vendredi 31 décembre 2010

Mettre l'utopie en marche

Thomas More, fondateur d'Utopia..



Nous avons besoin d'utopie.

Car nous avons besoin d'une espérance crédible.

L'utopie est une réalisation en marche qui a un temps d'avance.

La politique sans utopie n'est qu'une gestion cynique.

Quand l'utopie est une illusion elle n'est pas l'utopie.

Elle est une inconscience.

L'utopie est une conscience exacerbée.

Elle dit les besoins du monde et, pour cela, choque.

Elle dit qu'un homme vaut un homme

et que l'égalité n'est rien de plus qu'une nécessité vitale.

Elle dit que partager n'est pas une générosité

mais le meilleur moyen d'occuper humainement la Terre.

Elle dit que « Liberté, égalité, fraternité »

n'est pas une devise de pure forme.

Elle dit, avec Aragon, que « le bonheur existe

ailleurs que dans les rêves, ailleurs que dans les nues »

Elle dit, avec Kant, que l'hospitalité,

sur une Terre ronde, est notre sort inévitable.

Elle dit que le réalisme n'est qu'une résignation

et qu'il faut inventer notre avenir.

Elle dit que le pouvoir sur autrui

n'est pas le pouvoir sur le réel.

Elle dit que prendre parti, c'est vouloir choisir

mais que se donner à un parti, c'est se limiter.

Elle dit que l'espoir n'est pas d'attendre un mieux,

c'est d'oser le créer contre toute évidence contraire.

Elle dit que l'universel n'est pas loin, mais en soi,

et que le sort de l'humanité entière, c'est le mien.

Elle dit que dominer est une violence

et que nul ne peut se vouloir maître de quiconque.

Elle dit que la tendresse n'est pas une faiblesse

et que la dureté de cœur est pire que celle d'un roc.

Elle dit le mal n'est pas en l'homme, ni le bien,

et que nous sommes responsables de notre histoire.

L'utopie est le lieu de nul lieu, ce lieu du bonheur qui n'existe pas

et qu'il faut pourtant faire exister, mot à mot, acte par acte.

L'utopie est un pari : celui qui nous fait penser

que la vie vaut d'être vécue.

Là où aucune utopie ne subsiste

c'est la mort qui s'installe.

L'utopie est une écosophie, une sagesse

qui donne le droit d'être aux sept milliards d'humains.

L'utopie est l'énergie spirituelle qui fait agir

et sans laquelle la société serait morne et plate.

L'utopie amène à regarder devant soi

pour savoir quel autre monde est possible.

L'utopie est une négation des cultes et des clôtures

à commencer par ceux qui nous enferment dans l'or.

L'utopie est l'activité d'une conscience suraiguë

qui ne se résout pas à subir la médiocrité des temps.

La fin de l'utopie serait la fin du monde

la fin de toute recherche d'un mieux pour les vivants.

L'utopie est l'opposé du renoncement

le refus du « il n'est pas d'autre choix possible »

L'utopie a cent noms et mille formes,

mille perversions aussi qui la font disparaître.

Le communisme soviétique fut une utopie pervertie,

un en-commun confisqué par la dictature du parti.

Le socialisme contemporain est une utopie pervertie,

une trahison de ce qui lui donna naissance.

L'utopie est politique ou n'est pas.

Une politique sans utopie, sans but, n'est qu'arrivisme.




mercredi 29 décembre 2010

De l'intérêt des élections inutiles

En 2011, deux élections vont exciter la curiosité des politiciens en tous genres.

L'élection cantonale des 20 et 27 mars sera, probablement la dernière ! Les Conseillers territoriaux cumulant, à dater de 2014, les fonctions de Conseiller général et de Conseiller régional, c'en sera fait, alors, des Assemblées départementales, du moins telles qu'elles existaient depuis environ 140 ans.

http://vidberg.blog.lemonde.fr/files/2008/03/cantonales.1205616305.gif

On votera donc, au printemps prochain pour désigner, exceptionnellement, des conseillers généraux pour trois ans.

La moitié des cantons, 2023 exactement, dont 1941 en métropole, vont être renouvelés, à l'occasion de cette dernière élection cantonale qui a gardé, depuis l'origine, son mode de scrutin particulièrement antidémocratique : le scrutin uninominal à deux tours.

Tout y est prévu pour interdire l'élection et même la candidature des candidats des petites formations politiques et favoriser le bipartisme. Il faut, en effet, au premier tour, obtenir 50% des suffrages exprimés et 25% des électeurs inscrits pour être élu. Au second tour, sinon, ne peuvent se re-présenter que les candidats ayant obtenu au moins 10% des inscrits, (ce que le fort taux d'abstention habituel rend fort malaisé !). Les deux candidats en tête du scrutin de premier tour ne sont pas, eux, soumis à cette règle, ce qui arrive quand trois, voire quatre candidats, obtiennent des résultats proches). En 2014, ce sera pire : les élus territoriaux devront recueillir au moins 12,5% des inscrits pour être présents au second tour...

Une page se tourne, se déchire même, celle que Nicolas Sarkozy a voulu écarter des livres du droit électoral. Les élus du 17 mars 2008 auront ainsi été les derniers à siéger six ans. Les élus du 27 mars 2011 seront les premiers à ne siéger que trois ans. Les 58 assemblées "de gauche" et les 44 assemblées "de droite" seront recomposées en 2014 et le pouvoir actuel espère bien que le rapport des forces y sera modifié. Mais, d'ici là, la logique institutionnelle actuelle peut subir une véritable épreuve.

Les élections sénatoriales de septembre 2011 risquent de créer un événement inédit : créer un alternance entre l'Assemblée nationale à majorité UMP et le Sénat pouvant obtenir une majorité PS. Le corps électoral de second degré a, en effet, subi, des modifications : les quelques 577 députés, 1870 conseillers régionaux, 4 000 conseillers généraux, 142 000 délégués des conseils municipaux qui le composent ne sont plus aussi conservateurs. Les 348 sénateurs, après 2011, dont aucun ne siégera plus de six ans (contre neuf ans, pendant longtemps) éliront le deuxième personnage de l'État, le Président du Sénat, lequel pourrait donc devenir un rival de fait du Président de la République.

Ce remue-ménage est fort intéressant et cependant plus curieux qu'utile.

Je ne pleurerai pas sur la fin des départements, des cantons, des sous-préfectures tôt ou tard destinés à disparaitre dans une recomposition de l'organisation territoriale de la France qui finira bien par cesser d'être... napoléonienne ! S'il n'y avait, dans les intentions du clan sarkoziste, la volonté de mettre au pas ces élus qui regimbent, il me serait bien indifférent de voir apparaitre des élus territoriaux aux responsabilités régionales et locales tout à la fois.

Malheureusement, il faut se méfier des changements qui n'en sont pas, des réformes qui déforment, et ce qui importe c'est de conforter l'opposition politique à un régime qui se durcit de façon très inquiétante. Est-ce qu'une candidature aux élections cantonales y peut contribuer ? Sans doute pas, mais la mise en évidence des effets de ces élections sur le paysage politique peut fournir l'occasion de manifester un peu plus, sous des formes variées, le rejet de l'actuel hôte de l'Élysée, et de ses soutiens. Et cela, par contre, n'est pas inutile.

Je ne peux croire que le Sénat devienne le siège de l'opposition républicaine. Il est, depuis sa création, le siège du conservatisme. Tout ce qui y réside devient, peu à peu, bien pensant et résistant à tout changement radical. Autant dire que la gauche de la droite, constituée par les sénateurs socialistes, n'y fera ni la révolution ni même un rempart efficace aux initiatives de l'Assemblée nationale. Un jeu subtil, qui n'intéressera pas le peuple, permettra aux parlementaires d'user leur temps, leur parole et leurs écrits pour aboutir à des compromis dont les trois quarts seront des compromissions. Le Journal d'extrême droite Minute estime même que le passage du Sénat "à gauche" serait la chance de Nicolas Sarkozy pouvant, alors, diaboliser ses adversaires en imputant au Sénat la responsabilité de sa propre paralysie politique. Ce qui est irritant avec le Front national, c'est que, lui, peut se payer le luxe de faire de la politique, ce que nous nous interdisons trop souvent ! Ne peut-on craindre, en effet, que l'on s'use à rechercher comment, en 2012, refaire le coup qui aurait été gagnant en 2011 : glisser vers une alternance, mais sans alternative.

Tant que ne seront pas remises en question les institutions de la Vème République, -mais nul n'en parle plus, ni de la dissuasion nucléaire d'ailleurs, ni du bouleversement écologique et énergétique, ni de la paupérisation d'une part croissante de la population, etc...- les élections locales ou nationales pourront bien nous amuser et nous donner de la lecture... Cela ne changera rien sur l'essentiel de ce qui fait nos vies. À moins que ce soit les événements, actuellement inattendus et imprévisibles, qu'aucun scrutin ne déclenche mais enregistre, qui renouvelle l'intérêt d'élections trop souvent inutiles.

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mardi 28 décembre 2010

Mieux vaut être fou que réaliste.


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De quel avenir rêvent nos enfants...?

Sur quelle planète sommes nous tombés entre les jambes de nos mères ?
Depuis toujours, et chaque jour encore, la violence s'empare de l'humanité.
L'homme tue, enferme, viole, et ce lui semble une nécessité !
Des États et des religions incitent à supprimer ceux qui, croit-on, sont causes de malheur.
Il n'est pas de question plus angoissante que celle-ci : pourquoi vivons nous dans cette mort ?

Il en est même pour qui réussir sa vie est de mourir en pulvérisant des innocents.
Les kamikazes nippons avaient, au moins, la mauvaise excuse de se sacrifier pour leur pays.
Les extrémistes qui se font exploser dans des mosquées sont parfois loués comme des martyrs !
Et il suffit de quelques uns de ces insensés pour ruiner l'existence d'innombrables humains !
La perversion mentale a atteint ces désespérés ne supportant plus la domination des forts.

Pendant ce temps, on joue, on danse, on chante, on prend des vacances, on oublie...
La vie en société devient un remplissage de temps qui éloigne des préoccupations essentielles.
Tandis que les affaires nous occupent, nous laissons nos maîtres décider de notre sort.
Et l'on envoie des enfants se battre avec des armes sophistiquées qui attisent les haines.
Quand commencerons-nous à essayer d'autres outils que les bombes, aveugles ou pas...

L'année 2010 qui s'achève ne fut pas pire qu'une autre et pas meilleure non plus.
On aura pleuré, en France, la mort de soldats en Afghanistan,
On aura pleuré aux USA, la mort de soldats en Irak.
On aura pleuré, partout, la mort de professionnels de la mort.
Mais qui a pleuré la mort de ceux qui se sont trouvés, malgré eux, là où il ne fallait pas être ?

Me vient souvent à l'esprit qu'il faut quitter ce monde sans espoir.
Mais il est deux façons de le quitter.
La première est le suicide : de ce monde je ne suis pas, je pars.
La seconde est le refus : de ce monde je ne suis pas, j'objecte.
Je ne juge pas celui qui choisit la première voie, pourtant je choisis la seconde.

Il s'agit d'une objection totale.
Je n'attends plus rien des discours politiques creux, mensongers, inefficaces et rabâchés.
Je sais devoir les subir, mais ils sont temps perdu, illusion et bavardages dangereux.
Seules importent ces utopies qu'on ridiculise : paix, hospitalité et partage.
Encore faut-il entrer dans ces mots pour en user jusqu'à changer le quotidien autour de soi.

Le réalisme, voilà l'ennemi.
Au nom du réalisme, je le répète, on tue, on enferme et l'on viole !
"On ne pouvait faire autrement ; telle est notre nature ; on ne pouvait se laisser faire..."
L'ennemi n'est pas celui qui est derrière une frontière, physique ou mentale; il est celui qui nuit.
Le réalisme est une abdication mortelle, une attente résignée de la fin des temps.

J'abhorre le réalisme par... réalisme mais quand réalisme veut dire lucidité.
Je préfère chercher hors des sentiers battus le chemin qui conduit à la vie.
J'aborde 2011 avec une conviction dont je ne peux plus changer.
Je veux essayer l'amour, pas l'affectivité, l'égalité portée à l'absolu, qui n'exclut pas la tendresse.
Aucun homme n'est supérieur à un autre, le penser et le vivre décide de tout.

J'affronte, sans peur, le sourire et l'ironie de ceux qui, au mieux, me diront "vieux naïf".
Je ne suis pourtant ni plus ni moins rêveur que quiconque.
mais je voudrais mourir en ayant tué en moi toute source de désespoir.
Et en sachant que ces États qui ont le monopole de la violence légitime ont achevé leur course.
Il est temps que les hommes ne s'en remettent qu'à eux-mêmes pour occuper la Terre.

Pari dangereux ! Je raisonne comme un fol anarchiste.
Pourtant il est fou surtout de renoncer à toute folie.
Ma folie est de croire qu'il y a encore du sens à chercher et à trouver dans l'histoire humaine.
Sinon, tout ce qui s'est passé, depuis des siècles, doit s'effacer dans un embrasement final.
Nous les hommes pouvons engendrer ce néant apocalyptique mais aussi son contraire.

Telle est ma foi.
Fou, oui, fou est celui qui choisit l'amour.
À peine peut-on oser le dire.
Eh bien, moi, je le dis.
C'est mon ultime et improbable raison de vivre.




lundi 27 décembre 2010

Quand l'Europe et l'euro n'ont pas sort commun



Regardez bien cette carte :
L'Union européenne compte 27 États-membres.
La zone euro en comptera 17 (avec l'Estonie) au premier janvier prochain.
Le Vatican, Saint Marin et Monaco, liés à l'Italie ou à la France, utilisent l'euro.
Andorre, entre la France et l'Espagne, est de fait obligée d'utiliser l'euro.
Le Kosovo et le Montenegro, qui faisait usage du deutch Mark, lui ont substitué l'euro.
Le Nord de Chypre, dépendant de la Turquie, emploie la livre turque, mais accepte l'euro.
La Grande-Bretagne dispose d'un statut d'exception et a gardé, sa monnaie, la livre sterling.
Le Danemark a déjà refusé l'euro; mais un nouveau référendum d'acceptation est prévu.
Les pays entrés dans l'Union après 2004 peuvent espérer disposer de l'euro à partir de 2014.

De nombreuses questions sont engendrées par cette situation pleine de contradictions !
• Pourquoi dix États-membres de l'Union européenne restent-ils hors de la zone euro ?
• Pourquoi, officiellement ou de facto, y sont des micros-États non membres de l'Union ?
• Pourquoi deux États des Balkans, non acceptés dans l'Union, ont-ils l'euro comme monnaie ?
• Pourquoi la Hongrie et la Pologne envisagent-elles de retarder leur entrée dans la Zone euro ?
• Pourquoi la Suisse est-elle utilisatrice du franc suisse et de l'euro, indifféremment ?
• Pourquoi certaines parties d'États membres sont-elles exclues de la zone euro (les territoires français du Pacifique utilisent le franc CFP, et Campione, territoire italien enclavé en Suisse, utilise officiellement le franc suisse par exemple) ?
• Pourquoi le le quatrième plus petit État indépendant d'Europe, le Liechtenstein, a-t-il le franc suisse comme monnaie ?

On devine aisément les réponses à donner à ces questions.

La réalité est telle : la tradition ou la précaution, l'intérêt ou la dépendance politique ont fait la décision au cas par cas. On peut aussi y voir la fragilité d'une Europe économique et monétaire sans assise politique. On peut surtout découvrir l'absence de volonté unificatrice de l'Europe qui est, et reste, un conglomérat d'États-nations, un noyau de puissances entouré de satellites plus ou moins attirés et proches des lieux de décision. Ce n'est pas ainsi qu'une Europe d'égalité et de fraternité, unie dans sa diversité, manifestera son poids et sa force dans l'ensemble du monde.



vendredi 24 décembre 2010

Noël est une fête païenne



Si, dans le passé, paganus signifiait « civil », ou « paysan », il en en ressort, aujourd'hui, qu'être payen est soit avoir plusieurs dieux, soit n'en avoir aucun, soit s'adonner à un culte naturel... comme il est possible en toute société plurielle et laïque.

Noël est une fête païenne parce qu'il s'agit, depuis la plus haute antiquité, de se réjouir, au moment du solstice d'hiver, du retour de la lumière. Le sapin, la bûche, le feu, font partie de ce Noël païen antique.



Noël est une fête païenne parce qu'il s'agit, à présent, d'adorer le nouveau Veau d'or : celui de la surconsommation. Le foie gras, l'oie grasse, les chocolats en papillottes par milliers, font partie de ce Noël païen moderne.

Et Noël est une fête païenne, enfin, y compris pour des hommes de culture chrétienne, ceux qui retiennent, du lointain passé, non les cérémonies sacrées mais le rejet de l'obscurité, le retour symbolique de l'espérance, la célébration de la faiblesse de l'enfance, l'affirmation du triomphe, contre toutes les évidences, de la pauvreté et de la paix.



Noël est donc la fête de ceux qui croient en l'impossible, qui ne se résignent pas aux malheurs de l'humanité, qui préfèrent mourir par fraternité que de vivre dans le luxe. Il n'y a pas d'équivalent à cette libération annuelle de la joie d'une attente d'un monde plus juste, plus chaud, plus heureux. Même Pâques, avec son appel à la résurrection et au triomphe sur la mort, contient moins de force régénératrice que Noël !

Tout le monde peut ainsi trouver son compte dans ce moment de partage d'un essentiel. La transformation, donc, de ce moment d'intensité en une célébration de la consommation est plus qu'impie : c'est une trahison du sens de la vie ! S'il fallait trouver un argument, un seul, pour condamner le capitalisme on le trouverait là : tout transformer en marchandise tue la foi en une humanité qui croit encore en elle-même.

jeudi 23 décembre 2010

De la véritable ou trouble transparence

Transparence est un mot opaque ! On ne voit guère au travers car il recouvre des intentions obscures. Quand certains hommes ou femmes politiques en appellent à la transparence, c'est qu'il y a quelque chose à cacher?

Faire connaître à tous les Français ce qui se dissimulait derrière la vente des frégates Afficher l'image en taille réelleà Taïwan, ou les assassinats de Karachi, reste et restera mystérieux et, même si se trouve levé le secret défense, les juges qui réussiront à faire émerger la vérité auront besoin de beaucoup de courage ou de chance, s'ils n'y laissent pas la vie. Invoquer ici la transparence est pur mensonge.

Faire connaître à tous les Français ce qui se dissimule derrière l'affaire du Médiator est-il possible si l'on veut continuer à vendre des médicaments comme des marchandises et si l'on veut protéger l'industrie pharmaceutique et ses méthodes de gangster utilisées pour "convaincre" médecins et clients ? Invoquer ici la transparence est pur mensonge.

Faire connaître à tous les Français, toujours dans la chaîne économique-pharmaceutique, ce qui s'est caché derrière l'opération de vaccination contre la grippe H5N1, mettrait en cause des personnalités politiques trop liées à l'actuelle majorité pour que l'on place dans la lumière les responsables de ce fiasco. Invoquer ici la transparence est pur mensonge.

Faire connaître à tous les Français pourquoi, (après le tumulte médiatique qui opposa la mère et la fille Bettencourt ainsi que leurs avocats, ces grands affabulateurs !), une réconciliation "inattendue" est survenue, révélerait sans doute l'épaisseur du dossier L'Oréal avec son cortège de lourds financements illicites. Impossible ! Invoquer ici la transparence est pur mensonge.

Faire connaître à tous les Français, toujours dans la chaîne économico-politique, pourquoi Éric Woerth a été soutenu, puis écarté, pourquoi il s'est cru intouchable, pourquoi il risque l'avanie de la présentation devant la Cour de Justice de la République, serait bien utile à ceux qui cherchent ce qui se cache dans les isoloirs de la Sarkosie. Ne rêvons pas ! Invoquer ici la transparence est pur mensonge.

Faire connaître à tous les Français que les revenus des députés et sénateurs seront désormais portés à la connaissance des citoyens, quand ces revenus proviennent d'autres sources que celles des seules confortables indemnités perçues pour exercer leur mandat, est illusoire. Les élus honnêtes en feront, hélas, les frais. Mais les profiteurs n'ouvriront pas leurs comptes. Invoquer ici la transparence est pur mensonge.



Ces grands et petits "événements" ne sont pas les seuls à prendre en considération. La transparence est invoquée, désormais, partout. En parler est même devenu suspect. Car la transparence ne se voit pas ! Elle permet seulement de voir. On peut donner à croire que tout est dit, que tout est montré, et masquer la réalité sans que nul ne s'en doute ! Une vitre, incassable et transparente, laisse apparaitre ce qui est placé derrière, mais ne permet pas qu'on en approche.

C'est l'art des financiers et des banquiers d'emporter la conviction, mais aussi l'argent, de ceux à qui l'on fait accroire, faussement, que tout a été montré.

C'est l'art des élus locaux indélicats, ou simplement inquiets pour leurs sièges, de faire présenter les budgets de façon incompréhensible pour tout un chacun.

C'est l'art des politiciens qui se prennent pour de brillants politiques de dire, avec brio, ce qu'ils ne pensent pas, mieux que ceux qui le pensent.

Bref, si, comme l'affirme le texte évangélique, "la vérité vous délivrera", (Jean-8-32) encore faudrait-il l'approcher ! On demeure, sinon, enfermé dans le discours et les promesses de ceux qui invoquent d'autant plus la transparence qu'ils n'ont nul intérêt à partager, avec l'ensemble des citoyens, les informations qui les concernent, même, et parfois surtout, si elles ne touchent pas leur sphère privée !

La société de surveillance fouille nos vies mais ceux qui sont placés derrière les caméras et les micros n'ont nul désir de se laisser eux-mêmes observer.



À en juger par les torrents de protestations qui accompagnent la publication de documents révélés par Wikileaks - et l'on n'est qu'au tout début de ce scandale... utile ! -, l'enjeu politique des années à venir va se situer dans cette guerre des transparences. La propagande et la publicité étaient, et sont toujours, des mensonges transformés en vérités crédibles et souvent fausses.

Afficher l'image en taille réelleLa transparence, dans les médias, prend le relais : il s'agit de tout montrer sans rien montrer. Quand ce strip-tease politique qui ne va pas jusqu'au bout se trouvera confronté à la vérité... toute nue, la transparence, dont il nous est rebattu les oreilles apparaitra pour ce qu'elle était : un leurre nous empêchant d'aborder en pays réel : le nôtre. Substituons la clarté, la limpidité, à la transparence, la réalité à l'apparence.


mercredi 22 décembre 2010

L'Europe en liberté surveillée

Carte Espace Schengen

En mars 2011, la Roumanie et la Bulgarie devaient entrer dans l'espace Schengen. Il n'en sera rien. Mme Merkel et M. Sarkozy s'y opposent. Comme il faut l'unanimité pour décider des évolutions de cet espace de liberté, tout est bloqué.

Les ministres de l’intérieur de l'Allemagne et de la France ont adressé une lettre conjointe à la Commission européenne en estimant que les gouvernements bulgare et roumain n’auraient pas fait assez de progrès dans la lutte contre la corruption et contre le crime organisé. La France explique, par ailleurs, avoir raidi sa position en raison du risque d’affaiblissement de la capacité de l’Europe à gérer et à contrôler ses flux migratoires.

Les 25 États qui coopèrent dans l'espace Schengen (22 de l'Union européenne et 3 associés, le dernier ayant été la Suisse) sont soumis, de fait, à la volonté des plus puissants, ce que le président de la Roumanie a aussitôt relevé : je considère la lettre des deux ministres comme un acte de discrimination contre la Roumanie. Nous n’accepterons aucune discrimination de quiconque, même s’il s’agit des États les plus puissants de l’Union européenne”.

Ce qui saute aux yeux, si l'on considère cet "événement européen", c'est que l'avis des 22 autres États de l'espace Schengen n'a pas eu besoin d'être sollicité, que c'est la gestion des flux migratoires qui soucie le plus le gouvernement français, que le jugement sur la corruption des deux pays entrés en 2007 dans l'Union européenne vient un peu tard et que l'on balaie volontiers devant la porte du voisin sans se préoccuper de la corruption qui règne chez soi.

Mais ne peut-on rapprocher cette limitation de l'espace Schengen de la récente décision d'accorder des visas d'entrée aux citoyens d'Albanie et de Bosnie-Herzégovine qui n'ont plus besoin de visa pour entrer dans l'espace Schengen depuis le mercredi 15 décembre 2010 ? Le règlement du Parlement européen et du Conseil de l'Union européenne en décidant avait été édicté le 24 novembre 2010. Les Macédoniens, les Monténégrins et les Serbes avaient déjà été libérés de l'obligation de visa il y a déjà un an.

L'exemption n'est valable que pour les titulaires d'un passeport biométrique. Le séjour, sans activité lucrative, ne doit pas dépasser trois mois.

Tout se passe comme si les pays "riches" voulaient à la fois préserver leur espace national de la venue des Européens pauvres (et des immigrés non-européens, cela va de soi) et marquer leur domination sur la totalité de l'espace européen pour contrôler les frontières à leur gré, quitte à enfreindre l'esprit et la lettre des textes européens permettant la libre circulation des personnes.

C'est bien entendu impossible ! Les restrictions n'ont eu et n'auront qu'un temps. On ne peut accorder à la Suisse (non membre de l'Union européenne) ce qu'on interdit à la Roumanie et à la Bulgarie (membre de l'Union européenne). On ne peut surtout bloquer toutes les portes d'une maison dont on a élargi les ouvertures et agrandi le périmètre !

Reste la question des questions : La France et l'Allemagne veulent-ils encore une Europe dont ils ne seraient pas les seuls maîtres ?

samedi 18 décembre 2010

L'impossible révolution

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Allons nous reperdre, comme en 2007, la bataille idéologique dont dépendent tous les résultats électoraux à venir ? Nous voici très au-delà des pré-occupations électorales ! C'est de vivre qu'il s'agit, à présent.

Toute perspective de véritable révolution sociale semble actuellement écartée. On peut comprendre qu'on se refuse à un bouleversement violent qui ne débouche pas, d'ailleurs, -l'histoire l'enseigne-, sur autre chose que le remplacement d'une tyrannie par une autre.

Non! Si révolution veut dire tout autre chose que guerre civile, elle est, bel et bien, un renversement, un retournement des valeurs. Mais il est bien des révolutions...

Quand on cesse, par exemple, de faire du service public une priorité absolue, qu'on conditionne une opinion entière à s'en remettre aux élites et à l'enrichissement personnel, on effectue une révolution, une révolution blanche, impitoyable, silencieusement, mais épouvantablement meurtrière, la révolution du néocapitalisme, celle, renouvelée, réussie, permanente, et démesurément agrandie, du pouvoir absolu de l'argent ! Et nous y sommes plongés.

Quand s'effectua le renversement du régime tsariste en 1917, la dictature du monarque absolu fut remplacée par la dictature du prolétariat, en fait la dictature absolue du parti. Ce fut une révolution rouge de sang. Le communisme léniniste, puis stalinien n'en sortit jamais !

Dictature de l'argent ou dictature du parti via un État aux ordres : le peuple cherche, ailleurs, à tâtons, "la bonne révolution".

"Le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple" (bref la démocratie), "liberté, égalité fraternité", (bref la république), ces formules cernent des définitions et des concepts qui émerveillent encore mais qui restent inopérants. Ils n'ont cessé d'accompagner la première déclaration des Droits de l'Homme, celle, révolutionnaire, de 1789, reprise fort longtemps après, en 1948, juste après une guerre encore jamais vue sur terre ! Mais point de révolution dans les faits, là encore : la droit à la guerre qu'a le plus fort et le droit à la propriété qu'a le plus riche n'ont pu être abolis.

La prochaine révolution sera-t-elle verte, c'est-à-dire faisant du respect de la nature, de l'environnement, de la planète tout entière un nouvel absolu ? N'en croyons rien ! Les meilleures idées se fracassent sur un mur d'acier : celui des privilèges dont les cyniques se contentent le temps de leur vie terrestre. Après moi le déluge, que ce soit un déluge d'eau, de feu ou de vent... Qu'importe !

La révolution des esprits est la seule qui puisse donner corps à ce que les idées révolutionnaires, trahies mille fois, pouvaient, et peuvent encore, signifier en résumé : le partage et l'hospitalité universels à faire passer du niveau de "belle utopie" à celui de "nécessité urgente".

Résignation ou rébellion non-violente ? Désespérance après le désenchantement ou désobéissance citoyenne sans retour ? Le siècle qui s'est ouvert nous a déjà donné le choix entre la fin du monde de la domination ou la fin du monde tout court.

Quand on approche cette alternative tranchée, il n'est plus, pour un être humain vivant, qu'une seule question à se poser : "que reste-t-il à faire, l'essai de l'utopie ou le suicide collectif ?"

Je veux croire que la révolution utopique est plus raisonnable et plus crédible que le suicide politique qui laisserait nos dernières années de vie au pouvoir de ceux qui ont été convaincus que le chacun pour soi est à jamais la loi du monde.

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jeudi 16 décembre 2010

De l'obsolescence du Sénat



Courant 2011, le Sénat sera en partie renouvelé.

Cette Assemblée parlementaire est le symbole même de la non-politique.

Le Sénat est constitué d'élus du second degré. Ils n'ont donc, en principe, de compte à rendre qu'à une partie des élus des assemblées locales qui les ont désignés (lesquels n'auront aucune occasion de leur demander ces comptes !). Le Sénat est, en majorité, composé de gérontes expérimentés, entourés de collaborateurs qualifiés et disposant de moyens de travail sans équivalents. Le Président du Sénat (on se demande pourquoi !) est le second personnage de l'État. La "Haute Assemblée" (ainsi nomme-t-on aussi, à mes yeux ridiculement, le Sénat !) est censée équilibrer les éventuels excès du suffrage universel direct. En réalité, ce fut toujours, depuis 1875, un contre-pouvoir conservateur chargé de veiller à ce que la République reste centrée à droite.

Depuis que le l'Assemblée nationale est plus à droite encore que le Sénat, et depuis que les Collectivités territoriales, (Régions, Départements et grandes villes) sont majoritairement dominées par des élus membres du parti socialiste, on se prend à rêver, dans les rangs de l'actuelle opposition que le Sénat passe "à gauche" en septembre 2011. Voilà qui crée des ambitions nouvelles ! D'anciens ministres de la République, du temps de Lionel Jospin, cherchent à se recaser là où d'importants et nouveaux moyens d'exister politiquement peuvent apparaitre.

L'attrait des traditions a ses limites. La Sénat n'est pas une tradition républicaine mais une contradiction républicaine. Il n'a plus sa raison d'être, mais c'est une trop belle sinécure pour qu'on mette en question son existence. De Gaulle avait été battu quand il voulut le réformer. Ce n'est peut-être pas demain la veille qu'on écartera de la représentation populaire cet outil au service des riches et qui collabore si bien avec le pouvoir autoritaire actuel.

Curieux retournement : c'est au moment où le PS passe à la gauche de la droite qu'il lui devient possible de faire élire une majorité qui ne soit pas franchement à droite. Le Sénat est bien le thermomètre qui mesure l'état de conservatisme de la France. Quels que soient les partis dominants, c'est le pouvoir libéral qui se tapit dans l'ombre de ce Sénat fastueux et obsolète.


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