vendredi 5 décembre 2008

L'écolologisation contre l'écologie?

Les élus Verts du Conseil régional d'Ile de France viennent d'inventer un néologisme : écologisation! Ne cherchez pas sur le Robert 2009, vous ne trouverez pas ce mot nouveau, pas plus que le verbe dont il serait issu : écologiser.

En quoi peut donc consister "l'écologisation de l'ensemble des politiques publiques régionales"? Il ne s'agit pas, à l'évidence de politiques écologiques mais de politiques qui tiendraient plus ou moins compte de la dimension écologique de toute politique, désormais.


Le pire serait un badigeonnage en vert des politiques régionales (autrement dit un habillage publicitaire de pratiques peu modifiées, ou l'injection du vocabulaire écologiste dans des présentations de politiques dont les écologistes ne sont pas les initiateurs).

Le meilleur serait que des pans entiers de la politique régionale soient d'inspiration écologiste, même si, en dernier ressort, la décision appartient à un exécutif majoritairement socialiste qui ne retient de l'écologie que ce qui est "à la mode" ou sans effet fondamental sur les choix économiques du Président et de son équipe rapprochée.



Si écologiser est, comme évangéliser (convertir les adeptes d'une autre doctrine politique), on peut, à la fois, se réjouir et se gausser de cette naïve prétention. Se réjouir de cette volonté d'influence mais se gausser de cette illusion!

Il n'est plus de politique écologique autre que celle qui soutient la décroissance, c'est-à-dire le choix de politiques ciblées, sélectives, tournant le dos au productivisme ravageur. C'est la seule réponse possible à la crise politique mondiale dans laquelle nous sommes entrés et qui n'est pas économique et écologique mais économique parce qu'écologique.

Il ne s'agit donc pas d'écologiser ce qui existe mais de faire le choix de politiques autres que celles qui existent afin d'entrer dans de nouveaux temps où l'activité humaine se réorientera complétement. Accompagner la révision déchirante de ceux qui, à gauche comme à droite, ont été, et restent les tenants du libéralisme constitue un piège dans lequel les écologistes ne sauraient tomber sans se trahir et s'interdire de peser sur l'avenir!

L'ambition des gouvernants des pays d'occident est de passer au travers de la crise quitte à faire de l'écologie le moteur de la nouvelle croissance. Ce capitalisme vert porte en lui-même une contradiction insurmontable. les élus Verts qui tenteraient d'écologiser ce qui se fait sans proposer des orientations de l'action politique radicalement nouvelles subiront la même sanction que ceux qu'ils tentent d'écologiser : un échec historique.
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Alors stop !


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Le 3 octobre 2013.
Et maintenant, exprimez-vous, si vous le voulez.
Jean-Pierre Dacheux

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