS (appelons-la par son nom), que pour les candidats qualifiés d'indépendants. Certains resteront hors du champ électoral, dès le 15 décembre, d'autres n'auront pas rassemblé les 500 parrainages avant la date fatidique du 17 mars 2017. (La liste définitive de l’ensemble des candidats et des « parrains », arrêtée par le Conseil constitutionnel huit jours au moins avant le premier tour du scrutin, sera publiée sur le site internet du Conseil constitutionnel). Ce qui apparaît évident c'est que cette élection perturbe le fonctionnement démocratique de la République française et c'est ce que le suivi de la campagne va révéler.

• Note complémentaire du 12 décembre : Ce qui change avec Vincent Peillon.
Le 11 décembre au soir, sur France 2, Vincent Peillon s'est déclaré candidat à la présidence de la République et, pour cela, il est entré dans la compétition des primaires entre candidats socialos (beaucoup) et écolos (un peu).
Ce nouveau venu peut modifier le résultat final annoncé, un peu vite, par les médias. Le duel Vals-Montebourg peut fort bien tourner court. On peut même s'interroger sur les motivations profondes du candidat Vincent Peillon qui cherche peut-être moins à devenir le successeur de François Hollande qu'à être celui qui aura redonné un visage avenant au parti socialiste actuellement si défait.
Cela va plus loin que le « tous contre Vals ». Il est assez exact de parler d'un Congrès PS improvisé, car c'est bien de la raison d'être de ce parti et de la rénovation de son message politique dont il peut être question au cours du débat préélectoral de ces primaires à double objectif.
Vincent Peillon fut ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Ayrault du 16 mai 2012 au 31 mars 2014. Agrégé et docteur en philosophie, Vincent Peillon est sans conteste un intellectuel. Auteur d'une thèse sur Maurice Merleau-Ponty, il a continué à écrire après son entrée en politique, des ouvrages consacrés aux penseurs socialistes et républicains comme Pierre Leroux et Jean Jaurès, ou au grand combattant de l'école laïque et Prix Nobel de la paix : Ferdinand Buisson.Voici donc un candidat équipé pour affronter les débats politiques. Il ne sera pas ménagé car il est craint et connaît les arcanes du pari socialiste. Il a déjà innové en parlant de la possibilité de travailler avec Jean-Luc Mélenchon ou même Emmanuel Macron. Il a d'ores et déjà le soutien de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

• Note complémentaire du 13 décembre : Peut-on écarter la candidature de Larrouturou ?
Ce jour, à 17 h., Pierre Larrouturou sera reçu pour évoquer sa candidature à la primaire de la « Belle alliance populaire ». Il en avait été écarté au cours de la semaine passée. La « Haute Autorité des Primaires Citoyennes » (?) en charge de veiller à la bonne tenue de la primaire, mais sans pouvoir politique,, « a recommandé au comité national d’organisation des primaires de recevoir Pierre Larrouturou lors de sa prochaine réunion, pour qu’il puisse exposer les raisons qui justifieraient, selon lui, que le parti Nouvelle Donne participe aux primaires citoyennes ».
C'est le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui avait décidé de l'exclure, (ainsi que Bastien Faudot), d’une participation à la primaire de la « Belle Alliance Populaire (BAP) ». Il est improbable qu'il revienne sur sa décision. Il ne veut pas qu'un candidat trop peu prévisible, puisse se faire valoir et joue le trublion au cours de la campagne publique.
La question n'est pas juridique mais politique : ou bien le Parti Nouvelle Donne rend plus crédible l'ouverture de la primaire ou bien il n'apporte rien et, pire, il amène des risques de perturbations. Le PS ne peut se permettre laisser dévaluer sa primaire.

• Note complémentaire du 15 décembre : Les candidatures agréées par le PS.
Neuf candidats à la « primaire de la gauche » avaient déposé leur dossier auprès de la Haute autorité des « primaires citoyennes », ce jour, avant 18 heures, a annoncé le président du comité national d'organisation de la primaire, Christophe Borgel, sur RTL. Il s'agit, dit-il, de Manuel Valls (PS), Vincent Peillon (PS), Benoît Hamon (PS), Sylvia Pinel (PRG), Arnaud Montebourg (PS), François de Rugy (Ecologistes), Jean-Luc Bennahmias (Front des démocrates et des écologistes), l'inattendu Fabien Verdier (PS)1 et Gérard Filoche (PS).
Pour voir sa candidature validée, il faut, en outre, obtenir un certain nombre de parrainages de l'un des quatre groupes suivants : 5% émanant des membres du Conseil national du PS, 5% des parlementaires socialistes, 5% des conseillers régionaux et départementaux socialistes (représentant quatre régions et dix départements) ou 5% des maires socialistes de villes de plus de 10 000 habitants (issus d'au moins quatre régions et dix départements). On saura, dès ce prochain week-end qui a franchi tous les obstacles.
On observera que trois candidats à la candidature ont été écartées : Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), Bastien Faudot (MRC) et Sébastien Nadot (Mouvement des progressistes).

• Note complémentaire du 16 décembre : vraies et fausses candidatures écologistes. 
Il ne suffit pas de se proclamer écologiste pour l'être. Il est toutefois difficile de s'affirmer anti écologiste, si ce n'est à droite (et encore..., comme on l'a constaté avec Nathalie Kosciusko-Morizet). Il n'y a pas moins de cinq candidats à la présidence de la République en piste et qui s'affirment écologistes qu'ils fassent ou non partie d'une formation porteuse de ce qualificatif :
Yannick Jadot, a déjà dépassé le stade des primaires. Issu du parti EELV, il est le vainqueur de la primaire écologiste. il lui reste à obtenir les 500 parrainages nécessaires pour pouvoir devenir un candidat officiel.
François de Rugy, député de Loire atlantique, transfuge d'Europe-Ecologie-Les Verts (EELV), est inscrit dans la primaire socialiste, qu'il a peu de chances de remporter. Il sert de faire valoir dans une compétition de « la Belle alliance populaire », de fait dominée par le PS, mais qui est qualifiée, tout à la fois, de « démocrate, radicale, écologiste, socialiste et citoyenne ». Ce qui fait beaucoup...!
Jean-Luc Bennahamias, qui fut un temps secrétaire national des Verts (de 1997 à 2001), avant de passer au Modem, puis de fonder, en 2014, le « Mouvement démocrate », ne peut davantage prétendre à remporter la primaire. Son discours aux accents écologistes ne lui amènera que très peu de voix d'électeurs, mais il compte bien, comme par le passé, se placer là d'où il pourra briguer un nouveau mandat électif.
De fait, les seuls candidats non membres du parti des Verts qui proposent une politique à orientation profondément et sincèrement écologiste, sont, à présent, Jean-Luc Mélenchon et, depuis peu, Benoît Hamon qui s'est exprimé très vigoureusement, à ce sujet, lors de son premier et récent meeting de campagne. La question posée est incontournable, simple en son exposé, difficile en sa mise en œuvre : est-il possible de mener une politique sociale et créatrice d'emplois qui ne se fonde pas sur un positionnement écologique français, européen est planétaire ?

• Note complémentaire du 17 décembre : G. Filoche et F. Verdier exclus de la primaire.
La "Haute Autorité" a décidé, ce jour, de ne pas retenir la candidature de Gérard Filoche à la primaire de la gauche. Le candidat mis hors jeu a décidé de se lancer dans un double recours : "Après consultation de mon avocat, je fais un double recours, au niveau des parrainages, et sinon pour accéder directement à la primaire [en dehors du PS] comme Pinel, de Rugy ou Bennahmias.".
Fabien Verdier, le jeune élu PS de Chateaudun n'aurait pas reçu assez de parrainages !
Thomas Clay, président de la Haute Autorité des primaires « citoyennes » s'attend à des recours.

• Note complémentaire du 18 décembre : Une primaire est close. L'autre s'ouvre.
Un curieux parallélisme politique apparaît sous nos yeux.
La primaire des droites a vu se confronter sept candidats : quatre de la droite dure et trois de la droite dite « modérée ». Six hommes et une femme.
Celle de gauche et des écologistes, baptisée « citoyenne », verra s'affronter sept candidats : quatre socio-libéraux (Peillon, Vals, Montebourg, Pinel) et trois écologistes socialo compatibles, plus ou moins « modérés » (Bennahmias, de Rugy, et même Hamon). Six hommes et une femme également.
Si la primaire de droite était bien à droite, la primaire de gauche est peu à gauche. Hormis dans les propos de Benoît Hamon, la contestation du libéralisme, du productivisme et de la croissance ne se fait guère entendre. Bref, on pourrait risquer de dire que les deux primaires ont ceci en commun qu'elles ne soucient guère les maîtres du système économico-politique. La contestation est extérieure aux primaires et les soit-disant « anti-système » s'y seront trouvés fort à l'aise. Gérard Filoche aurait pu tenir un autre propos : on l'a mis hors d'état de parler aux Français... Deux primaires politiquement correctes donc, sur deux voies différentes, certes, mais parallèles. De quoi satisfaire le Front national prêt à remplir le vide que l'ex gauche laisse béant devant l'électorat populaire.
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1 - http://www.lejdd.fr/Politique/Fabien-Verdier-le-candidat-surprise-de-la-primaire-de-la-gauche-832681

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